POMPOKO
Heisei tanuki gassen pompoko - Japon - 1994
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Pompoko »
Réalisateur : Isao Takahata
Musique : Manto Watanobe
Image : 1.85 16/9
Son : Japonais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 119 minutes
Distributeur : Walt Disney Home Video
Date de sortie : 4 mars 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Dans une montagne résident les Tanuki, une espèce mi raton laveur mi blaireau. Comme dans les contes, les tanuki ont le pouvoir de changer de forme quand ils le désirent. Leur vie insouciante entrecoupée de batailles entre tribus de Tanuki ennemies leur fait ignorer la présence toujours plus proche des hommes, jusqu’au jour où ces derniers décident de faire de la montagne une ville. Les Tanuki vont alors tenter d’effrayer les humains en jouant avec leurs pouvoirs extraordinaires.
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illusions champêtres

Sorti sur grand écran en France avec plus de vingt ans de décalage, Pompoko, sans doute longtemps jugé trop « japonais », est pourtant l'une des plus belles réussites du studio Ghibli. Une fable écolo, rigolote et magique, mais que le fatalisme d'Isao Takahata vient teinter d'une intelligence déchirante.

Comparse indissociable du célèbre Hayo Miyazaki dont chaque réalisation porte une vision aérienne, légère et fabuleuse de l'animation, Isao Takahata est beaucoup moins identifié par chez nous. Pourtant son œuvre, plus courte mais tout aussi puissante, reste essentielle, répondant presque avec frontalité et dureté aux contes enfantins et enjoués de son ami et collègue (si l'on excepte le récent Le Vent se lève), en se rapprochant au plus près de la réalité, avec un regard souvent plus dur, plus didactique. Impossible d'oublier le déchirant Le Tombeau des lucioles, mais ses autres réalisations, moins dramatique certes, n'en sont pas moins de pur joyaux cinématographiques allant de l'évocation sentimentale du retour à la vie campagnarde (magnifique Omoide Pororo) à la farce urbaine avec Mes voisins les Yamadas. Produit en 1994, justement entre les deux titres cités, Pompoko est étonnamment la continuité du premier, tout en annonçant le ton truculent et décalé du second. On y découvre à la fin des années 60, les sympathiques Tanuki, chiens de prairies japonais, refoulés de leur territoire naturel par l'expansion urbaine du nouveau Tokyo. Un pitch hérité de Miyasaki, qui devient la description dramatique de la disparition d'un monde, ravagé par la bêtise humaine, et de celle évidement d'une culture entière. Car outre des symboles du règne animal, les tanukis font aussi partis des légendes nippones pour leur capacité, comme les renards, à se transformer à volonté.

 

partir en chantant


Aux pelleteuses, aux déracinements des arbres, ces personnages rigolards, festifs, flemmards, pensant le plus souvent qu'à chanter, bâfrer et copuler (oui c'est un film familial), vont devoir renouer avec leur savoir ancestral. C'est la force ultime du film, qui transforme une magie traditionnel en sujet métaphysique, écologique et culturel, tour à tour source de transmission, de comédie (le tanuki qui ne se transforme pas est à mourir de rire) et de survie. Le message du film est limpide, peut-être parfois un poil trop rabâché, mais forcément essentiel, et le film lui-même réussit à nouveau le tour de force du Tombeau des lucioles : faire oublier un temps la finalité nihiliste annoncée dès les premières minutes. Avec une poésie incroyable, un humour d'une rare fraicheur, un réalisme singulier, Takahata, accompagné de joyeuses chansons folkloriques, fait littéralement adorer ce petit monde simple et farceur des tanukis, incroyables lorsqu'ils étendent leurs roupettes (c'est culturel qu'on vous dit) pour en faire tout et n'importe quoi. Toujours touchant, souvent émotionnellement violent (merci pour la boule au ventre), Pompoko profite au passage largement des talents du studio Ghibli pour donner corps à cette féerie, entre les designs changeants (naturalistes, caricaturaux, anthropomorphiques) des petits héros, des décors bucoliques d'une impressionnante richesses d'évocation et certainement une animation à la souplesse sans pareil. Apogée de deux heures de génie animé, la grande parade phantasmatique qui envahit les rues de la nouvelle ville, compilation inoubliable d'esprits et de fantômes en tous genres (inspirés des contes popularisés par Lafcadio Hearn et des films consacrés aux Yokai) est ainsi aussi belle que drôle, mais à l'arrivée un authentique crève-cœur. Car malheureusement tout est joué d'avance et les pauvres tanukis ont déjà perdu la guerre. Mais quelle somptueuse bataille !

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Sachant s'imposer auprès de Disney, le studio Ghibli refuse catégoriquement de retoucher plus que de raison leurs productions à la manière des grands classiques Disney, certes excessivement propres, mais qui pour quelques exemples (Cendrillon, Blanche Neige) perdent un peu de leur naturel. Cela n'empêche pas la restauration d'être particulièrement admirable avec un master entièrement nettoyé de ses scories, taches et légères instabilités, révélant un trait d'une rare précision. C'est magnifique, autant dans les grandes séquences animées (ces contrastes !) que dans l'exploration somptueuse des décors dessinés à l'ancienne. Le piqué est parfait, la gestion des couleurs idéale, et surtout le film garde jusqu'au bout sa nature organique, vibrante, de film d'animation conçu en cellulos. Le petit grain est là, l'âme du métrage aussi.

 


Son :
Même intransigeance du coté des pistes sonores qui ne sont aucunement retravaillée pour apporter une dynamique 5.1 (ou autre) qui ne correspond pas à l'expérience initiale. Ici les versions japonaise et française ne sont disponibles qu'en 2.0, avec de légers effets sur les enceintes latérales, qui profitent clairement d'une remasterisation DTS HD Master Audio. Le rendu est extrêmement clair, pur, et délivre tout de même une vraie sensibilité, autant dans le jeu des acteurs (en vo), que des superbes musiques et chansons signées par Manto Watanobe et son équipe.

 


Interactivité :
Comme beaucoup de sorties vidéo ancienne de Ghibli, Pompoko ne comporte qu'un seul et unique supplément, hérités des premiers DVD japonais : l'intégralité du film en story-board et croquis. Un bon moyen de découvrir l'architecture du film et de comparer avec la version finalisée, surtout qu'il est désormais possible d'en profiter en PiP c'est-à-dire avec une fenêtre faisant cohabiter les deux étapes. Bon, on n'aurait pas dit non à un making of ou une interview de Takahata...

Liste des bonus : Storyboard intégral du film en mode image dans l'image (PiP), Bande-annonce.

 
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