ALLéLUIA
France - 2014
Image plateforme « DVD »
Image de « Alléluia »
Genre : Drame
Réalisateur : Fabrice du Welz
Musique : Vincent Cahay
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS 5.1, Dolby Digital 2.0 et Audiodescription
Sous-titre : Français pour sourdes et malentandant
Durée : 89 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 6 mai 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Alléluia »
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LE PITCH
Lorsque Gloria accepte de rencontrer Michel, contacté par petite annonce, rien ne laisse présager la passion destructrice et meurtrière qui naîtra de leur amour fou...
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L'amour à mort

Echappé de la production de Colt 45, Fabrice Du Welz retrouve les pulsions premières d'un cinéma excessif, inquiétant et dérangeant, comme une suite hybride à son Calvaire et un hommage au classique Les Tueurs de la Lune de miel.

Même si le film en l'état est loin d'être inintéressant, l'affaire Colt 45, ou l'improbable rencontre entre l'artiste « maudit » Fabrice Du Welz et le friqué Thomas Langmann (producteur), démontre de la grande difficulté pour le réalisateur de Calvaire et Vinyan de transiger avec sa vision du cinéma et d'accepter l'omniprésence du Starr system. On imagine son soulagement lorsqu'il se lance dans Alléluia, film totalement indépendant qui s'inscrit farouchement dans les paysages décharnés de la campagne belge. Retour aux sources et retrouvailles avec l'incroyable Laurent Lucas (Harry, Un ami qui vous veut du bien), pour une expérience qui semble constamment rejeter le carcan idéal d'un cinéma commercial. Une réponse au très léché Colt 45, qui prend ici des allures de chaos viscéral habillé d'une photographie exigeante signée Manuel Dacosse (Amer), à la fois déclaration d'amour passionnée à la pellicule 16mm et jaillissement d'une matière granuleuse, de noirs terrifiants, de rouges enflammés et plus sobrement d'une certaine réalité sordide.

 

Messe noire et sacrifices


Et cette réalité, forcément étrange et « autre » est celle d'un couple destructeur formé par un séducteur de femme mûre déjà bien borderline et l'une de ses anciennes victimes, Gloria, femme amoureuse, terriblement jalouse et surtout totalement folle, qui va les faire plonger dans une chute vertigineuse vers l'enfer. Inspiré d'un authentique fait divers, et surtout du premier film que Leonard Kastle en avait tiré dans Les Tueurs de la Lune de Miel, Alléluia scrute cette histoire d'amour moins improbable que profondément déviante, laissant derrière elle une gamine abandonnée, car dérangeante par sa simple présence, et les pauvres femmes qui auront servie de cible à Michel, au passage trompeur maladif, puis d'exutoire à l'obsessionnelle Gloria. D'incroyables performances d'acteur entre un froid, distancié mais subtile Laurent Lucas et une dévorante Lola Duenas (Parle avec elle, Volver), qui ne font qu'enfoncer encore plus avant le métrage dans une sauvagerie irrépressible, une bestialité entre érotisme malade et gore assumé, une esthétique troublante du glauque. Dans la droite lignée de Calvaire et Vinyan, Du Welz continue de magnifier la folie absolue, de lui donner âme humaine et atours élégants, mais y ajoute désormais, preuve d'une maturité nouvelle, un humour terriblement noir et dérangeant, ainsi que des notes de fantastique païen, qui ne font que malmener le spectateur dans son siège confortable. Une œuvre puissante, à la réalisation aussi sublime que tordue qui ne fait que confirmer à quel point Fabrice Du Welz est un vrai fou de cinéma.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
A l'instar de Vinyan, Alléluia passe uniquement par la case DVD sans détour par le bluray. Franchement dommage, tant le travail esthétique exigeant méritait amplement un transfert HD. Un peu déçu donc, mais heureusement Wild Side Video veille au grain et fournit une copie SD particulièrement convaincante, réussissant à respecter à la lettre la texture très particulière de l'image (grain proéminant, noirs massifs, teintes grisâtres explosées par les rouges) sans jamais trop faire souffrir la compression.

 


Son :
Outre la version Dolby Digital 2.0 qui s'avère bien balancée mais naturellement frontale, le métrage est aussi proposé dans une version Dolby Digital 5.1 bien plus proche de l'expérience sensorielle vécue en salle. Dynamique et surtout très ample, la piste assourdie volontairement par l'opulence de sonorités inquiétantes, et peut se montrer puissante, en particulier lors d'une scène en boite de nuit où lors de la fameuse « messe noire ». Les dialogues eux se montrent parfois très en retrait, mais cela correspond manifestement à la volonté du réalisateur.

 


Interactivité :
Film indépendant à la distribution réduite, Alléluia se montre relativement sobre dans ses bonus, récupérés essentiellement du coté de quelques enregistrements disparates de journalistes (les interviews) ou d'un reportage pour la télévision belge (Sur le tournage). Le tout est assez court, mais cependant jamais totalement anecdotique grâce aux récits des intervenants, avec en particulier un Laurent Lucas plein d'humour et un Fabrice Du Welz toujours aussi passionné. Le programme s'achève par six scènes coupées, très réussies et dérangées, mais qui aurait certes ralenti le rythme général. On aurait tant aimé un grand making of et surtout un commentaire audio de Du Welz, auteur à la passion communicative.

Liste des bonus : Scènes coupées (10'), Entretiens avec les acteurs (15'), Sur le tournage (10'), Galerie de photos, Bande-annonce.

 
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