TWIN PEAKS INTéGRALE EDITION PRESTIGE
Twin Peaks : The Entire Mistery - Etats-Unis / France - 1990-1992
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Twin Peaks Intégrale Edition Prestige »
Réalisateur : David Lynch, Mark Frost
Musique : Angelo Badalamenti
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 7.1 Anglais, Dolby Digital 2.0 français, espagnol, italien…
Sous-titre : Français, anglais, allemand, néerlandais…
Durée : 1637 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 29 juillet 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Twin Peaks Intégrale Edition Prestige »
portoflio
LE PITCH
Le corps nu d’une jeune femme étudiante est retrouvé emballé dans un plastique transparent, au bord d’un lac à Twin Peaks, petite ville de l’état du Washington. La jeune lycéenne assassinée est âgée de 17 ans, elle s’appelle Laura Palmer. Dale Cooper agent du FBI, est envoyé sur place pour mener l’enquête. La découverte du meurtre va bouleverser la vie paisible des 51 201 habitants de la petite ville, au cœur de laquelle une multitude de personnages et de destins vont se c...
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Une part de Cherry Pie

Attendu depuis des lustres, la sortie Bluray de Twin Peaks aura été plus qu'une bonne nouvelle. On s'attendait a un véritable travail sur les masters (fatigués) de la série, mais sans doute pas à un tel déluge éditorial : intégralité de la série, le film, le pilote en version longue, de nombreux bonus inédits.... Et les 90 minutes de scènes coupées de Fire Walk With Me. Le coffret Twin Peaks est bel et bien l'évènement Home Cinéma de cet été 2014.

Toile de maitre d'une trentaine d'heures environ (deux saisons, deux pilotes et des épisodes d'à peu près 42 mn), la série de pose aujourd'hui en prophète ésotérique et dramaturge des enfants plus ou moins maudits que furent X-Files ou Millenium. Méditation transcendantale ou plongée progressive dans une psyché malade, Twin Peaks n'exige qu'une chose: l'abandon. Celui d'un spectateur forcément décontenancé et dont le parcours initiatique (celui de la figure christique au milieu des apôtres de l'agent Dale Cooper) n'en sera que plus inoubliable. Parallèle évident avec les écritures saintes, les thématiques évoquées sont en effet, au fil des visionnages, de plus en plus évidents. De la métamorphose d'une infirme (N. Hurlez) à la possession (Leland palmer) en passant par l'entourage nécessaire pour accéder à la félicité, l'excellant Kyle MacLachlan fonce tête baissée vers la (sa) vérité et n'évite aucun sévices. Le parcours lui sera dangereux et empli de souffrances. Il ressemble à s'y méprendre à tous les habitants de cette ville fantasmée: une plongée kitch, indéchiffrable et second degré dans ce concentré d'univers lynchien... Messie encravaté, allégorie éprouvante (zero happy end ici), Dale Cooper est un héros de Pasolini. Une vision désenchantée, une rêverie entêtante, une chambre remplie d'esprits maléfiques qui jure avec la déification d'un donut. Twin Peaks résiste à toute analyse et fascine.

 

twin Peaks : Le film


Relatant sous forme de préquelle les sept jours précédant le sauvage assassinat de Laura palmer, David Lynch, cabotin (et qui vient de recevoir une Palme d'or pour Sailor et Lula), semble défier du regard une critique aux abois. Cauchemar hallucinogène et kaléidoscope hypnotique, Fire walk with me est avant tout un étrange objet de fascination. A apprécier forcément après avoir vu la série et non l'inverse, l'étrange beauté plastique au cinéma (c'est pour le cas, une vraie œuvre d'art et un sacré tour de force) a ainsi rarement été aussi dérangeante et désagréable. Loin du malaise superficiel ressenti à la vision d'un Human Centipède, le spectateur pris en otage semble tout droit tombé dans un tourbillon émotionnel. Stroboscopique et bric à brac, la réalisation de Lynch nous fait perdre nos repères sensoriels et empiriques. Monté comme un clip de drum'n bass, le voyage onirique et assourdissant risque alors d'en laisser plus d'un sur le carreau. Difficile en effet de ne pas pointer du doigt certains excès précurseurs que le cinéaste laissera s'envoler dans Inland Empire ou divers projets artistiques (musique, arts plastiques...). Vous avez adoré l'ambiance feutrée et chaude de Twin Peaks : la série ? Pas sûr que la traversée du Styx version Lynch vous séduise. C'est en l'état une plongée abyssale et inoubliable dans une psyché crispante.

Pour lire la version complète de cet article, dirigez-vous vers la page du dossier sur Twin Peaks en cliquant sur le lien à gauche.

