LA VENGEANCE DE L’INDIEN
Reprisal ! - Etats-Unis - 1956
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Genre : Western
Réalisateur : George Sherman
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais et français mono
Sous-titre : Français
Durée : 74 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 25 mars 2016
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
À peine arrivé à Kendall, Oklahoma, où il s’établit dans le ranch qu’il vient d’acheter, Frank Madden découvre une ville en pleine effervescence, divisée par le procès des frères Shipley. Coupables du lynchage de deux Indiens, les Shipley sont pourtant acquittés. Des voisins dangereux pour Madden qui, bien que se refusant à prendre parti, fait bientôt d’eux des ennemis mortels. L’un des frères tué, il est immédiatement accusé, jeté en prison. À tous, il continue néan...
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riposte

Artisan modeste mais extrêmement actif pendant presque 40 ans, George Sherman a tout de même imposé sa marque grâce à un regard très personnel sur l'histoire de l'ouest sauvage et l'opposition entre les blancs colonisateurs et le peuple indien. La Vengeance de l'indien est certes une série B, mais le regard est aussi original qu'essentiel.

Difficile de savoir si à l'époque les thématiques profondes de George Sherman avaient été remarquées par ses contemporains, mais en tout cas sur la centaine de films signés de son nom, dont les trois quarts des westerns, la question du problème indien revient comme une obsession. Sur le territoire des comanches, Le Dernier des peaux-rouges, Tomahawk, Le Grand chef... tous sont ouvertement des œuvres pro-indiennes, contrastant avec l'illustration naïve, ou primaire, dont ils firent l'objet des années durant. A ce titre, Reprisal ! (titre original plus puissant) est à la fois l'un des essais les plus fins et les plus évidents qu'il ait signé. Ici, dès la séquence d'ouverture, les bon vieux cowboys de grand-père sont présentés comme des monstres sans foi ni loi (le procès lamentable, même pour le juge) puis d'authentiques sauvages braillant leur bêtise et leur haine en tirant de joie dans tous les sens. Un crime impuni. Un lynchage barbare et gratuit... La Vengeance de l'indien est adapté d'un roman décrivant la confrontation entre un vétéran de la Seconde Guerre Mondiale découvrant que les habitants de son village avaient exécuté sans vergogne des noirs tandis qu'il combattait la menace nazi en Europe.

 

terre sacrée


Cette colère sourde, ce sentiment d'injustice totale vient constamment nourrir le film, installant très rapidement une vraie tention tout du long entre le jeune héros, qui se révélera un métisse reniant ses origines, et trois frères abrutis tout autant condamnables que la population qui les laisse faire. Un seul gunfight à notifier, et plus que bref d'ailleurs, en guise de final, tandis que ce western préfère creuser la frontière entre haine, méconnaissance de l'autre, méfiance, racisme ordinaire et fatalité, tout en esquivant la leçon de morale évidente ou le manichéisme lisse, grâce à des dialogues souvent brillants et des personnages joliment ambiguës. Le héros Frank Madden (Guy Madison un peu trop lisse) rejette les siens, l'un des frères cache son adoration pour une très jolie squaw (Kathryn Grant), alors que la jeune visage pâle aux yeux si doux (Felicia Farr) laissera échapper quelques propos douteux... Ecris à six mains, le scénario est étonnamment sophistiqué et séduit autant par son message (humaniste) que par sa méthode qui n'entrave jamais l'efficacité du spectacle. Malgré des moyens manifestement pas forcément des plus aisés, visible en particulier dans des décors passe-partout, George Sherman s'efforce de donner un vraie souffle à son western, usant d'un montage très serré (le procès, le duel), mais surtout de mouvements fluides qui passent d'une foule en furie qui avancent dangereusement vers le spectateur à une plongée à la grue qui scrute l'isolement cruel d'un petit fil d'indien qui malgré le "The End", cherche encore sa terre promise.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
En France, on ne connait finalement Reprisal ! que par le biais de quelques diffusions télé et de petites apparitions sur le marché de la vidéo. L'arrivé du film en DVD est donc une bonne surprise pour les amateurs de westerns classiques, qui vont découvrir là une copie bien supérieure à celles connues jusque-là. Les couleurs sont pleines et fortes, certains plans affirment un piqué soigné et l'ensemble des séquences se montrent étonnement propres. Malheureusement, tout cela a un prix puisque la copie subit généralement les outrages d'un DNR appliqué trop massivement avec des matières lissées, un grain absent et quelques amas dans les arrières plans.

 


Son :
Anglais et français (doublage un peu tardif donc parfois en décalage) sont disposés dans leurs moutures mono d'origine. A chaque fois le son est très propre, clair, frontal et équilibré sans laisser entendre de faiblesses marquantes.

 


Interactivité :
Dans la collection Western de Légendes de Sidonis la parole est toujours laissée à deux spécialistes incontournables : Patrick Brion et Bertrand Tavernier. Si parfois leurs interventions se chevauchent un peu, le propos n'en est pas moins toujours intéressant et bourré d'information autant sur le contexte historique et artistique de l'époque que sur les qualités cinématographiques de l'objet. Le tout accompagné bien entendu de petites évocations des filmographies de tout un chacun. Solide.

Liste des bonus : Présentation du film par Patrick Brion (9'), Présentation du film par Bertrand Tavernier (20'), Galerie de photos.

 
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