AMERICAN NIGHTMARE 2 : ANARCHY
The Purge : Anarchy - Etats-Unis - 2014
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Thriller
Réalisateur : James DeMonaco
Musique : Nathan Whitehead
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS-HS Master Audio 5.1, Français DTS 5.1
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 103 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 24 novembre 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Los Angeles, dans un futur proche. La purge annuelle est annoncée : le temps d’une nuit, les citoyens sont autorisés à régler leurs différends et à se débarrasser de leurs pulsions violentes. Dans ce climat de chaos, nombreux seront celles et ceux qui tenteront de sauver leur peau.
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exutoire

Suite directe d'American Nightmare sorti l'année passée, American Nightmare 2 : Anarchy poursuit dans la veine frontale initiée par le premier volet. Série B calibrée et plutôt bien exécutée, le long-métrage de James DeMonaco se visionne sans déplaisir mais souffre d'un traitement qui flirte souvent avec la complaisance. Faussement subversif, il finit même par glorifier la violence qu'il prétend dénoncer. Mauvaise pioche.

Thriller d'anticipation oblige, American Nightmare 2 nous envoie en l'an 2022, sur le pavé luisant de la cité des anges. Les Etats-Unis sont depuis peu gouvernés par de nouveaux pères fondateurs. Afin de maintenir un faible taux de chômage et une criminalité zéro, le gouvernement a légalement mis en place une période annuelle de douze heures, durant lesquelles toute activité criminelle est tolérée. Cette nuit d'exactions, officiellement baptisée « La Purge », permet à tout un chacun de régler ses comptes, de libérer ses instincts bestiaux et de s'adonner aux pires infamies. En pleine guérilla urbaine, un jeune couple violement pris en chasse croisera la route d'un ex-flic assoiffé de vengeance. Assaillies de toutes parts, les proies n'auront de cesse de déjouer les pièges vils et vicelards de leurs prédateurs.

 

dans l'air du temps


Tourné en caméra HD, le film de James DeMonaco capte assez finement les lueurs nocturnes de la ville, l'imprévisibilité du macadam et les ambiances abyssales de Los Angeles. Grâce à un montage rythmé et une succession de plans aériens furtifs mais diablement efficaces, le cinéaste transforme la mégalopole californienne et un immense et tentaculaire terrain de chasse. A n'importe quel carrefour, une camionnette risque de surgir en trombe, avec à son bord une horde de pilleurs-lyncheurs armés jusqu'aux dents. Munis de battes de baseball, de pieux cloutés, de Glocks 9mm ou de puissants fusils d'assaut, les loups se terrent partout : au fin fond de parkings souterrains, au détour d'un échangeur sordide ou à l'angle d'une impasse coupe-gorge. Grimés et cagoulés, en skate, bi-cross, motos, bagnoles ou camions, ces guerriers de la nuit se révèlent plutôt cinématographiques et American Nightmare 2 : Anarchy bénéficie d'un traitement visuel hyper-soigné, voire carrément léché. Et c'est là que le bât blesse. A l'heure où nous écrivons cet article, la réalité dépasse une nouvelle fois la fiction et, du Missouri à Chicago, la population se dresse contre les violences policières et les discriminations raciales.

 

history of violence


Inscrit dans son époque, American Nightmare 2 : Anarchy se veut un brûlot politique. Une dénonciation masquée des dérives inhérentes à la contrée de l'Oncle Sam, à savoir la violence institutionnalisée et la prolifération inquiétante des armes à feu. Mais la patine ultra-soyeuse du film atténue fortement le propos. Il aurait fallu davantage de crasse, de fiel et de déviance pour véritablement relever de la subversion. James DeMonaco déploie ses scènes de barbarie avec bien trop de plaisir et de soin pour que la critique percute. Les élans meurtriers des protagonistes ne sont que prétexte à un déballage de clinquant savoir-faire, les échauffourées sont chorégraphiées au pixel près, les balles pleuvent à la manière d'une grande fiesta pyrotechnique et les saillies d'hémoglobine giclent à foison, mais sans jamais sortir du cadre parfaitement défini de votre écran 16/9. On dirait du punk passé à la moulinette de MTV. De la guerre civile à destination des smartphones et autres tablettes numériques dernier cri. Au risque de passer pour une bande de «old-timers», nous vous conseillerons de revoir Les Guerriers de la Nuit de Walter Hill, Assaut (dont, ironie du sort, James DeMonaco a scénarisé le remake) et New York 1997 de John Carpenter ou encore Vigilante de William Lustig. Ces films traitaient du même thème, mais ils proposaient un véritable regard de cinéma, doublé d'une authentique fureur créatrice. Du nihilisme, certes, mais orchestré de main de maître.

Gabriel Repettati








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Image :
Universal fournit un transfert HD d'excellente facture. Idéal pour le home cinéma, le blu-ray d'American Nightmare 2 : Anarchy dispose d'un étalonnage parfaitement équilibré. Profondeur des teintes nocturnes, éclat des teintes diurnes, netteté quasi-chirurgicale du piqué, précision tranchante des contrastes... Le rendu visuel en impose et nous permet de découvrir Los Angeles sous toutes les coutures.

 


Son :
Les pistes sonores sont tonitruantes et le score plutôt anxiogène colle bien à cette atmosphère de fin du monde. Les M-16 crachent leurs salves en rafale et se répercutent aux quatre coins de votre salon, les bolides vrombissent et les redoutables rats des villes s'époumonent de manière assez opératique. Ambiance cathartique garantie.

 


Interactivité :
Des modules succincts et dispensables accompagnent l'édition haute-définition. En plus de sempiternelles scènes coupées sans intérêt, James DeMonaco et les acteurs (dont le méconnu Franck Grillo, gueule de série B habituée des rôles de flics et d'Italo-américains) nous éclairent sur les inspirations et les conditions de tournage parfois délicates d'American Nightmare 2 : Anarchy.

Liste des bonus : Scènes coupées, « Behind the Anarchy ».

 
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