MONTY PYTHON SACRé GRAAL – 40E ANNIVERSAIRE
The Monty Python and the Holy Grail - Royaume-Uni - 1975
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Comédie
Réalisateur : Terry Jones, Terry Gilliam
Musique : Neil Innes
Image : 1.66 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 et 1.0 anglais, Dolby Digital 5.1 français, allemand…
Sous-titre : Français, anglais, allemand, espagnol…
Durée : 92 minutes
Distributeur : Sony Pictures
Date de sortie : 25 novembre 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Le Roi Arthur et ses chevaliers de la Table Ronde se lancent dans une quête à petit budget pour trouver le Saint Graal, quête semé d’embûches toutes plus barjos les unes que les autres…
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THE QUEST

Parce que le cinéma est une affaire de gens sérieux. Que l'on ne badine pas avec les reconstitutions historiques. Que l'on ne transige pas avec la légende arthurienne. Que l'on ne doit jamais tourner en ridicule la religion ou les autorités... Pour tout cela Sacré Graal est une œuvre sacrilège... Mais aussi l'un des films les plus drôles de l'histoire du cinéma.

Dans les épisodes précédents :
Constitués en partie par la BBC tel un boys band de british pas franchement beaux gosses, les petits gars des Monty Python sont d'origines diverses et variées (il y a même un américain qui s'est perdu dans le lot), mais tous imaginent fermement pouvoir faire imploser la télévision. Ce sera le cas pendant cinq ans, avec une absence totale de censure de la part de la vénérable BBC, dans la mythique émission The Flying Circus, compilation de sketchs ubuesques, irrévérencieux et expérimentaux. A mourir de rire (la reine faillit y laisser sa peau), le show leur offre un statut proche des Beatles en Angleterre, mais aussi dans le reste du monde, et en particulier aux USA, où ils deviennent, et c'est bien légitime, des références de l'humour moderne. Graham Chapman, John Cleese (s'il ne devait en rester qu'un), Eric Idle, Michael Palin, Terry Jones et Terry Gilliam sont désormais des stars. Mais comme c'est anglais, ils ne le montrent pas trop.

 

And now for something completely different


Désormais détachés de la télévision, les Monty Python embrassent le désir tout aussi légitime de prendre le pouvoir sur grand écran. Grâce au financement, modeste, de camarades réputés honorablement pour leur carrière comme groupes de rock (Pink Floyd et Led Zeppelin... connais pas), les six compères s'octroient au passage une totale liberté de création. Mais cela a un prix, le budget de quelques 200 000 £ induit quelques semaines seulement de tournage, des costumes à l'économie (les cottes de mailles sont des pulls peints en argenté) et l'utilisation bricolée d'un seul et unique château pour figurer tous les domaines parcourus par Arthur et ses chevaliers de la table ronde. Une esthétique fondamentalement fauchée, même si le réalisme médiéval est de mise, qui semble aujourd'hui totalement attachée à un film qui en fait son parti. A commencer par de grandes séquences de chevauchés où les héros jouent au dada pendant que leur écuyer frappe deux moitié de noix de coco en rythme... pour l'ambiance. Un premier gag inoubliable. Mais c'est loin d'être le dernier. Les Monty Python préservent ainsi leur fameuse « touch », racontant la grande quête du graal par le biais de personnages au sérieux immuable, dans un contexte totalement délirant, grotesque et ridicule.

Interlude
...loin de l'internat de jeune fille dans lequel elle apprit à grandir entre éducation religieuse et massages au pommeau de douche, Cindy découvrit qu'être effeuillée par les beaux garçons lui plaisir tout autant. Une découverte qu'elle fit en se rendant un mercredi avec ses amies, peu girondes, aux autos-tamponneuses. Assise au volant de sa coccinelle de fortune, elle opérait quelques demi-tours osés pour venir se faire percuter par les rebelles aux lunettes noires et au blouson de cuir qui normalement auraient dû avoir beaucoup mieux à faire. Des sensations qui descendaient jusque dans les fondements de sa féminité....

Fin de l'interlude

 

Fetchez la vache !


