LA MAISON AU FOND DU PARC
La Casa sperduta nel parco - Italie - 1980
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Genre : Thriller
Réalisateur : Ruggero Deodato
Musique : Riz Ortolani
Image : 1.85 16/9
Son : Français et italien en stéréo
Sous-titre : Français
Durée : 88 minutes
Distributeur : Neo Publishing
Date de sortie : 16 octobre 2006
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Maison au fond du parc »
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LE PITCH
Malfrats habitués des vols de voitures, et occasionnellement de viols suivis de meurtres, Alex et Ricky travaillent dans un garage new-yorkais. Un soir, après avoir réparé la voiture d’un couple de jeunes bourgeois, ils sont invités à une soirée en remerciement. Mais certains comportements ou remarques de ces jeunes gens ne sont pas forcément à leurs goûts…
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A louer

Il est clair que pour la postérité, Ruggero Deodato restera éternellement le réalisateur du meilleur film cannibale de l'histoire du cinéma : Cannibal Hollocaust. Un métrage choquant, pertinent et inoubliable, qui plonge parfois dans l'oubli le reste de sa filmographie comme son premier essai dans le genre, Le Dernier monde cannibale pourtant plus que méritant. Autre victime de cet état de fait, son film suivant, La Maison au fond du parc.

Tourné en grande partie avec les restes du budget de Cannibal Hollocaust, mais aussi la même équipe technique et même les restes de pellicule, ce thriller post-La Dernière maison sur la gauche (chef d'œuvre de Wes Craven faut-il vraiment le rappeler), qui ne se prive pas au passage de s'offrir aussi la gueule de David Hess, pourrait effectivement en rester au stade du film d'exploitation vite emballé. Ce n'est que trop mal connaître le talent de l'artisan Deodato toujours aussi pointilleux quel que soit le budget ou l'attrait initial de l'histoire.

 

La maison sur la gauche du jardin derrière la plage


Loin de n'être qu'une copie transalpine du survival de Craven, cet étonnant métrage s'amuse même à pousser l'horreur bien plus loin. Là où La Dernière maison sur la gauche se construit en deux parties opposant le calvaire des jeunes victimes et la vengeance sauvage des parents, La Maison au Fond du parc n'est finalement que l'atroce histoire d'une revanche froide et calculée où il est bien difficile d'établir une hiérarchie malsaine entre les différents protagonistes. Ricky et surtout Alex commettent certes des viols et des meurtres mais ne s'abaissent jamais à devenir victime consentante d'actes sordides pour arriver à leur fin. Un affrontement presque sociologique (bourgeoisie contre plèbe) où Deodato s'amuse clairement (même s'il n'est pas vraiment sur qu'il soit très joueur) à perturber notre vision moraliste des choses. Pas de moral donc, beaucoup de violence, peut-être trop de sexe, La Maison au fond du parc est à la limite de l'anarchisme et ce même lors de la séquence finale, très « vigilante », ou l'acharnement sur le meurtrier frôle le moralisme « sarkozien » pour mieux le confronter à son absurdité.

 

"tournez au fond à gauche"


Peut-être plus encore que la teneur de son propos, La Maison au fond du parc reste impressionnant encore aujourd'hui par la superbe patine d'un film au budget aussi ridicule. Tourné en une quinzaine de jours dans un seul et unique décor, le treizième film de Deodato cache facilement sa pauvreté grâce à une réalisation précise et discrète, mais aussi à la faculté du metteur en scènes de diriger à la perfection une dizaine d'acteurs presque débutants, offrant des performances tout simplement bluffantes. Plus que tout, la plus grande qualité de ce métrage est sans nul doute le travail esthétique du directeur de la photographie, Sergio D'Offizi. Habitué du réalisateur, il lui offre ici son meilleur travail, rivalisant sans cesse d'ingéniosité pour souligner la géométrie des décors ou transformer une scène des plus banales (un dialogue particulièrement sexuel dans la cuisine par exemple) en une élégante illustration des désirs d'alcôve grâce l'éclairage du frigo resté ouvert.

Ce n'est pas peu dire qu'avec un titre aussi ridicule (c'est le même dans quasiment tout les langues) on ne pouvait pas s'attendre à un métrage aussi maîtrisé.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Excellent travail de la part de Neo Publishing qui continue de nous impressionner, DVD après DVD, des copies proposées, rappelons-le, pour de purs films d'exploitation italiens pas toujours très glorieux. Encore une fois donc l'image est de haute stature, et il faut être véritablement attentif pour observer quelques artefacts des années passées. La compression est de grande qualité et offre une belle profondeur des noirs.

 


Son :
Pas de DTS ou de Dolby Digital 5.1 tonitruant, pour un film en grande partie presque intimiste et datant des années 80, mais bien une honnête stéréo pour les versions française et italienne. Petit manque tout de même l'absence de la version anglaise (d'habitude décriée à la rédaction) mais qui correspond ici à la version originale de ce film tourné en prise directe. Un cas des plus rares pour le cinéma italien de l'époque.

 


Interactivité :
On ne peut pas reprocher à Neo Publishing de traiter leur catalogue avec désinvolture. Comme à leur accoutumée, La Maison au fond du parc profite bien entendu d'un documentaire regroupant les interviews de plusieurs collaborateurs. Un supplément assez long (50 minutes) qui souffre malheureusement de propos pas toujours passionnants. Bien plus intéressant, le commentaire audio du réalisateur accompagné de quelques camarades, revient de façon pertinente sur le système de production de l'époque ou les choix esthétique d'un Ruggero Deodato certes monocorde mais peu avare d'anecdotes.

Liste des bonus : Introduction de Giovanni Lombardo Radice (1'), Commentaire audio du réalisateur , « Sweet Dreams in a dream House » documentaire (53'), Galerie de photos, filmographies

 
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