SILENT RUNNING
Etats-Unis - 1972
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Silent Running  »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : Douglas Trumbull
Musique : Peter Schickele
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio mono
Sous-titre : Français
Durée : 89 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 6 juillet 2016
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
À la suite d’un désastre écologique sans précédent, les derniers reliquats de la biosphère terrestre ont été transférés à bord de vaisseaux spatiaux en vue d’une réimplantation ultérieure. Parmi les membres de l’équipage du Valley Forge, le botaniste Freeman Lowell consacre toute son énergie à la sauvegarde de ces précieux spécimens. Lorsqu’il apprend que la destruction complète des installations a été ordonnée, il se révolte contre ses coéquipiers, fermement dét...
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L'espoir vert

Passé quasiment inaperçu à sa sortie malgré des SFX impeccables et une interprétation tendue de Bruce Dern, Silent Running a gagné au cours des années suivantes son petit statut de film culte, ou en tout cas d'œuvre marquante. De la SF sensible et un message qui malheureusement peine encore aujourd'hui à être entendu.

Interloqué par le succès inattendu du Easy Rider de Dennis Hopper, Universal tente d'en reproduire l'impact en lançant au début des années 70 quelques productions quasiment indépendantes, devant certes composer avec des moyens minimes, un calendrier restreint (ici à peine un mois), mais aussi une liberté totale. C'est l'occasion pour de jeunes réalisateurs de se faire une première main et d'explorer des thèmes assez inédits. C'est donc bien là le premier film dirigé par Douglas Trumbull, mais ce dernier est loin d'être un inconnu, ayant déjà largement fait ses preuves en tant que spécialiste des effets spéciaux sur Candy, Le Mystère Andromède et surtout le 2001 L'odyssée de l'espace. Une assurance pour un film de science-fiction se déroulant uniquement dans l'espace d'affirmer une visualisation solide et crédible. Si bien entendu le budget n'est pas le même que sur le chef d'œuvre de Stanley Kubrick, Silent Running impressionne d'emblée par la beauté de ses nombreuses maquettes, l'élégance de ses effets de transparence, mais aussi par sa réutilisation maline des reste d'un porte-avion désaffecté pour recréer les couloirs de la fameuses bases spatiales. Souvent bricolé (le costume d'exploration spatiale est une combinaison de plongée customisée) Silent Running fonctionne pleinement grâce au réalisme voulu. Ce n'est pas un space opera, mais bien un film d'anticipation, directement encrée dans la réalité de son époque, où les tableaux de bord sans fioritures, les décors épurés, annoncent autant certains plans de Star Wars que le futur avènement low tech initié par Alien. C'est souvent très beau, jamais ridicule ou kitch en tout cas, et même les petits robots ouvriers qui habitent les lieux s'avèrent particulièrement attachant.

 

Gaïa


Choisissant volontairement de ne jamais leur donner une apparence humanoïde Douglas Trumbull y loge des hommes-troncs marchant sur leur main (il fallait y penser!), mais surtout caractérise ceux qui s'appelleront par la suite Riri, Fifi et Loulou, par de nombreuses petites attitudes électroniques (loupiottes qui clignote, lecteurs qui semblent réagir aux dialogues...) qui progressivement les installent presque comme les personnages les plus humains du film. C'est que Silent Running est bien loin de la SF pulp de son époque ou d'une saga à la Buck Rogers, et décrit cruellement un avenir dans lequel la Terre a été ravagée par un holocauste nucléaire, ne sauvant in extrémis ses dernières forêts qu'en les envoyant dans l'espace sous la forme de serres paradisiaques, attendant des jours meilleures. Mais en dehors de Freeman (« homme libre ») plus personne ne semble s'y intéresser, même à bord du vaisseau, préférant s'amuser dans des courses de buggy raz-du-sol quitte à écraser les plates-bandes aux passages. Lorsque la destruction totale des lieux est commanditée par les dirigeants, pour transformer les vaisseaux en transporteur commercial, Freeman va devenir l'ultime protecteur de notre écosystème. Les années 70 c'est aussi la naissance des premiers mouvements écologistes, l'ère d'une prise de conscience malheureusement trop timide encore, mais qui va être marquée par la naissance dès 1971 de groupe d'activistes plus musclés à l'instar de Greenpeace. C'est une évidence, qu'ici Trumbull s'en fait le porte-parole, mais avec un pessimisme déchirant où finalement trop préoccupée par son confort, par son consumérisme, l'humanité scie en sifflotant la branche sur laquelle elle est assisse. La terre se meurt et au final le personnage principal, admirablement interprété par Bruce Dern (On achève bien les chevaux, Les 8 Salopards), se voit obliger de bafouer ses propres valeurs pour la sauver. Un film fort, important et terriblement déchirant, co-écrit avec les parfaits Steven Bochco (NYPD Blue) et Michael Cimino (Voyage au bout de l'enfer), mis en scène sans fioriture par un Douglas Trumbull efficace, qui réussit à faire naitre une émotion palpable à chaque instant. Et dire qu'il ne réalisera qu'un seul et unique autre long métrage, Brainstorm, par la suite.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Film rare, Silent Running profite du travail soigné de Wild Side Video affirmant ici une superbe copie entièrement restaurée. Les traces des années se font excessivement rares, à peine visibles dans quelques plans zoomés ou jouant sur les transparences, délivrant au passage un cadre ultra précis, profond et chaleureusement coloré. Le master est une belle réussite qui se pare au passage d'un grain d'origine très agréable, organique et naturel. Les fans du film ne s'attendaient sans doute pas à une si belle patine après autant d'années.

 


Son :
Les pistes mono d'origine ont été compressées en DTS HD Master assurant une clarté totale, sans aucun souci de stabilité ou de saturation. Les différentes sources sont bien équilibrées, la musique résonne avec efficacité et les quelques effets spatiaux redonnent toutes les sensations d'une SF à l'ancienne. Très agréable.

 


Interactivité :
S'intégrant dans la nouvelle gamme de Bluray / DVD / Livre, Silent Running est donc présenté sous la forme d'un élégant digipack avec livret intégré (malheureusement non envoyé à la rédaction). Le disque HD peut aussi se vanter de contenir de nombreux bonus, enregistrés au début des années 2000 pour une précédente édition DVD US. Une double interview de Douglas Trumbull plutôt conséquente, une plus brève rencontre avec Bruce Dern, permettant à chaque fois de revenir sur le statut de film à faible budget et un tournage en 32 jours seulement, mais aussi sur les effets spéciaux et les inquiétudes légitimes sur l'évolution humaine. De bonnes interviews admirablement complétées par l'excellent making of d'époque, rappelant clairement ceux à venir des Star Wars, et qui en 45 minutes accumule les interviews de quasiment toute l'équipe, alterne avec de nombreuses images des coulisses du tournages et un regard très précis sur la confection des effets spéciaux et des maquettes. Pour faire les fines bouches, on regrettera seulement que le commentaire audio réunissant le réalisateur et l'acteur principal ne soit pas présent ici.

Liste des bonus : Le livre exclusif sur le film et sa genèse, écrit par Frédéric Albert Lévy, « Dans les coulisses de Silent Running » (52'), Entretien avec Bruce Dern (10'), « Hier, aujourd'hui et demain par Douglas Trumbull » (5'), Douglas Trumbull parle de Silent Running (30').

 
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