L’AVION DE L’APOCALYPSE - IMPORT UK
Nightmare City / Incubo sulla città contaminata - Italie / Mexique / Espagne - 1980
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Horreur
Réalisateur : Umberto Lenzi
Musique : Stelvio Cipriani
Image : 2.35 16/9
Son : Italien et anglais PCM Mono
Sous-titre : Anglais
Durée : 91 minutes
Distributeur : Arrow Video
Date de sortie : 24 août 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Après avoir vu des zombies déferler d'un avion militaire, un reporter tente de retrouver sa femme et d'échapper aux monstres assoiffés de sang qui envahissent la ville.
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Y-a-t-il un pilote dans l'avion?

Symbole d'un cinéma italien en pleine glissade irresponsable sur la vague de l'invasion zombie Nightmare City, alias City of the Living Dead et surtout L'Avion de l'apocalypse en France, porte irrémédiablement la marque du faiseur Umberto Lenzi : ça à l'air d'un classique du genre, mais houlà que ça en est loin.

Considéré dans quelques contrées comme un réalisateur culte (« ils ont toujours eu beaucoup de goût les allemands ») l'artisan chevronné Umberto Lenzi semble avoir construit presque intégralement sa carrière en sous-main. Il enquille les productions et les genres sans vraiment s'y investir, suit tranquillement ses confrères et emballe le tout grâce à un sens évident de l'appareil cinématographique, mais sans y apporter une personnalité inoubliable. Après une pelleté de polars plutôt honnêtes (Brigade spéciale, La Guerre des gangs), un ou deux giallo (Le Tueur à l'orchidée) et des films de guerre francs du collier (La Grande Bataille) le voilà qu'avant d'enchainer avec un surévalué Cannibal Ferox, il livre son film de zombie... Oups pardon d'infectés, ça n'a rien à voir!

Un métrage qui ne manque d'ailleurs pas d'ambition sur le papier puisque plutôt qu'une poignée de survivants retranchés dans un huis-clos géographique bien défini, le bougre imagine une apocalypse plus globale qui s'étend lentement sur une Amérique tétanisée. Un Walking Dead avant l'heure ? Un petit quelque chose des futurs 28 jours plus tard avec ses infectés qui galopent dans tous les sens, mais clairement les moyens vont à l'encontre de cet élan. Les effets spéciaux tout d'abord, font tristement chiches autant dans les quelques effets très sanglants à base de cranes explosés et d'énucléation directement piqué à L'Enfer des zombies, mais surtout à cause des maquillages des vérolés, ressemblant atrocement à des masques bricolés seulement jusqu'au menton avec des restes de pizzas trop cuites.

 

dance with de dead


Au passage, ces créatures vaguement putréfiées et assoiffées de sang, font preuve de réflexes étonnants, s'armant de faucilles et de mitraillettes, volant des voitures et parant les coups comme des membres chevronnés d'un club de self defence. Constamment ridicule, autant dans sa scène inaugurale où les membres de l'équipage d'un avion anéantissent en quelques secondes la police de l'aéroport, que dans la succession d'attaques incompréhensibles sur divers points de la ville (le parc de l'hôpital, l'émission d'aérobic...), L'avion de l'apocalypse assure certes un rythme excessivement soutenu et se visionne sans ennui, mais ne peut convaincre sans second degré, régulièrement atteint par la multiplication inutile de personnages secondaires sans étoffe, et une propension à arracher les corsages très fragiles des pauvres demoiselles. Un film bien bis, mais surtout très bête, qui tente de se donner un peu de consistance en se lançant régulièrement dans quelques discours froids sur la bêtise humaine, l'urbanisation et la menace nucléaire, mais entonné par des acteurs totalement déconnectés. Héros en titre, l'acteur mexicain Hugo Stiglitz, constamment absent, en est tellement resté dans les mémoires que Quentin Tarantino lui a rendu un hommage détourné dans son Inglorious Basterds, alors que le classieux, mais très vieux, Mel Ferrer (Le Jour le plus long, Guerre et paix) semble envoyer des SOS aux spectateurs à chaque regard caméra. Un bon gros navet qui s'échappe dans tous les sens et qui ose au passage faire le malin avec un twist final, aussi vu et revu que définitivement prohibé par la ligue des scénaristes. On n'atteint pas encore les rives du mythiques Virus Cannibale de Bruno Mattei, mais on peut y trouver un très amusant avant-goût. Reste maintenant à se demander pourquoi le doué Tom Savini, planche actuellement sur un remake pour 2016...

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Une fois n'est pas coutume, le menu du bluray s'ouvre sur une courte featurette proposée en introduction du film. Un segment intitulé "Nightmare City and The Limits of Restoration" qui explique dans le détail les soucis techniques auxquels ont été confronté les équipes techniques d'Arrow et le choix unique pour lequel ils ont dû opter : livrer sur le même disque deux copies du même film. Une option qui s'explique (en faisant vite) par des dégradations chimiques irréversibles existant sur le négatif original. Ces dernières font donc apparaître à de multiples occasions (en particulier les scènes avec des avions et des extérieurs) une instabilité des couleurs et des taches jaunâtres peu esthétiques. L'éditeur a tout de même tenté de les réduire au maximum, de nettoyer le reste des éléments et de scanner le tout dans un master 2K. Le résultat est dommageable pour les séquences incriminées certes, mais même celles-ci font désormais apparaître un cadre extrêmement défini, une vraie profondeur de champs et un piqué précis et totalement inédit, tout en préservant amoureusement la qualité organique de la pellicule. L'autre copie provenant d'un transfert 35mm, ayant élargie l'image, peut se vanter de ne plus comporter de défaut visibles, mais baigne constamment dans un léger flou à la définition en berne. On préfèrera largement le premier choix, même si le fait d'avoir laissé la décision au spectateur souligne une fois encore le sérieux cinéphilique de la maison Arrow.

 


Son :
Même si le film à été essentiellement tourné en anglais, l'éditeur propose ici autant la version anglaise que la version italienne. Chacune sont délivré avec un mono d'origine restauré et non compressé affirmant une belle clarté qui sied parfaitement aux musiques angoissantes du prolifique Stelvio Cipriani (La Lame sanglante, La Baie sanglante...) mais ne peut décemment pas sauver la médiocrité des performances... doublées ou non.

 


Interactivité :
Belle prestation encore d'Arrow Video qui a produit de nouveaux suppléments totalement inédits. Un commentaire audio enthousiaste du critique Chris Alexander tout d'abord puis une longue présentation filmée de l'actrice Maria Rosaria Omaggio. Les deux segments les plus intéressants restent cependant les interviews enregistrées avec Lenzi et Eli Roth. Le premier, radote comme la personne âgée qu'il est, s'accroche constamment au concept des « infectés » plutôt que des « zombies », mais délivre quelques vraies infos sur la production du film et les raisons d'un casting si étrange, avant de finir par quelques propos sur le futur remake. De son coté, le réalisateur de Hostel, en immense fan d'Umberto Lenzi, déclame tout son amour à cette période du cinéma italien et de Nightmare City en particulier, sans jamais perdre de vue ses aspects cheap. Très sympa.

Liste des bonus : Audio commentary by filmmaker, Fangoria editor and Nightmare City fan Chris Alexander, Radiation Sickness, Sheila of the Dead, Zombies Gone Wild!, Nightmare City and The Limits of Restoration (4'), Alternate Opening Titles, Original Trailer, Collector's booklet.

 
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