AVENGERS : L’èRE D’ULTRON
Avengers : Age of Ultron - Etats-Unis - 2015
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Avengers : L’ère d’Ultron »
Réalisateur : Joss Whedon
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 7.1 anglais, DTS Haute Résolution 5.1 français, italien…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 141 minutes
Distributeur : Walt Disney Home Video
Date de sortie : 30 septembre 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Alors que Tony Stark tente de relancer un programme de maintien de la paix jusque-là suspendu, les choses tournent mal et les super-héros Iron Man, Captain America, Thor, Hulk, Black Widow et Hawkeye vont devoir à nouveau unir leurs forces pour combattre le plus puissant de leurs adversaires : le terrible Ultron, un être technologique terrifiant qui s’est juré d’éradiquer l’espèce humaine. Afin d’empêcher celui-ci d’accomplir ses sombres desseins, des alliances inattendues se s...
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Retour à l'envoyeur

Difficile d'imaginer la pression pesant sur les épaules de Joss Whedon durant la production de L'Ere d'Ultron. Ayant dévoilé son niveau de fatigue lors d'une tournée promotionnelle étrange, où le cinéaste n'hésitait pas à tirer à boulet rouge sur un système légèrement castrateur, Whedon semblait presque s'expliquer sur les raisons d'un échec unanimement dénoncé.

Pourtant, la suite d'Avengers mérite bien mieux que les balbutiements critiques qu'on lui inflige depuis plusieurs mois. Condamné par essence à être moins pur, moins fluide et moins surprenant que l'original, le film devant en plus de son intrigue mettre en place quatre suites simultanément, L'Ere d'Ultron s'évertue à inverser les choix esthétiques et narratifs de son modèle, quitte à refourguer à Marvel un blockbuster bien différent de ce qui était prévu au départ. Pour ne citer les différences les plus évidentes, le scope succède ainsi au 1.85, la trajectoire du groupe se voit renversée (d'un accord parfait lors du plan-séquence d'ouverture à une lente décomposition), une musique dispersée succède au score très contenu d'Alan Silvestri... En bref, plus ou moins consciemment, Whedon semble embrasser totalement la nature chaotique de son entreprise. Le récit s'en ressent, se payant au bout d'une heure des syncopes rythmiques assez radicales. Si dans beaucoup d'autres projets, le résultat aurait été indigeste, les saccades et le foisonnement constant du film en font au contraire un objet filmique furieusement original, voire souvent fascinant.

 

L'ère de la démesure


Ponctué par une demi-douzaine de morceaux de bravoure démesurés, dont un combat apocalyptique entre Huk et Iron Man, le film de Whedon remplit largement son contrat d'un point de vue spectaculaire. Le cinéaste fait d'ailleurs montre d'une maîtrise chorégraphique et géographique plus mûre qu'auparavant, la démultiplication des actions parallèles étant unifiée par une mise en scène maline et cohérente. Une fois encore, lesdites scènes d'action s'efforcent de commenter le moule hollywoodien actuel, en concluant parfois les échauffourées de façon intimiste (les visions provoquées par Scarlet Witch restent parmi les meilleurs instants du film), ou en prenant le contrepied absolu des destructions massives à la Michael Bay (cf. la bataille finale, où les Avengers sauvent plus d'innocents que dans 50 blockbusters US réunis). Bien sûr, L'Ere d'Ultron souffre de sa surenchère contractuelle, le studio comptant sur Whedon pour livrer un dernier acte encore plus énorme que celui de l'original. Les contraintes imposées à Whedon, notamment lorsque Thor s'en va batifoler dans une caverne sans aucune explication, résultent aussi en quelques sorties de route malheureuses. Il suffit toutefois de quelques brèves séquences en apesanteur, notamment la confrontation finale subtile et émouvante entre Vision et Ultron, pour que l'on pardonne ces quelques défauts...