C'est cette opposition, que l'on retrouvera rapidement dans le suivant La Vie de Brian, entre l'apparent premier degré de l'histoire et la bêtise abyssale de l'arrière plan qui porte Sacré Graal vers des sommets de l'humour. Piochant dans toutes les astuces, des dialogues nonsensiques à la blague la plus potache d'une vache balancée par catapulte, le film est un enchevêtrement de degrés, de niveaux de lecture inattendus, auxquels se mêlent les séquences animées de Terry Gilliam, auxquels les autres n'ont de toute façon jamais rien compris. Une œuvre patchwork ? Pas vraiment puisque tout suit une logique typiquement Monthiesque (si ça se dit !) où un roi se reconnait par l'absence de merde sur sa robe, où les pouilleux débattent sur la légitimité du pouvoir et la nécessité d'une révolution du prolétariat, entre un hommage hilarant à Lawrence d'Arabie, un énième détournement du Cheval de Troie et une adaptation plus de vingt ans avant des Noces rouges de Games of Thrones. Impossible d'énumérer la succession éreintante de dialogues mémorables mais tarabiscotés, de retournements de situations vertigineux, de combats chevaleresques spectaculaires (aaah le chevalier noir...), d'effets pyrotechniques pétaradants et de grand moments de gêne complices. Une véritable œuvre culte qui fit entrer définitivement les Monty Python dans la légende, et inspirant allégrement quelques troupes bien moins célèbres comme les tenanciers du Saturday Night Live, Les Nuls, Les Robins des bois et bien entendu un certain Alexandre Astier et son Kaamelott.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Pas toujours très heureux, malgré le soin apporté en son temps au collector DVD par Studio Canal, Sacré Graal avait déjà eu le droit à un bon coup de fouet aux Etats-Unis lors de la sortie du premier Bluray il y a trois ans. Question de célébrer les 40 ans du film, Sony fait ici encore mieux avec un master scanné en 2 K. Déjà préalablement restauré, mais ici encore plus affirmé dans son nettoyage, le master est une énorme surprise. Si l'on excepte naturellement les quelques secondes régulières de fondus enchainés (un poil flous) et quelques plans composites (granuleux) le reste atteint ce que l'on peut espérer de mieux d'un film indépendant à petit budget du milieu des 70's : couleurs éclatantes, noirs indéboulonnables, grain de pellicule très naturel, piqué redoutable, profondeur jamais vu.... Aucun doute que les fans vont en tomber à la renverse, en particulier lors des séquences animées de Terry Gilliam, ultra détaillées, et de quelques gags en arrières plans, enfin visibles.

 


Son :
L'auteur de ces lignes ne savait même pas qu'il existait une version française de Sacré Graal ! Une sorte de sacrilège qui culmine clairement ici avec des acteurs complètement à coté de la plaque. Allez, on oublie pour se tourner plus naturellement vers la savoureuse version originale qui a été remixée en DTS HD Master Audio 5.1 pour faire plus neuf. La bande sonore a manifestement eu le droit elle aussi à de considérables améliorations (plus stable, plus net) et même quelques effets de spatialisation. Des passages un peu artificiels cependant, laissant entendre un peu de réverbération et se montrant de toute façon assez économe dans son amplitude. On lui préfèrera clairement le DTS HD MA Mono, qui profite de toutes ces améliorations tout en préservant le mixage frontal original.

 


Interactivité :
Ceux qui se souviennent encore de l'édition collector DVD savent que l'interactivité de Sacré Graal tourne vite à la pochette surprise. D'ailleurs l'intégralité de ces segments est de retour ici avec la longue visite des lieux du tournage avec Michael Palin et Terry Jones, un cours très pertinent sur l'utilisation des noix de coco, la séquence mythique de Camelot en Lego, la featurette d'époque produite par la BBC, les extraits de la version japonaise et les mémorables sous-titres pour ceux qui n'ont pas aimé le film (encore une idée de génie).
Pas mal déjà, mais la galette Bluray est loin de s'arrêter là puisqu'elle contient en ouverture deux commentaires audio inédits. D'un coté les deux réalisateurs qui couvrent généreusement toutes les approches de la fabrication du film (musique, référence historiques, anecdotes...) tout en dévisant sur leur première expérience, pas toujours facile, derrière la caméra. De l'autre John Cleese, Eric Idle et Michael Palin, un peu plus sporadique, mais avec quelques petites interventions amusantes. Plus caustique, l'exercice habituellement un poil rangé du Q&A (enregistré ici aux Festival de Tribeca) tourne ici à l'interview catastrophe lorsque les Monty, galvanisés par la foule, décident de malmener le journaliste. Impayable sur scène, la bande se montre une nouvelle fois hilarante et irrésistible. Enfin, surprise de taille, les producteurs ont réussi à mettre la main sur des archives que tout le monde pensait perdues depuis longtemps. A l'instar des séquences animées de Terry Gilliam non utilisées pour le film et finalisées exclusivement pour le Bluray, dont certains combats épiques (contre un escargot géant, flippant) auraient mérité d'apparaitre à l'écran. Mais aussi d'authentique scènes coupées ou plus longue de Sacré Graal, permettant de profiter de quelques gags supplémentaires, de variations subtiles (sic) et d'un véritable bêtisier... Mais aussi des coups de gueule de John Cleese. Incontournable my dear.

Liste des bonus : Questions/réponses sur « Monty Python - Sacré Graal » avec Terry, Mike, John et Eric, enregistré pendant le Festival de Tribeca en 2015 (30'), Bêtisier et scènes en version longue présentées par Terry Jones (20'), Animations perdues présentées par Terry Gilliam (15'), Commentaires audio de Terry Gilliam & Terry Jones, Commentaires audio de John Cleese, Eric Idle et Michail Palin, « En quête des lieux de tournage de Sacré Graal » avec Michael Palin & Terry Jones (47'), Chevaliers Lego : Les Chevaliers de la Table ronde en LEGO, Version spéciale en japonais, Que faire de vos noix de coco (un film éducatif), « BBC Film Night » sur le tournage, 3 chansons à chantonner, Photothèque, Bande-annonce.

 
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