SOS FANTôMES 1&2
Ghostbusters 1&2 - Etats-Unis - 1984 / 1989
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « SOS Fantômes 1&2 »
Réalisateur : Ivan Reitman
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais, français et allemand DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français, anglais, allemand, espagnol…
Durée : 209 minutes
Distributeur : Sony
Date de sortie : 1 octobre 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « SOS Fantômes 1&2 »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Trois professeurs, Peter Venkman, Raymond Stantz et Egon Spengler, chercheurs à l'université, sont virés de leurs postes. Dès lors, ils décident d'ouvrir une société d'investigations paranormales nommée SOS Fantômes. Rejoints par un quatrième membre, Winston Zeddemore, ils deviennent bientôt le seul espoir du monde face à Gozer, un dieu sumérien malveillant qui se téléporte dans notre monde grâce à un immeuble maléfique érigé par ses fidèles à Central Park West, dans la vil...
Partagez sur :
Who you gonna Call ?!

Alors que le troisième volet des aventures de nos amis chasseurs de fantômes sera bientôt mis en scène par Paul Feig (Les Flingueuses, Mes Meilleurs amies) pour une sortie prévue en 2016, le film est aujourd'hui une véritable interrogation pour tous les fans. Des rumeurs sur un casting toujours plus fou ou une nouvelle troupe d'héroïnes sacrément intrigantes, c'est la sueur au front mais aussi la bave aux lèvres que la rédaction attend le nouveau rejeton mi-hommage, mi relecture du mythe. Quoi qu'il en soit et pour patienter jusque là, on vous offre un petit « retour vers le futur » maison avec un coup de projecteur vers ces deux pépites ayant bercé tant de jeunes années. Les portes de l'enfer sont mortes de rire et s'ouvrent à nous pour un diptyque inoubliable.

Film culte de toute une génération (celle du Saturday Night Live) et porté à bras le corps par une équipe hyper impliquée (du réal aux comédiens en passant par le scénariste ou le compositeur), SOS Fantômes n'a eu de cesse que nous émerveiller avec ses ectoplasmes dégoulinants et autres fantômes gourmands. Un vrai souvenir de comédie familiale en somme et dont les vannes cyniques à triple niveau de lecture trouvent aujourd'hui encore un certain écho. Mais 30 ans après la découverte des sublimes jambes de Ripley, que reste-t-il de ce pari filmique burlesque entremêlé de fantastique ? Pitch exceptionnel aujourd'hui évident, l'idée est en réalité bien plus surprenante à l'époque. Ici, des professeurs de faculté œuvrant sur les fantômes se vont virer par le doyen et décident d'ouvrir leur société de capture d' « êtres paranormaux »... Un postulat bateau avant de combattre Gozer : un dieu sumérien revenu d'autre tombe pour dominer le monde ! Métrage fou et sacrément couillu, le film vaut ainsi autant par sa loufoquerie que par son avant-gardisme. Et SA bagnole!

 

"zuuuul !"


Parce que oui, S.O.S Fantômes est bien plus complexe qu'une simple farce farfelue. Tout d'abord, Ghostbusters c'est des recettes de 300 millions de dollars (10 fois son budget !), un British Academy Film Award pour sa chanson originale, une nomination aux Oscars des meilleurs effets visuels (ceux de Richard Edlund et The Entertainment Effects Group, responsable (entre autres) des effets spéciaux pour La Guerre des étoiles) ou trois Golden Globes... On passe bien entendu sur les CD, jouets, séries animées, jeux vidéo etc. Phénomène devant autant aux trucages et une architecture gothique inattendue et efficiente qu'à ses bibliothèques poussiéreuses donnant vie à une ville magnifiée (une Gotham avant l'heure ?), le film de Reitman devient instantanément culte.