Jonathan Deladerriere






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Image :
Les fans de Twin Peaks ne peuvent que se réjouir en glissant l'un des disques de la série dans leur lecteur Bluray. Intégralement restaurée sous la supervision de David Lynch en personne, la série nous parvient dans un 1080p absolument réjouissant et particulièrement surprenant pour une série de ce début des années 90. Totalement immaculés, les masters affichent une précision impressionnante, avec un piqué totalement inédit, permettant de savourer plus que jamais les spécificités de la nature locale et la petite vie des différents décors utilisés. Les plans d'ensemble imposent une douce profondeur, tandis que les cadres resserrés révèlent les textures et les petits particularismes de chaque visage. Une image vivifiée, d'autant que les couleurs, tout en respectant les saturations initiales sur les teintes primaires (rouges, verts...), appuient des contrastes parfaits et maniérés. Summum du bonheur, les noirs omniprésents et inquiétants (dans la forêt surtout) sont d'une stabilité immuable, sans jamais destabiliser la tenue du piqué. Splendide tout simplement, la série fait alors un peu d'ombre au film, dont le master 1080p lui aussi, est directement issu de l'édition française proposée par MK2 il y a quelques temps. A cause sans doute d'une photographie d'origine moins profonde et de quelques manipulation numériques pour éluder les excès du grain, Fire Walk With Me semble toujours quelques pas derrière la série. Cela n'empêche pas la galette d'être tout à fait recommandable avec des couleurs bien tenues et une nature argentique présente et naturelle.

 


Son :
Propre mais oubliable, le doublage français uniquement disponible en Dolby Digital 2.0 n'est à réserver qu'aux épidermiques de la vost. En même temps, impossible de résister aux nouveaux mixages DTS HD Master 7.1. On avait déjà pu profiter du long métrage avec une spatialisation accrue, mais là, la puissance déployée dans les ambiances cauchemardesques, les sonorité cristallines de la musique et la spatialisation équilibrée des dialogues font des merveilles, avec quelques moments terriblement tendus (l'arrivée de David Bowie, le meurtre de Laura Palmer), autant que mystiques (l'ange final). Un film expérience qui assume ici pleinement sa démesure.
Forcément plus mesurée, la série tv profite elle aussi de cette nouvelle norme sonore, avec un résultat sans doute légèrement plus discret, mais tout aussi imposant. Les dialogues sont toujours placés sur les avants avec une limpidité fascinante, mais les sensations rejoignent régulièrement celle de Fire Walk With Me en rendant les chansons de Julee Cruise aussi enveloppante qu'envoutante et les différentes apparitions de « l'autre monde » massives et mouvantes. De la puissance, de la poésie, mais aussi et surtout un énorme travail sur les ambiances comme le vent qui anime les bois, la petite vie des rues de Twin Peaks ou les échos de la scierie. Pour bien mesurer l'efficacité de ce travail, il suffit d'ailleurs de visionner les segments "Atmosphère" qui tels des « économiseurs d'écran » laisse vagabonder les vidéos dans les différentes atmosphères de la série (la forêt, la chambre rouge, le café...) tout en rejouant les thèmes musicaux principaux et les effets sonores inoubliables. Assez magique en fait.

 


  Interactivité :
Attendue depuis des années, cette édition complète de Twin Peaks a vraiment tout pour faire acte de coffret    définitif. Le packaging tout d'abord particulièrement élégant avec à l'intérieur une suite de pages cartonnées contenant chacune l'une des galettes (10 au total) avec de très jolies photos de personnages où de lieux mythiques. Mais c'est bien la masse gargantuesque de bonus qui réjouit les complétistes avec un défilé de featurettes regroupant déjà tout ce qui avait été fait jusque-là. Les nombreuses interviews (SD) enregistrées pour la promo, quelques images des coulisses, les introductions de chaque épisodes par la femme à la bûche (restaurés et en HD), le retour sur les lieux du tournage ou le documentaire revenant sur le «phénomène» enregistrée au moment de la sortie du film. Mais malgré les heures de visionnages promies, tout cela va vite sembler anecdotique à cotés des bonus exclusifs à l'édition.

