LAS VEGAS PARANO
Fear and Loathing in Las Vegas - Etats-Unis - 1998
Image plateforme « Blu-Ray »
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Réalisateur : Terry Gilliam
Musique : Ray Cooper
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby Digital 5.1 Anglais, français, allemand, espagnol
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 118 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 2 septembre 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Dans les années 70, Raoul Duke, journaliste, et son avocat de Dr Gonzo, partent pour Las Vegas, le coffre de leur voiture bourré de drogues interdites. Mais rapidement, leur voyage se transforme en un enchaînement de délires hallucinatoires…
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The Hangover

Parc d'attraction géant de l'Amérique moderne, Las Vegas n'a que rarement été aussi bien décortiquée que dans Las Vegas Parano, pamphlet psychédélique et totalement fou signé par l'auteur de L'Armée des 12 singes. Une chronique ahurissante d'une société en chute libre narrée par un duo d'acteurs (Johnny Depp et Bennicio Del Toro) totalement hystériques et pourtant visionnaires.

Quota étrange de la bande des Monthy Python (aucun de la bande ne comprenait ses expérimentations animées) puis réalisateur apocalyptique autant dans la démesure de ses projets (Brazil) que dans ses explosions de budget et de délais de tournage, Terry Gilliam est un cinéaste excessif sur tous les points. Pas étonnant que sa trajectoire croise à plusieurs occasions des œuvres aussi branques que lui, mais jugés totalement casse-gueules et inadaptables à l'image du developpement hell de sa version des Watchmen ou le désormais mythique et inachevé Don Quichote transformé en documentaire terminal : Lost in La Mancha. Bizarrement, au milieu de tout cela, il aura réussi à boucler une relecture hautement inadaptable des textes journalistiques d'Hunter Thompson, créateur exubérant du journalisme Gonzo qui transformait chacun de ses reportages en bataille autant stylistique que morale. Découvert, en grande part, dans les pages de Rolling Stone, son travail justement entre le papier de pigiste et l'œuvre littéraire auto-dévorante, donne pourtant naissance ici à un long métrage, mais dont la forme est forcément déroutante, bordélique, puisque embrassant totalement la quête de vérité du journaliste / personnage dans son entier. La théorie est simple : dans un monde délirant au la société de consommation et la dégradation des valeurs est devenue la norme, celui qui veut y survivre et la combattre doit repousser les limites et les faires voler en éclat.

 

Mushroom Power


Idéal en reporter déconnecté, totalement frappé et arpentant les contrées viciées de Las Vegas, Johnny Depp arbore un regard fou, un phrasé syncopée et une ironie dévastatrice, face à ses contemporains (l'Amérique des 70's mais pas que). Mais il paraît toujours plus sain que ces derniers, tournant en ridicule une convention sur les narcotiques, se moquant outrageusement du luxe des lieux qu'il visite et occupe comme un squatteur de l'extrême, soulignant la vulgarité d'une exploitation moderne de Gomorrhe. Accompagné d'un avocat (mais l'est-il vraiment ?) encore plus hautement paranoïaque et carrément dangereux interprété par un adipeux et puissant Benicio Del Toro, il casse tout ce qu'il touche, mais uniquement en révélant sa vacuité et son inconvenance. Toujours fasciné par les personnages borderline qui combattent la bête seuls contre tous (voir The Fisher King, Jabberwocky, Brazil...), Terry Gilliam filme la fresque comme un cartoon géant où le ton explosif d'un Tex Avery serait porté par une colère noire, aussi farouche que drôle, d'autant plus sidérante qu'elle filtre aux travers des effets des nombreux narcotiques que les deux énergumènes s'enfilent. Drogués jusqu'à la moelle, perdus entre les différents effets des différentes substances (acides et compagnies), leur réalité ne cesse de se distordre occasionnant autant des visions colorées et hilarantes (le cirque, les transformations en lézard libidineux), des séquences parfaitement flippantes et brulantes, qu'une perte définitive de repères temporels et spatiaux. Une fuite de la réalité comme un trip hallucinogène, mais qui souligne justement l'incapacité d'y échapper, rappelé par les images d'archives de la guerre du Vietnam où la tonalité constamment désespérée de l'entreprise. Enfant révolté de la révolution culturelle portée par les hippies et leur élévation libertaire, Las Vegas Parano en constate l'échec affligeant et préfère se perdre généreusement dans les délires de son antihéros, pourfendeur de dragons chimériques, vomissant son dégoût à la face de l'Amérique. Logique alors que le film ait tendance lui aussi à se perdre dans ses propres excès, sans début ni fin, sans queue ni tête, peuplés de redondance autant que de fulgurances sauvages.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Même si le film est passé des mains de TF1 Vidéo à celles d'Universal, il ne faut pas s'attendre à de grands miracles. Le transfert est en effet exactement le même que celui vu sur le HD DVD sorti il y a quelques années (à l'époque on l'on croyait encore au support) et marque terriblement son âge. Non pas que l'image soit atrocement détériorée, mais tout simplement que la copie n'est pas la hauteur des capacités actuelles avec des teintes qui poussent trop vers le rouge, quelques manipulations pour diminuer le grain qui impactent la précision et des séquences intérieur qui manquent de pèche. On notera aussi de lointains arrières-plans qui laissent filtrer brièvement quelques amas d'artefacts peu emballants. Reste des noirs bien pleins et certaines séquences assez remarquables au niveau du piqué et des contrastes.

 


Son :
Coup dur, seules les pistes Dolby Digital 5.1 sont présentées ici, avec qui plus est en anglais quelques effets parfois assez bordéliques, qui ne rendent pas franchement hommage aux interprétations, trop en retraits.

 


Interactivité :
Difficile pour les spectateurs français de voir une nouvelle édition du film sans aucun supplément. Même la featurette et la scène coupée proposé sur le bluray US d'Universal sont absents. On ne parlera même pas de l'édition Criterion (uniquement zone A donc) gavée de suppléments en tous genres (making of, storyboards, commentaires audio...), proposant un copie splendide et une piste DTS HD Master Audio 5.1 particulièrement généreuse.

Liste des bonus : Aucun.

 
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