Sorti de l'imagination débordante d'un Dan Aykroyd au sommet de sa gloire en 1981, l'idée s'impose d'elle-même après la lecture d'un article sur la physique quantique (The Journal of the American Society for Psychical Research). Ayant grandi dans une famille où le paranormal et autre spiritisme tenaient une place particulière, l'un des Blues Brothers saute le pas et devient la coqueluche de tous les moins de 30 ans. Histoire de potes écrite à 6 mains avec Eddie Murphy (qui cèdera sa place à Ernie Hudson pour jouer Le Flic de Beverly Hills), c'est la mort d'une overdose du troisième larron : John Belushi, qui donnera au film une toute autre signification. Ce film sera pour lui. Et qui de mieux que le fantasque Bill Murray pour lui rendre hommage ? Reitman lui-aussi est de la partie et fait vite évoluer une histoire sombre et difficile à vendre (à l'origine, ça se passait dans l'espace et un New York futuriste !) à un futur succès historique. Une fois la Columbia convaincue, c'est une année de réécriture, tournage, montage, casting et des vannes, encore des vannes qui achèvent le projet. Weaver réussit à casser son image de garçon manqué qui défonce des aliens et devient l'un des phantasmes des 80's. Harold Rami lui est très convaincant (réalisateur du superbe Un jour sas fin, il décèdera à 69 ans le 24 février 2014) et restera gravé dans les mémoires.

Tournant des scènes à l'arrache et sans autorisation ( !?) dans la ville du crime en exaltant son aspect théâtrale, culturel et en forme de déclaration d'amour : SOS Fantômes transpire la bonne humeur. Et force est de constater que la Grosse Pomme semble bien leur appartenir ! Charismatique et cabotin, Bill Murray crèvera l'écran et les comédiens semblent tous avancer de concert.

 

"On est venu, on a vu et il l'a eu dans le cul !"


Mélange habile de comédie burlesque, de bric à brac fabriqué à la hâte, de comédiens au panthéon et d'un script aussi original qu'efficace, le film trouve le juste équilibre entre une ambiance saupoudrée d'angoisse, des gags hilarants et un final dantesque. Le film aurait pourtant vite pu tourner en rond. Des fantômes, encore des fantômes, toujours des fantômes ? Rien de cela. Inutile de vous raconter l'intrigue, vous avez sans doute vu le film une bonne centaine de fois (au moins 30 si on compte Noël). La pellicule semble en effet aujourd'hui se poser en véritable porte étendard de son époque entre bienveillance, comédie, rassemblement et patriotisme inoffensif. Phénomène pop où les enfants se déguisent en chasseurs de fantômes à Halloween et les radios diffusent jusqu'à l'épuisement LA chanson, le film fait de ses protagonistes des superstars et influence par ce subtil cocktail d'effets spéciaux et de stand-up toute une génération de cinéphiles. De Fantômes contre fantômes à Retour vers le futur.

Alors oui c'est vrai le film a pris un petit coup de vieux (certains effets spéciaux font vraiment cheap) à l'instar des Goonies par exemple, et alors ? La mayonnaise prend et la complicité est évidente. Des ectoplasmes vert fluo, une ville-cathédrale menaçante et protectrice à la fois, un démon antédiluvien, un marshmallow géant (merde le spoil !) et les jambes de Sigourney Weaver... Que rêvez de plus en 1984 ?

 

"c'est une rivière de slime !!"


