PORNO HOLOCAUST
Italie - 1981
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Genre : Horreur, Erotique
Réalisateur : Joe D’Amato
Musique : Nico Fidenco
Image : 1.85 16/9
Son : Italien mono
Sous-titre : Français
Durée : 108 minutes
Distributeur : Bach Films
Date de sortie : 26 avril 2016
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Porno Holocaust »
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LE PITCH
Un groupe de chercheurs constitué du Docteur Lemoir, du couple de biologistes Ken et Simone Keller, de la doctoresse Annie, d’un marin et d’une comtesse nymphomane s’embarquent pour une île tropicale afin d’effectuer des travaux scientifiques. Arrivés sur les lieux, ils constatent les dégâts occasionnés par les derniers essais nucléaires, mais le pire reste à venir…
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sous les boulets, la plage

Trouvant sans doute que, quelque-part, ses premiers débourrages «éroticos-exotiques» manquaient encore de saveur, Joe D'Amato ne quitte pas le soleil de Saint Domingue sans leur laisser sur les bras un Porno Holocaust devenu mythique par son titre, son mélange crado de cul et d'horreur, mais pas franchement pour ses charmes cinématographiques.

On peut voir la carrière de D'Amato comme une lente montée en puissance vers un cinéma de plus en plus extrême, profitant de chaque affaiblissement de la censure, pour revenir en mettre une couche supplémentaire dans les culs à l'air et les petits massacres entre amis. Pas étonnant en somme que cet esthète ait fini sa carrière dans le porno de luxe. Pas étonnant non plus qu'après Sesso Nerro, première incartade ouvertement hardcore, mister ait décidé de monter le niveau en parties de jambes en l'air et saillies gores avec Porno Holocaust, titre aussi opportuniste qu'assez clair sur le menu. Imaginé au départ comme un simple film d'horreur, faisant clairement office de brouillon à son futur Anthropophagous, le projet coécrit avec le copain George Eastman va finalement être modifié pour intégrer nombre de scènes pornos. Toujours le sens du bon goût, et surtout celui du commerce, rebondissant directement sur les succès de ses précédents Orgasmo Nero et Sesso Nero, pour obtenir un mélange des genres étonnant, assez délirant, mais complètement foireux. D'un coté on se demande toujours quand ces experts du nucléaire vont enfin se mettre à bosser, de l'autre quand le monstre mutant qui habite l'île va se décider à montrer son nez distordu. En gros on attend beaucoup. Et pour faire passer le temps le réalisateur enquille pour le moindre prétexte des séquences de culs basiques (c'est presque toujours les mêmes positions : « allez à quatre patte mémère ! »), mais surtout tristement exécutées.

 

le sexe la mort dans l'âme


Entre la mise en scène quasiment absente, la photo blafarde, et les actrices qui tripote les mandrins en faisant leur liste de course, y a pas franchement de quoi provoquer de petites chaleurs dans le bas ventre. Artisan /commercial pas franchement génial, mais toujours capable de relever ses plats industriels avec quelques friandises bourrines, Joe D'Amato se tourne clairement les pouces, suivants sans conviction son équipe d'acteurs à la masse, menés par Mark Shannon à la moustache drue et à la dégaine à coté de la plaque dont le seul but semble être de se taper tout ce qui bouge. Un peu comme le tant attendu mutant (qui a eu le temps de piquer un somme avant de voir la barque arriver), pauvre victime des tests nucléaires français (quel beau pays !) qui en plus d'un physique pas facile-facile doit survivre avec une troisième jambe encombrante. Forcément quand trois donzelles se lancent dans le nudisme libertin sur son territoire, le bougre voit rouge, élimine les mâles gênants et viole brutalement (plein cadre bien entendu) ou kidnappe les miss. Caméra vaguement subjective, troupe de héros qui ne trouve rien de mieux que se séparer au moindre bruit suspect et qui surtout préfère attendre les secours plutôt que de sa barrer vite-fait... Aucun cliché du mauvais film d'horreur ne nous sera épargné, avec en prime des effets sanglants quasi-amateurs et Mark Shannon et Annj Goren qui ne trouve rien de mieux que de s'envoyer en l'air entre deux découvertes de cadavres. Du grand n'importe-quoi qui s'achève sur un sublime happy end cul et cul-cul sur une barque amarrée à la plage alors qu'elle est censée être en pleine mer...

Catastrophique jusqu'au bout, Porno Holocaust ne doit finalement sa grandiose carrière qu'à sa rareté et quelques photos d'exploitations aguichantes, mais ressemble le plus souvent à un film de pote en vacances qui voulaient profiter du soleil pour s'amuser entre adulte. Mais résultat, même la plage est moche.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Il manquerait plus qu'un éditeur jette de l'argent par les fenêtres pour restaurer ce nanar surpuissant... Bach Films nous fournit une copie dans la lignée des autres titres de la collection dédiée à D'Amato, tirée d'une source vidéo épuisée, avec taches, griffures et même drops numériques. La définition est à la masse, le grain omniprésent et les couleurs bavent. A l'image du film donc.

 


Son :
Pas beaucoup mieux loti, la piste originale italienne se trimballe en mono éreinté avec un son pas toujours clair et quelques variations aléatoires. Bon de toute façon les acteurs et le doublage sont mauvais alors...

 


Interactivité :
Déjà croisé sur le DVD de Caligula La Véritable histoire, Sébastien Gayraud auteur de Joe D'Amato le Réalisateur fantôme publié chez Artus, se fend d'une nouvelle présentation du film. Quelques petits secrets sur les coulisses, les origines hasardeuses du projet, le destin mystérieux de certaines actrices, l'intervenant est plutôt sympathique, surtout lorsqu'il tente de défendre l'objet, malgré les nombreux défauts qu'il souligne.

Liste des bonus : Entretien avec Sébastien Gayraud (9'), Bandes-annonces.

 
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