LES BOXTROLLS
The Boxtrolls - Etats-Unis - 2014
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Les Boxtrolls  »
Musique : Dario Marianelli
Image : 1.85 16/9
Son : Français et Anglais DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 97 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 3 février 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Les Boxtrolls  »
portoflio
LE PITCH
En-dessous de la ville de Cheesebridge, où le fromage a plus de valeur que l'or, se cachent d'étranges créatures vêtues de cartons recyclés qui vivent dans les égouts, et qui en sortent la nuit pour récupérer des objets en tout genre : les Boxtrolls. Les habitants sont apeurés par ces créatures. Une nuit, pour une obscure raison, ils recueillent Eggs, un petit garçon. Accusés d'avoir enlevé et dévoré ce bébé, ainsi que de vouloir s'en prendre aux fromages, tous les habitants en ...
Partagez sur :
Toc/Toque

Après Coraline (un chef d'œuvre), et L'Étrange pouvoir de Norman (un très bon film), l'excellent studio d'animation spécialisé dans la Stop Motion, Laika, nous revient donc avec un projet tout aussi ambitieux, et à l'aspect artisanal sacrément engageant : Les Boxtrolls.

Société disparate basée sur la consommation excessive et vénérée de fromage où se mêlent décors de carton-pâte, créatures étranges et sociétés secrètes, c'est la bave aux lèvres qu'on se laisse volontiers happé par ce qui semble en devenir une nouvelle claque visuelle, technique et artistique... Et bien, autant vous l'avouer, rien de cela malheureusement... Si visuellement le film ressemble à un vrai cabinet des curiosités (regardez vraiment les arrières plans, c'est bourré de surprises !), oscillant constamment entre l'Angleterre fin 19ème (rassurez vous, on est loin de Ripper Street) ou des titres récents comme Le Magasin des suicides de Patrices Leconte ou le jeu MAC Machinarium, le film souffre d'un vrai manque de personnalité. A l'évidence, et malgré toute la maitrise des équipes techniques, là où des titres comme Numéro 9 imposaient d'entrée leurs univers, Les Boxtrolls se contente de citer la plupart des poncifs du genre (échelle tordue, bric à brac de récupération ou détournement de l'usage premier des objets). Ajoutant à cela un manque flagrant d'écriture, on a toutes les peines du monde à s'intéresser à nos héros. Quelle est l'histoire de ce monde fantasmé? D'où vient cette passion du fromage? Qui sont les Boxtrolls? Pourquoi ces chapeaux... Nous pourrions continuer comme cela ad vitam aeternam. Et malheureusement ce n'est pas tout.

 

Un bric à brac fait de breloques, de briques et de broc


Confus et ennuyeux à mourir dans sa première moitié (c'est long...), le métrage se réveille à partir de la scène de l'évasion. Il était temps, d'autant que les plans forcés pour la 3D (oui, on a compris, ça fonce sur la caméra et ça déboule comme dans Indiana Jones) ou les cliffangers gros comme ça dégringolent vers l'évidence que même un bambin de cinq ans peut deviner la suite (le père, la cantatrice, les kidnappings...). Dommage quand on sait que certaines surprises (à la District 9 suivez mon regard) ou un certain second degré (les réflexions des hommes de main) sont sacrément jouissives. Tout droit sorti de l'imagination du dessinateur anglais Alan Snow dans son roman d'aventures fantastiques Les Chroniques de Pont-aux-Rats (Here Be Monsters), il y avait sans doute mieux à faire aux vues du casting de doublage impressionnant ou de la patience infinie des équipes de tournage (deux ans de travail), totalement dévoués à ce monde miniature qu'on peste de ne pas encenser...

 

Matière noble


Techniquement bluffant et déclaration d'amour aux enfants de Ray Harryhausen (Burton est souvent cité), sans être forcément destiné aux plus jeunes car prisme de réflexion aux directions multiples (racisme, capitalisme, intolérance, manipulation politique...) : Les Boxtrolls se pose en l'état comme une magnifique et frustrante coquille, remplie d'espoirs déçus, la faute à ce vernis devenu prétexte. Malgré une vie internationale bluffante (nominations aux Oscars, aux Golden Globes, à la Mostra etc.) et toute sa bonne volonté, le film ne parvient donc jamais à dépasser son statut de démo technique, ayant fait le choix de sacrifier son histoire (c'est pourtant là tout l'intérêt du septième art) sur l'autel du dieu technique. Là où Coraline avait autant subjugué les parents qu'hypnotisé les enfants, notamment grâce à ses nombreux niveaux de lecture et un fantasme pelliculé envoutant, le dernier rejeton de Laika risque de plonger dans les bras de Morphée les bouts de choux, et dans ceux du Sandman de Gaiman, les plus grands (facile).

Burlesque, plutôt inventif dans sa dernière partie et esthétiquement inattaquable, Les Boxtrolls pêche in fine par son manque de prise de risque, l'absence d'empathie pour ses principaux protagonistes et un humour quasi absent. Un conte d'apprentissage poétique qui laisse un gout d'inachevé mais qui possède au moins l'intérêt de ne jamais tomber dans le racoleur ou le bas de plafond. L'honneur est sauf et l'on croise les doigts pour un second volet décomplexé et profond.

Jonathan Deladerriere










Partagez sur :
 

Image :
Si les films d'animation en images de synthèses font souvent partie des plus beaux Bluray sur le marché, et c'est logique, Les Boxtrolls rappelle que les films en stop-motion font encore mieux. Le transfert HD permet ainsi de raviver à chaque seconde tous les superbes détails des poupées, le grain des textures, le léger relief des sculptures : c'est tout bonnement superbe. Surtout qu'au passage la galette délivre des couleurs parfaitement rendues et excessivement riches, des noirs pointus et une profondeur de champs resplendissante. Absolument rien à redire.

 


Son :
Les deux pistes, française et anglaise, DTS HD Master Audio 5.1 sont plutôt performante avec une clarté jamais mise en défaut. Sans faire dans l'abusif, les enceintes sont constamment sollicitées par une dynamique bondissante qui accompagne solidement l'animation, et surtout des ambiances fournies et enveloppantes, en particulier dans la description du monde souterrain. Bien calibré et très efficace.

 


Interactivité :
A l'attention du jeune public, les films d'animation de ce type ne sont pas toujours très bien accompagnés dans leur interactivité avec surtout des segments vaguement didactiques ou des mini-jeux anecdotiques. Ici, il y a bien quelques featurettes de 2-3 minutes pour leur donner un aperçu de la fabrication de la stop-motion, mais heureusement cela est complété par un véritable making of d'une trentaine de minute, qui aborde avec plus de détail la mise en boite des scènes principales. Dommage que le commentaire audio des deux réalisateurs n'ait pas été sous-titré cependant.

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus : Commentaires audio de deux réalisateurs en VO uniquement / Making of en cinq parties (33') / Dessins de scènes finalement non tournées avec les commentaires audio optionnels des réalisateurs (17') / Cinq modules sur l'univers visuel du film (13')

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2019