LE DERNIER TRAIN DE LA NUIT
L’ultimo treno della notte - Italie - 1975
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Genre : Horreur
Réalisateur : Aldo Lado
Musique : Ennio Morricone
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Français et italien en Dolby Digital 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 94 minutes
Distributeur : Neo Publishing
Date de sortie : 19 février 2006
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Dernier Train de la Nuit »
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LE PITCH
Deux cousines rentrent en Italie pour les vacances de noël. Au cours de leur trajet en train, elles font la rencontre de deux marginaux monté à bord sans ticket. L’un deux, Blackie, séduit une mystérieuse bourgeoise avec qui il fait l’amour dans les toilettes. Une femme qui va désormais explorer ses plus vils fantasmes aux dépens des deux pauvres adolescentes…
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"à nous de vous faire préférer l'avion"

Diffusé en France depuis les années 70 dans une version amputée Le Dernier train de la nuit, ou plutôt La Bête tue de sang froid, retrouve enfin toute son horreur dans une édition DVD forcément signée Neo Publishing.

Difficile de mesurer à quel point le premier long métrage de Wes Craven, La Dernière maison sur la gauche aura marqué les producteurs italiens peu imaginatifs. Quelques années avant l'excellent La Dernière maison au fond du parc de Ruggero Deodato, Aldo Lado (Je suis vivant, Qui l'a vue mourir ?) était contacté pour en réaliser un remake a peine déguisé. Un remake à son corps défendant semble-t-il, mais dont le scénario de Renato Izzo (Sabata) n'hésite même pas à reprendre la construction dramatique, une partie des tortures subies par les jeunes filles et le final vengeur. Mais ce qui aurait pu se terminer comme un nanar rital de plus, va se transformer sous l'impulsion du réalisateur en une charge politique aux accents révolutionnaires, sous certains aspects bien plus puissant que l'original. Alors que Craven privilégiait clairement une mise en scène proche du documentaire afin d'empêcher le spectateur de prendre toute distance salvatrice avec ce cauchemar, Lado y préfère des cadrages ultra calculés et une construction reposant bien plus sur le suspens que l'horreur crue. Au final, les fameuses séquences lui ayant offert cette aura de sommet de la violence, ne se résume qu'à une dizaine de minutes centrales (à 45 minutes environ) faisant disparaître tout tabous et surtout révélant le vrai visage de l'Italie des années 70.

 

le charme discret de la bourgeoisie


Finis l'âge d'or de l'Italie et les joies de l'après guerres, au milieu des années 70 le pays entre dans une ère politiquement très instable avec une nouvelle montées de l'extrême droite, les Brigades Rouges, tandis que les leaders se font assassiner en pleine rue et que la délinquance explose. Très engagé dans la vie et dans son cinéma, l'artisan Aldo Lado nourrie donc cette commande de sa conscience politique et tire une portrait très noir du fonctionnement de la société italienne. Ainsi le fameux voyage en train permet au réalisateur de regrouper dans un même lieu une foule de personnages bigarrés, parfaites caricatures des tares du pays : des hommes d'églises, une famille effarouchée, des nostalgiques de la grande époque nazi... Lado n'est véritablement pas tendre. Et s'il évite avec brio de donner l'impression d'avoir une sympathie quelconque pour les deux petits délinquants, il montre surtout qu'il ne sont que le produit des dérives protectionnistes et malsaines d'une bourgeoisie despotique. Présentée comme une figure distanciée mais perverse, le personnage de la surprenante Macha Méril, en est bien entendu symptomatique : c'est elle qui les pousse à corser le jeu, à se montrer plus sadique que jamais, mais c'est elle aussi qui au final s'en tirera indemne dans un plan glaçant ou il lui suffira de remettre son voile devant ses yeux pour oublier elle-même tout ses torts. Thématiquement et plastiquement ambitieux, Le Dernier train de la Nuit mérite largement son statut de film culte, enfin retrouvé.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Comme beaucoup de ses petits camarades de l'époque, le film de Lado avait subi lors de sa diffusion française d'absurdes coupes totalisant treize minutes environ. Une copie qui fut reprise au fil du temps pour les différentes vidéos avec des titres aussi éloquent que Le Train de la mort ou Le Train de l'enfer. La copie proposée enfin par Neo Publishing reprend le master intégral proposé par Blue Underground voici trois ans sous le titre Night Train Murder. Une véritable renaissance pour les cinéphiles français qui peuvent enfin voir le film dans son intégralité, profiter d'une image superbe et apprécier un travail particulièrement inspiré sur la photographie.

 


Son :
Même si la version française aurait la préférence de certains nostalgiques, inutile de préciser qu'avec les quelques minutes retrouvées uniquement en version italienne (les coupes avaient eu lieu avant le doublage), elle devient totalement obsolète. Toutes deux dans une stéréo très claire, elles font largement leur office.

 


Interactivité :
Pas de double DVD pour cette édition du Dernier train de la nuit, qui a pourtant tout du collector. Déjà pour permettre de retrouver le montage original d'Aldo Lado mais aussi pour la pertinence des bonus proposés. Entre un commentaire audio passionnant du réalisateur (même si toutes les interventions du modérateur ne sont pas forcément essentielles), ainsi qu'une interview supplémentaire du même dans lequel il en profite pour revenir sur les constante de sa carrière et sa vision du cinéma, on renoue avec un metteur en scène trop souvent mis de coté. Mais le meilleur de cette édition reste l'interview indispensable de Macha Méril qui revient sur ses dix années de carrière en Italie et en particulier sur sa participation à ce L'Ultimo Treno Della Notte mais aussi sur Les Frissons de l'angoisse. Ses deux expériences dans le cinéma de genre transalpin, qu'elle défend mieux que personne. Du coup, comme elle, on se prend à attendre vivement qu'un réalisateur courageux lui propose des rôles aussi étranges et ambitieux.

Liste des bonus : Commentaire audio d'Aldo Lado, interview du réalisateur (20'), interview de Macha Méril (17'), Galerie de photos, filmographies.

 
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