CHE : L’ARGENTIN / GUERILLA
Che Part One / Che Part Two - Etats-Unis - 2009
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Che : L’Argentin / Guerilla »
Genre : Fresque
Réalisateur : Steven Soderbergh
Musique : Alberto Iglesias
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français, anglais et divers
Durée : 126 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 15 juillet 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Cuba, 1954 : lorsqu'un complot militaire soutenu par la CIA renverse le gouvernement, démocratiquement élu, de Jacobo Arbenz, Ernesto Guevara se réfugie au Mexique. Il rejoint alors un groupuscule révolutionnaire cubain, où il sera présenté à Fidel Castro. Une rencontre discrète, qui marquera une date clé dans l'histoire de Cuba, ainsi que dans celle du "Che"...
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Hasta Siempre

Le réalisateur des trois Ocean's aime à changer de style et d'univers de film en film. Reprenant un projet longtemps resté dans les cartons de Terrence Malick (Le Nouveau Monde), il se fend d'une énorme production, tournée en espagnol pour plus de réalisme, censée donner enfin un éclairage sur les batailles personnelle et idéologique du Commandante.

 

Devenu autant un symbole intact de la révolution qu'une effigie désacralisée ornant les T-shirts mode ou le mur des adolescents, Che Guevarra aurait dû devenir une authentique figure du cinéma. Magnifiquement évoqué par le biais de sa jeunesse aventureuse dans Le Carnet de voyage de Walter Salles, il apparaît grâce à Steven Soderbergh (Hors d'atteinte, Solaris) dans ses heures de gloire, par le biais d'un diptyque de plus de quatre heures. Deux films pour conter la révolution cubaine puis la guérilla bolivienne, la grandeur et la décadence en somme. D'emblée, l'interprétation de Benicio Del Toro (Traqué, Las Vegas Parano) fascine autant par sa rigueur que par une ressemblance physique étonnante. Caractérisé par les fameuses rangers noires, le treillis et la barbe hirsute, l'Argentin apparaît ici autant comme un homme simple, médecin proche du peuple, combattant éclairé et humaniste que comme une figure quasi christique, iconique et inaccessible. Manifestement, le réalisateur de Traffic n'essaie jamais ici d'égratigner le héros, ni de lui prêter des dires ou des tergiversations non documentées. Il reste constamment à distance, l'inscrivant dans une nature omniprésente, seul lieu dans lequel le Che paraît à l'aise (voir son arrivé à l'ONU suffit à s'en convaincre). Au final, les deux métrages s'avèrent presque impersonnels, désincarnés.

 

Che guevarisme

 

Deux films sans passion et sans accroches pour le spectateur, qui versent en sus dans l'antispectaculaire, voulant sans doute souligner par là l'importance du combat aussi idéologique qu'armé. Difficile alors de se passionner pour ces heures passées à marcher dans la jungle, à éduquer et à éclairer les compagnons d'armes, à soigner les populations locales, à débattre avec Fidel Castro (Demian Bichir) puis à tenter de maintenir la cohésion dans le groupe bolivien. Trop de cérébral, trop de blabla (beaucoup de scènes restent parfaitement auxiliaires) : l'émotion est tuée dans l'œuf. Un sentiment d'autant probant lorsque le Che rencontre Aleida March (Catalina Sandino Moreno), amante qui lui donnera trois enfants. La relation ne nous est montrée que comme celle d'un mentor et d'une groupie à kaki. Soderbergh semble clairement s'être attaqué à un trop gros morceau, manquant certainement de courage pour explorer un personnage foncièrement ambigu ou pour discourir du rôle de Castro dans la déchéance du leader révolutionnaire. C'est d'autant plus dommage que, plastiquement, les deux métrages montrent une nouvelle fois chez le réalisateur une vraie maîtrise du cadrage, une construction en reflet intelligente et un dispositif autour de la représentation du Che jouant habilement du passage de la lumière à l'ombre. Un peu de sang et de fureur n'aurait pas fait de mal. C'était la révolution, que diable !

Nathanaël Bouton-Drouard

 

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Image :

Bien plus calme dans les expérimentations photographiques de certaines des réalisations précédentes de Soderbergh, Che l'Argentin se distingue surtout par une scission entre le présent, noir et blanc creusé et éclatant, et le passé, tout en couleurs lumineuses. Le second opus reste au contraire fixé sur une lumière plus rasante, plus froide . Quelle que soit l'optique choisie, le transfert sur Blu-Ray est optimal, avec un piqué on ne peut plus appréciable et des contrastes parfaits. Cette définition soutenue montre bizarrement quelques signes de faiblesse avec une surabondance de bruit venant envahir l'écran. Dommage, 98 % du reste des métrage s'approche agréablement de la perfection.

 

Son :

On connaissait les éditeurs qui gonflaient sans vergogne le contenu de leurs titres sur la jaquette, on ne connaissait pas encore ceux qui ont l'humilité d'annoncer un petit Dolby Digital 5.1 alors les films sont bien visibles en DTS-HD Master Audio 5.1. D'autant plus que celui-ci se révèle particulièrement soigné. Se concentrant essentiellement sur la source frontale, les dialogues et les notes de guitare d'Alberto Iglesias, le mixage s'efforce tout de même de retranscrire un vrai travail d'ambiance, discret, naturel mais dynamique, avec une réelle clarté. Un travail très agréable.

 

Interactivité :

Incompréhensible. Certes, Soderbergh n'a jamais été (ou à de très rares exceptions) très enclin à se livrer dans une autoanalyse poussée ou à révéler l'arrière-cour de ses tournages. Mais au vu du sujet, de l'importance du personnage et de son ancrage dans l'histoire mondiale, on reste stupéfait de voir que Warner a choisi de livrer ses deux galettes totalement vierges de tout supplément.

 
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