Alexandre Poncet








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Image :
Impossible bien entendu pour Disney de rater techniquement une production comme Avengers 2. L'éditeur s'est donc tout logiquement fendu d'un transfert numérique de premier ordre en 1080p, tout juste à la lisière d'un master 4K dernier cri. L'image est ainsi renversante de précision, délivrant nombre de détails sur les premiers (visages, costumes...) et derniers plans (décors) en jouant sur une profondeur astronomique. La photographie bien moins lissée et passe-partout que le premier film impacte du changement de direction de l'épisode, souligné ici par des contrastes tranchants et des noirs impériaux. Du blockbuster assené à coup de marteau divin. Reste toujours la question du choix entre la version 2D ou 3D. Même si Whedon se défend en assurant avoir été bien plus concerné par la question pour le second film, le rendu, très efficace au demeurant, n'apporte au final pas grand chose au dispositif narratif.

 


Son :
Le mixage 7.1 du premier Avengers avait fait diablement mal aux enceintes développant un sens du spectacle plus généreux que jamais. Même démesure sur le DTS HD Master Audio 7.1 de L'Ère d'Ultron déployant une ouverture majestueuse sur les élans héroïques, une finesse idéale dans les moments plus intimes ou comique, mariant constamment les deux avec une légèreté enfantine. Parfaitement équilibré, balancé avec énergie et puissance, le spectacle phonique sollicite méchamment l'installation avec un caisson de basse qui va faire trembler les murs lors du choc entre Hulk et le Hulkbuster. Un chouïa moins souple, le DTS Haute Résolution 5.1 français reste tout de même très agréable et efficace.

 


Interactivité :
Annoncée un temps, puis annulée pour des raisons pas toujours des plus claires, il n'y aura pas finalement (du moins pour l'instant) de version longue du second Avengers. Une question dont il ne sera jamais vraiment question directement dans les quelques suppléments de la galette bleue, mais qui pourtant surnage à quelques occasions. En particulier lorsque Joss Whedon prend la parole sur la petite sélection de scènes coupées avec commentaires optionnels. Quelques unes servent effectivement de liant, ou éclairent de toute petite zone d'ombres (mais pourquoi War Machine n'intervient pas plus tôt?) mais qui pour deux occasions font office de crève-cœur. Excellente scène de dialogue donc entre Bruce Banner et Natasha alors qu'ils sont dans la maison de Hawkeye. Un échange bien plus long, plus étoffé et surtout plus émouvant et naturel pour un couple impossible qui en devient plus romantique que jamais. Tout aussi intéressante est la redécouverte de la séquence complète de Thor entrant en contact avec les oracles celtes, largement plus sobre dans sa construction mais surtout ici bien plus en accord avec le reste du film et faisant le lien plus ouvertement avec le troisième Avengers. Il est clair à ces visions, et aux remarques désabusées du réalisateur que le retrait de ces segments n'est pas de son propre chef, victime d'une vision basique des producteurs de Marvel et des dégâts habituels des projections tests. Malgré sa gentillesse habituelle, sa modestie constante et sa passion pour la transmission, Joss Whedon semble souvent bien amer dans le commentaire audio qui accompagne le visionnage du film, mais délivre quoi qu'il arrive de nombreuses informations sur la fabrication u film, l'organisation avec ses assistants réalisateurs, sa collaboration avec les acteurs... Passionnant de bout en bout, comme toujours avec ce cinéaste d'ailleurs qui maitrise largement l'exercice depuis les coffrets DVD de Buffy.
A coté de ce témoignage, le making of d'une vingtaine de minutes semble un peu fade, trop sage, même si l'accès à quelques images de tournage inédites fait toujours son petit effet. Reste deux friandises pour finir la section bonus avec d'un coté un bêtisier toujours aussi divertissant et une featurette, très utile pour certains spectateurs, retraçant les apparitions des gemmes d'infinités et leur place centrale dans l'univers cinématographique Marvel.

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus : Commentaire audio du réalisateur Joss Whedon, « Une aventure mondiale » (3'), Making of (20'), « Les Pierres d'infinité » (7'), Scènes coupées et scènes rallongées avec les commentaires audio du réalisateur Joss Whedon (12'), Bêtisier (4'), Bandes-annonces.

 
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