TOMIE UNLIMITED
Tomie: Anrimiteddo - Japon - 2011
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Horreur
Réalisateur : Noboru Iguchi
Musique : Takashi Nakagawa
Image : 1.85 16/9
Son : Japonais PCM 2.0, Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 85 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 3 mars 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Tomie Unlimited »
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LE PITCH
Tsukiko vit dans l’ombre de sa soeur aînée, la belle et populaire Tomie, qui meurt dans des circonstances horribles. Nuit après nuit, la jeune fille est réveillée par les mêmes visons horrifiques. Un an plus tard, alors que Tsukiko et ses parents célèbrent l’anniversaire de Tomie, l’impensable se produit : la victime est de retour. Le cauchemar devient alors réalité !
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L'éternel retour

Spécialiste des trips nawaks, trash, bêtas et scatos, Noboru Iguchi s'attaque ici à une œuvre célèbre et largement codifiée : Tomie. Un manga culte dont c'est ici déjà la neuvième itération, trouvant clairement l'illustration la plus dézinguée du lot grâce à la personnalité bien dérangée du cinéaste.

Mais il faut reconnaître que déjà à la base, l'univers même de l'auteur du manga, Junji Ito, est un sommet du grotesque et du bizarroïde. Auteur de titres comme Spirale ou La Femme limace, il combine allègrement des trames adolescentes volontairement naïves, avec un monde horrifique schizophrène et halluciné, peuplé de déformations monstrueuses et de massacres gores. Bienvenue chez un authentique poète du macabre, dont la première série publiée, Tomie jouait déjà habilement sur les figures classiques du fantôme à la japonaise (Ring, The Grudge et toutes leurs mauvaises copies) pour les déborder par une science absolue de l'absurde. Pas étonnant en sommes que le réalisateur Noboru Iguchi (The Machine Girl, Dead Sushi...) finisse par croiser ce chemin, en donnant sa propre version de Tomie, dans cette ultime suite / remake / variation sur le même thème / après tout on s'en fout, qui porte son nom comme un manifeste : Unlimited.

 

trichophiles et associés


Si les fans de la première heure de Iguchi pourraient être déçus par un long métrage qui se montre étonnamment pausé dans sa narration, relativement sage dans son découpage et teinté d'un humour carrément moins potache (quoi que), pourtant d'une certaine façon, c'est ici l'une de ses créations les plus intéressantes justement parce que les codes de la «série» des Tomie impose à la fois une esthétique et une graduation très construite de l'horreur. Iguchi s'y plie docilement, contant à la manière d'un drama les petits malheurs de Tsukiko, adolescente effacée, ayant peine à s'imposer auprès de ses parents, de ses amies ou des garçons, toujours dans l'ombre de sa sœur Tomie. Un problème qui ne se règlera pas à la mort de cette dernière, puisque l'absence même devient une ombre plus pesante encore, jusqu'à imposer son retour d'entre les morts. Un authentique pitch de shojo qui tourne au vinaigre et surtout au cauchemar lancinant, ce curieux esprit vengeur et sadique prenant un malin plaisir à rendre totalement fou tout son entourage : le père se met à lécher lascivement les cheveux de sa fille revenue, la mère tient les épaule de Tsukiko lorsque son père la fouette... Une explosion des codes de la sacro-sainte image familiale japonaise, qui est à la lisière du traitement au vitriol que lui avait infligé Takeshi Miike dans Visitor Q. Déjà pas mal, mais Tomie Unlimited va encore pousser les leviers plus loin, du drame presque intimiste vers une orgie finale de courses-poursuites ricanantes à la Evil Dead (le corps sans tête qui se cogne dans les couloirs), de excroissances gerbantes en latex digne des péloches underground de Frank Henenlotter (Basket Case) et de créatures en images de synthèse foirées aux pulsions lubriques et cannibales. Souvent mal fichu, pas toujours très bien joué (la méchante en fait des caisses, d'autres sont absents), doté de SFX très aléatoires, Tomie Unlimited est un film ultra-bis, mais bardé d'idées totalement déviantes et de visions aussi malsaines que nanardesques, qui n'a pas son pareil ailleurs que dans les pages de Junji Ito.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Certes Tomie Unlimited est une production Toho, mais cela reste une production à tout petit budget tournée en numérique il y a déjà quatre ans. Les standards de ce côté là ont évolué très vite et cela se ressent devant la copie du film proposé en 1080i. Les couleurs relativement ternes du film accrochent bien l'image, les séquences extérieures affirment une lumière assez naturelle, mais les effets spéciaux numériques sautent aux yeux, tandis que les contrastes s'effacent régulièrement. Le plus gênant reste cependant la compression qui à mal à partir avec la matière granuleuse des arrières plans. Un disque convenable pour ce genre de films cependant.

 


Son :
Ici c'est la version française qui impose immédiatement son mixage DTS HD Master Audio 5.1, mais les difficultés de traduction et les problèmes d'intentions et de positionnements labiaux, font tout de même privilégier la version originale. Cette dernière est disponible en PCM stéréo, avec un rendu très clair, propre et frontal, se réveillant agréablement parfois pour quelques effets latéraux.

Liste des bonus : Galerie photos, Bande-annonce.

 
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