Plus complets et mieux produits que jamais, les nouveaux documentaires retracent enfin sans aucune langue de bois les coulisses de l'ensemble des productions Twin Peaks avec un segment sur le pilote, un autre pour chaque saison et enfin un dernier pour la production du long métrage. La plupart des acteurs, réalisateurs et créateurs (David Frost surtout, mais Lynch se réserve pour autre chose), délivre leurs souvenirs avec loquacité révélant une équipe souvient bien dubitative devant le succès possible de cet univers, mais toujours nostalgique en évoquant la liberté de création et la collaboration instinctive avec le réalisateur de Blue Velvet. Anecdotes, notes d'intentions, et ces documentaires dressent forcément le portrait d'un petit paradis perdu où les réalisateurs invités découvraient la possibilité d'un investissement total (du script à la postproduction) ayant l'agréable sensation de signer de véritables mini-films, tandis que le cast devait s'accorder avec les choix artistiques toujours étranges et à contre-pied de Lynch. Passionnant, et souvent amusant, de bout en bout, ces making of n'hésitent d'ailleurs jamais à évoquer les sujets qui fâchent comme l'incapacité de la chaine ABC à réaliser le potentiel de la série, quitte à la saborder en obligeant les créateurs à révéler la clef du mystère, ou la légère perte d'identité pendant la seconde saison à cause de la prise de distance de Frost et Lynch. Tous les secrets sont traversés comme la révélation qu'une troisième saison (avec l'Agent Cooper comme menace principale) était bel et bien envisagée. S'il n'est pas présent dans ces segments, David Lynch a tout de même participé à la profusion de bonus via deux segments moins classiques. Le premier « Une tranche de Lynch » le retrouve dans un café très Twin Peaks aux cotés de Mädchen Amick, Kyle MacLachlan et John Wentworth (monteur son), pour une conversation décontractée (dans le même esprit que celles vues sur les dernières éditions de Star Trek) autour de la série, avec une nette sensation de réelle camaraderie. Plus détonnant, « Entre deux mondes », le retrouve face aux interprètes de la famille Palmer (Ray Wise, Grace Zabriskie et Sheryl Lee), pour revenir autant sur la trajectoire des personnages que sur la collaboration entre les trois et le cinéaste. Avec à la clef pour ces derniers une redécouverte de l'une des scènes coupées du long métrage, montrant l'un des rares moments heureux de la famille. La frontière justement entre les acteurs et leurs personnages est d'autant plus ténue que le segment s'ouvre sur quelques minutes dans lesquels le réalisateur interroge directement les Palmer... donnant lieu à de très belles performances et en particulier à un grand moment de subtilité et d'émotion porté par Grace Zabriskie.

Mais ce que les fans attendaient était aussi une édition véritablement complète de Twin Peaks. Et de ce coté, ils ne peuvent être déçus non plus puisque la production à mis la main sur de nouvelles scènes coupées de la série (pas toutes dans des conditions optimales, mais peu importe) et qu'elle a, à juste titre, choisi de glisser sur le premier disque le fameux Pilote dans son montage international (intégralement restauré lui aussi), plus long d'une vingtaine de minutes et quasiment invisible depuis des années. Un exercice étrange, puisque forcé par les diffuseurs, mais qui aboutit à des visions sidérantes comme la fameuse séquence dans la chambre rouge, qui fut réintégrée directement dans la série, ou la révélation en Deus Ex Machina de l'identité du tueur : un certain Bob. Enfin, cerise sur le gâteau, le coffret contient le Saint Graal des fans de Twin Peaks : les scènes coupées de Fire Walk With Me. Un matériel plus ou moins décris depuis bien longtemps par certains des acteurs écartés du montage ou part David Lynch lui-même, et que ce dernier à choisi de proposer ici comme une sorte de long métrage parallèle de 90 minutes, aussi richement remasterisées, étalonnées et mixées que le film lui-même. Un trésor qui contient quelques petites trames secondaires qui raviront les fans de la série, mais qui effectivement la plupart du temps font office d'anecdotes ou de clins d'œil et auraient clairement alourdi le montage final. Cela ne les empêche pas d'être immensément sympathiques, plus que révélatrices... Quoi que certaines séquences, à l'identité phantasmatique propre au film peuvent s'avérer bien plus surprenantes et marquantes comme l'apparition de David Bowie et son voyage temporel largement plus développé (et plus clair) ou carrément un épilogue sidérant puisque bouclant la boucle avec le final de la seconde saison. Pas surprenant donc que l'on caractérise de coffret « The Entire Mistery » d'indispensable, non ?

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus : Épisode pilote en version alternative internationale (100'), Introduction des épisodes par la femme à la buche, « Twin Peaks Sneak Peeks », « Une tranche de Lynch », Matériel promotionnel, Scènes coupées de la série, Bêtisier, « Retour à Twin Peaks », « Guide des extérieurs », « Les archives de Glastonbury », «Cartes postales des acteurs », Interview des acteurs et de l'équipe de la série, « Des secrets venus d'ailleurs : la création de Twin Peaks », « Northwest Passage » : création du pilote, « Freshly Squeezed » : création de la saison 1, « Where We're From' : création de la musique, « Dans la nuit » (« Into the Night ») : création de la saison 2, « Les pièce manquantes du dossier » : scènes coupées ou alternatives du film (90'), Interviews autour du film tirées des archives, « Entre deux mondes », « Voyage à travers le temps : souvenirs des 7 derniers jours de Laura Palmer », « Réflexions sur le phénomène Twin Peaks », Galeries photos, Bandes-annonces, « Atmosphère ».

 
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