Si ce n'est has-been alors au moins passé de mode : en 1989 l'oubli guète au dessus de l'épaule l'équipe des Ghosbusters... Émissions TV bas de plafond, goûters d'anniversaire ou recherche scientifique vaine, l'équipe autrefois soudée semble irrémédiablement disloquée au début de ce second opus... Heureusement pour nous, la même dream team s'offre vite à nos mirettes et, par une pirouette scénaristique prétexte, réveille sans prévenir nos zygomatiques ! Passons donc en mode vitesse lumière sur le scénar car force est de constater que Ramis et Aykroyd ne se sont franchement pas foulés pour réinventer leur poule aux œufs d'or. En effet, le script ressemble quasiment ligne par ligne à son illustre prédécesseur donc inutile de chercher ici quelconque innovation... Retour à l'anonymat ou répétition de gags, c'est dans sa fainéantise qui lorgne fortement (trop ?) vers la structure narrative du premier que ce Ghostbusters 2 se drape sous les oripeaux de l'adage : « on prend les mêmes et on recommence ! ». Malgré ces facilités éminemment agaçantes, rendons à César ce qui lui appartient. C'est ainsi à notre plus grande surprise que le métrage lui-même nous convainc qu'il n'est pas dupe. Une pub utilisant le morceau de Ray Parker Jr, des taglines en forme de clins d'œil comme : « Le pack proton n'est pas un jouet !» ou des tonnes de regards complices n'en sont à l'évidence que quelques exemples. Une mise en abyme assumée et qui permet au moins au film d'entrelacer réel et fiction avec une connivence sacrément jouissive.

 

Bis repetita


Apparition fantomatique, grand méchant, alternance de comédie et de fantastique saupoudrée de frayeur, lieu caractéristique de la ville (Le Musée), un géant qui déambule à la fin... Avec le recul et ces quelques lignes directrices, impossible de nier que les producteurs nous prennent pour des truffes... Et pourtant, la magie opère, malgré tous nos efforts pour ne pas tomber dans le panneau... Sortant sur les écrans américains le 16 juin 1989 (le 15 décembre en France) pour un budget presqu'équivalent de 37 millions de dollars, le film se rembourse quasiment dès le premier week end. Le public retrouve alors ses coqueluches et s'avoue prêt à pardonner toutes les maladresses mercantiles ou artistiques. Pour autant : Bill Murray est toujours aussi fendard, Sigourney Weaver excelle une nouvelle fois, la relation entre Janine et Louis réserve de vrais moments de poïlade et Vigo est pour l'auteur de ces lignes une incarnation du mal inoubliable pour un enfant de 89. De la Mésopotamie aux Carpates ou par le prisme d'une peinture, on tombe souvent au fil de ce Ghosbusters 2 sur une évidence : c'est chouette mais tout semble moins réussi que dans le premier. Des gags aux surprises en passant par le rythme et l'investissement, tout a un goût de déjà vu, la mièvrerie en plus... Sans pour autant crier au scandale, le film aurait donc pu ne pas seulement se reposer sur ses lauriers et nous offrir encore plus de moments de bravoure (Le trou dans la cinquième avenue, le train fantôme, le Titanic...). En l'état : on aimera ad vitam aeternam cette star de vidéoclub, synonyme ému de soirées pyjamas inoubliables.

Une nostalgie malheureusement impossible à concilier avec la justesse et l'objectivité. Alors on s'en fout, Ghosbusters c'est mortel pour toujours, point final.

Jonathan Deladerrière
























Partagez sur :
 

Image :
On aurait pu penser avoir tout vu avec l'arrivée du Bluray et de la HD. Pourtant le format en gardait encore sous le capo comme le prouve les premières rééditions en 4K promettant à chaque fois une redécouverte totale du film. Pas franchement éblouissant, mais correct, dans sa première mouture, SOS Fantômes profite luxueusement de ce nouveau transfert avec un master ayant profité d'un travail considérable sur le grain, le bruit, la définition et les couleurs. L'image est tout simplement superbe, rectifiant les nombreuses traces de l'âge tout en adoucissant intelligemment les petites faiblesses techniques d'un métrage imaginé comme une production indépendante et improvisé. Les couleurs retrouvent enfin leur palette naturelle (bien moins rougeaude que la précédente), tandis que les effets spéciaux s'intègrent sans failles dans le tableau global. Mais si cette édition de SOS Fantômes séduit autant, c'est forcément pour son piqué, imparable et précis, qui révèle des tonnes de détails presque invisibles jusque-là, et donne une superbe profondeur aux rues de New York.
Le choc est forcément un peu moindre avec SOS Fantômes 2, qui dès sa production avait profité d'un confort technique plus appréciable. Le master 4K n'en est pas moins beau avec une tenue tout aussi pointilleuse, des couleurs chaudes délicatement posées et des noirs implacables.

