LAST SEDUCTION
The Last Seduction - Etats-Unis - 1994
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Image de « Last Seduction »
Genre : Thriller
Réalisateur : John Dahl
Musique : Joseph Bitarelli
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 110 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 15 septembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Last Seduction »
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LE PITCH
Ambitieuse, sans scrupule, Bridget Gregory est mariée à Clay, un médecin corrompu, auquel elle dérobe 700 000 dollars qui étaient destinés à la pègre. Elle quitte New York et s’enfuit pour Chicago. Poursuivie par un détective privé à la solde de Clay, elle entraîne dans ses activités criminelles Mike, un bellâtre rencontré en chemin. Inexorablement, un redoutable piège se met en place…
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Assurance sur votre mort

L'un n'est plus qu'un téléaste enchainant les épisodes sans passion, l'autre a presque totalement disparue des radars, et pourtant en 1994 leur rencontre faisait de sacrées étincelles. Car lorsque John Dahl, le réalisateur de Red Rock West, et une jeune Linda Fiorentino revisitaient avec un déhanché salasse les ruelles du film noir, ça avait du chien.

 

Perdu dans les coulisses de la (plutôt bonne) télévision depuis le début des années 2000, John Dahl n'est plus une signature mais bien un habile faiseur apportant une réalisation efficace et propre à quelques productions comme True Blood, Dexter ou Californication. Mais à ses débuts, ce dernier était pourtant le jeune loup du thriller moderne, faisant ses dents avec les très séduisants Kill Me Again et surtout Red Rock West. Troisième long métrage de Dahl, Last Seduction fut en partie produit pour la télévision (avec une diffusion sur HBO avant la sortie salle), mais démontre clairement du regard pertinent qu'il portait au sacro-saint film noir. Dans un contexte actuel (celui des 90's), la fameuse fatale autrefois victime autant de sa beauté que de son avidité, n'a plus d'échappatoire ou de rédemption possible puisqu'elle est du début à la fin une authentique garce, une saloperie manipulatrice moulée dans une courte robe noir sexy en diable. Le regard brulant, mais le visage glacé, Linda Fiorentino (Men in Black) s'accapare la caméra et les regards des hommes, mais surtout appose sa main et son intelligence machiavélique sur l'intégralité du scénario. Le pauvre mari délaissé et délesté de 700 000 dollars se transforme en bouffon pathétique (Bill Pullman, excellent comme toujours) et la gentille belle gueule, l'amant, en crétin naïf, amoureux et monté comme un cheval (Peter Berg, futur réalisateur de Very Bad Thing).

Veuve noir & veuve poignet

Elle use les hommes comme des toyboy et les épuise, joue la victime éplorée auprès des paternalistes de service, creuse les failles des mâles et en fait ses jouets autant sexuels qu'utiles sur un échiquier qui lui offrira son superbe appart dans les quartiers huppés de NY. Bridget est un monstre d'intelligence, mais aussi un monstre tout court, version arrogante et aguichante de la working girl, de la femme à poigne qui ici écrase les noisettes la clope au bec et le sourire au bord des lèvres. Futur co-auteur du Domino de Tony Scott, Steve Barancik signe un scénario terriblement habile, jonglant avec les codes et les clichés du genre tout en les respectant à la lettre, et surtout des dialogues précis, tranchants, baignant dans l'ironie cruelle et les saillies revanchardes, à même de révéler la médiocrité du « sexe fort » et au passage d'égratigner l'image doucereuse de l'accueillante grande banlieue profonde. Profitant de la très belle lumière de Jeff Jur (ils se retrouveront sur le sous-estimé Une Virée en enfer et la série Dexter), John Dahl se montre par contre un peu moins inspiré visuellement que sur ses autres long métrages. Si certaines séquences encadrent définitivement Last Seduction dans la filiation avec la beauté plastique des vrais films noirs, la caméra semble tout de même souvent bien fainéante, trop télévisuelle et sobre, pour donner un essor supplémentaire à un objet au demeurant plus qu'attractif. La voix grave et suave de Fiorentino, son affirmation d'une féminité vorace et son tranchant, fera de toute façon oublier le reste.
Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Déjà pas forcément très bien servi en DVD (mais ça passait), Last Seduction n'est malheureusement pas franchement aidé par son master HD. Un master qui depuis 2-3 ans apparait sur différents continents et qui a été effectué par l'ayant droit ne laissant que peu de choix aux éditeurs. Dommage, la copie se morfond dans un mélange de lissage intempestif, d'artefacts réguliers et de définition aléatoire qui ne rendent vraiment pas honneur à la photographie racée de Jeffrey Jur. Reste heureusement des teintes réhaussées par rapport à autrefois et des noirs qui s'accrochent du mieux possible. Décevant.

 


Son :
Les deux pistes Dolby Stéréo d'origines, française et anglaise, nous parviennent ici dans des DTS HD Master Audio 2.0 bien soignées et très efficaces. Un son clair et direct qui se dote même parfois de quelques atmosphères joliment dynamiques.

 


Interactivité :
Elephant reprend ici la quasi intégralité des suppléments proposés sur l'édition américaine de Scorpion Releasing, excepté le commentaire audio du réalisateur (ce qui est devenue une habitude en France désormais). Le programme s'avère tout de même plus que complet avec un making of rétrospectif de 2006 bien brossé et généreux en interviews, un détour du coté des coulisses du tournage, et une belle masse de scènes coupées qui constituaient autrefois le director's cut croisé sur un DVD collector anglais. Pour aider le spectateur à bien placer ces segments dans le contexte du film, le montage laisse couler les séances intégrales où viennent s'ajouter ces éléments en qualité VHS. D'où une durée de presque une heure pour une petite vingtaine de minutes essentiellement focalisées sur la relation ambiguë entre Bridget et Mike. Dans le même ordre d'idée, suit une fin alternative un peu trop longue et moins frappante que celle choisie pour le montage final.
A tout cela notre éditeur français à jugé bon d'enregistrer une présentation signée David Mikanowski (Le Point Pop) qui du coup s'efforce de redorer le blason du réalisateur John Dahl et son approche du neo film noir et ses liens indirectes avec la carrière plus populaire d'un certain Quentin Tarantino.

Liste des bonus : Le film par David Mikanowski (24'), Scènes coupées (59'), Fin alternative (11'), Making of (30'), Sur le plateau (8'), Bande-annonce.

 
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