 


Son :
Entièrement remasterisé pour de nouvelles pistes DTS HD Master Audio 5.1, les versions originales gagnent immédiatement un volume inédit, des ambiances bien plus poussées et surtout une clareté de tous les instants. On pourra remarquer que ces qualités sont nettement plus poussées sur SOS Fantômes 2, une fois encore grâce au un travail initial (c'était un authentique blockbuster à sa sortie), mais que le premier film, parfois légèrement en retrait sur les passages plus spectaculaires, préserve du même coup ses petites aspérités arty... et une éblouissante retranscription des effets musicaux d'Elmer Bernstein. Presque aussi culte que les films eux-mêmes, les versions françaises ne sont pas en restes avec un simple Dolby Digital 5.1 pour le second (inédit tout de même) et surtout un DTS HD Master Audio 5.1 de bel accabit pour le premier.

 


Interactivité :
Proposés d'un même coup dans le même boitier et pour une somme incroyablement modique (15 euros !), cette édition de SOS Fantômes 1&2 est une belle suprise. D'autant plus que l'aspect technique a été excessivement soigné et que la partie bonus a la bonne idée de reprendre tous les suppléments déjà présents sur la précédente édition HD pour le premier film. Une matière déjà bien conséquente avec le commentaire audio du réalisateur, un reportage sur la restauration d'Ecto 1, des vidéos d'archives (interviews, scènes coupées, clip mythique) héritées du très recherché Laserdisc. Et il ne faut surtout pas oublier le mode « slime » qui permet d'accéder à nombre d'anecdotes et d'information grâce un PiP très vivant. Seul segment véritablement inédit, l'interview rétrospective d'Ivan Reitman et Dan Aykroyd n'apprendra pas forcément grands choses aux fans, mais reste un petit moment agréable à passer avec ces lascars. Ils sont d'ailleurs de retour pour SOS Fantômes 2, avec la suite directe de la vidéo s'intéressant cette fois à la production du second film (et l'impact considérable du dessin animé et des goodies sur le métrage...), mais aussi de l'hypothétique 3ème épisode, dont le scénariste évoque quelques-unes des pistes toujours à l'étude. Ce disque là est d'ailleurs largement plus léger avec une tout petite poignée de scènes coupées et le clip de la chanson thème.

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus SOS fantômes : Commentaire audio d'Ivan Reitman, Harold Ramis et Joe Medjuck, « Slimer Mode » : interviews, anecdotes, fiches personnages et fantômes en cours de visionnage (PiP), Galerie posters, « Who You Gonna Call? : rétrospective Ghostbusters » : entretien avec Dan Aykroyd et Ivan Reitman (24'), « Ecto-I : la renaissance d'une voiture classique » (16'), « Garage Ghostbusters » (5'), Présentation du film de 1984 (10'), Acteurs et équipe du film : interviews (11'), Les effets spéciaux (15'), Scènes du cimetière : 10 scènes coupées (8'), Prises TV alternatives (2'), 3 comparaisons en multi-angles avant/après effets spéciaux (6'), 3 comparaison film/storyboard (6'), Clip : « Ghostbusters » de Ray Parker Jr. (4'), Bande-annonce.
Liste des bonus SOS fantômes 2 : « Le temps n'est qu'une fenêtre : SOS Fantômes 2 et au delà » : entretien avec Dan Aykroyd et Ivan Reitman (16'), 7 scènes coupées (7'), Clip : « On Our Own » de Boby Brown (4'), Bandes-annonce.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021