TRUE DETECTIVE
Etats-Unis - 2013/2014
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « True Detective »
Réalisateur : Cary Joji Fukunaga
Musique : T Bone Burnett
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : DTS HD Master Audio 5.1 Anglais, DTS 5.1 français, néerlandais…
Sous-titre : Français, anglais, espagnol, finlandais…
Durée : 546 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 11 juin 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « True Detective »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Interrogés par les autorités, Martin Hart et Rust Cohle se remémorent leur enquête la plus célèbre. Pour ces ex partenaires de la Division des Enquêtes Criminelles de Louisiane, tout a commencé 17 ans plus tôt… En 1995, Dora Lange, une prostituée, est découverte atrocement assassinée ; la mise en scène du cadavre laisse penser qu’un tueur en série aux rituels occultes sévirait en Louisiane. Dès lors, la traque de l’assassin devient une véritable obsession pour Martin et Ru...
Partagez sur :
The Big Picture

Evènement télévisuel de l'année 2014 qui a presque réussi à faire oublier à certains la dernière saison du colossal Game of Thrones, True Detective est encore une réussite à apposer sur le sceau de la chaine HBO, mais aussi une sacralisation du polar moderne. Huit épisodes qui marquent et fascinent.

Dire que True Detective est un simple polar a tout de l'évidence, et la note d'intention est clairement posée dans le titre. La mini série d'HBO (une seconde saison est annoncé mais à priori sur d'autres bases) n'a rien d'une énième production dans l'air du temps piochant ses tics dans Les Experts et autres Mentalist, mais bien une enquête sèche, complexe et épaisse extirpant ses codes du roman policier réaliste et social à la manière des œuvres de Dennis Leheane (Gone Baby Gone lui aussi sur deux époques) qui justement dès ses premières heures ne fait absolument rien pour séduire ses spectateurs. Les premiers épisodes ressemblent d'ailleurs à s'y méprendre à une lente exposition, mettant en place les allez-retours entre l'enquête de 95 menée par Martin et Rust et les entretiens de 2012 de ces deux derniers, retirés des affaires (vraiment ?) par deux flics des plus suspicieux. Les mystères initiaux du premier meurtre, leur caractère rituel ne sont bien entendu que la partie immergée de l'affaire, tandis que les séquences « modernes » montrant les deux ex-flics ravagés par le temps y appose une couche de brouillard supplémentaire. Lentement, laborieusement, True Detective avance, accumule les indices et les fausses pistes, insiste sur l'aspect cérébral du cheminement de l'enquête et noyant volontairement cette dernière sous des échanges verbeux, parfois ésotériques et philosophiques, mais où rien n'est jamais gratuit. Collaborateur sur la version américaine de The Killing et surtout romancier de son état (Between Here and the Yellow Sea, Galveston) en est les grands orchestrateurs, producteur et scénariste de l'intégralité des huit épisodes, donnant à ses scripts une nette tonalité littéraire et dramatique.

 

les fleurs du mal


Pas étonnant donc que peu à peu l'idée même de la clef du mystère soient relativement prévisible, puisque l'idée principale de True Detective affleure, donnant la meilleure place à ses deux personnages, flics engagés, mais à la vie personnelle chaotique, et qui s'oppose à chaque instant entre les solides convictions de l'un et le caractère dépressif, fataliste (mais lucide) de l'autre, mais forcément réunis et hantés par l'idée d'une enquête inachevée. De vraie grands personnages de polar, charismatiques dans leurs failles et donc dans leur profonde humanité. Une écriture ciselée qui mine de rien offrent à Matthew McConaughey (Killer Joe) et Woody Harrelson (Tueurs nés) des rôles forts et complexes, qu'ils magnifient certainement, jouant sur toutes les facettes, en particulier en restant terriblement convaincant autant dans la période « jeune » que fatiguée. De toute façon True Detective réussit ce qu'il entreprend sur tous les points, installant une ambiance inquiétante et déliquescente de la Louisiane grâce aux compositions atmosphériques du musicien et producteur T Bone Burnett (il a collaboré avec Roy Orbison ou Diana Krall), et emballant le tout dans une mise en scène maitrisée, voir virtuose (le plan séquence démentiel de la fin du 4ème épisode) signée Cary Joji Fukunaga, réalisateur de Sin Nombre et Jane Eyre. Son léger maniérisme donne alors l'accent sur un polar presque mélancolique, ténébreux et parfois presque horrifique, se donnant des faux airs de Seven (l'aspect serial killer, la brutalité des crimes, la lente descente aux enfers) mais ressemblant bien plus à la chute identitaire d'un autre chef d'œuvre de David Fincher : Zodiac. Plus qu'un grand moment de télévision, les huit chapitres de True Detective sont un petit bijou noir, obsédant mais jamais manipulateur (pas de fausses surprises ou de revirements trop malins) qui malgré le désespoir omniprésent réussit à s'achever sur une lueur de rédemption par un simple regard vers les étoiles.

Nathanaël Bouton-Drouard










Partagez sur :
 

Image :
Parfois les spectateurs se posent la question de l'intérêt de redécouvrir une série récente en Bluray alors que la diffusion télé est déjà en HD. Mais clairement True Detective sert de démonstration tant la qualité technique de l'édition est exceptionnelle, presque parfaite. La saturation des couleurs, les teintes de peau, le tranchant des lumières et bien entendu, la profondeur des noirs, sont rendus avec une précision impitoyable, réussissant le mariage entre le réalisme de la restitution (pas un seul point noir à l'horizon) et les particularismes de la photographie transformant la Louisiane en décors de film d'horreur postindustriel. La précision du piqué, la rigueur de la compression, finissent de faire du coffret l'écrin idéal pour découvrir True Detective.

 


Son :
Même niveau d'excellence en ce qui concerne la piste originale DTS HD Master Audio 5.1 qui impose une restitution claire et limpide, particulièrement appuyée sur les dialogues, mais surtout compose entre la bande originale flippante de T Bone Burnett et les nombreuses ambiances sonores, un tableau étrange mais dynamique. Les insectes qui volent, un léger vent qui se lève, mais aussi une insurrection urbaine, un gunfight dans la nuit... Autant dans les détails que dans la démonstration de force, le mixage maitrise tous ses attributs et plonge littéralement le spectateur dans l'enquête... ou le cauchemar.

 


Interactivité :
Même si les bonus de True Detective apparaissent en nombre, ils ne semblent pas forcément à la hauteur des qualités de la série. Il y a bien un making of chapitré, mais ce dernier se révèle bien court et trop promotionnel pour vraiment étoffer la production, tandis que le segment sur la collaboration entre les deux acteurs principaux survole tranquillement quelques séquences clefs. Les petites coulisses de chaque épisodes, elles, se montrent parfois bien plus précises sur les motivations et les questions de production, mais se restreignent la plupart du temps autour de 3-4 minutes pour chaque. Un contenu un peu court heureusement rattrapé par l'interview croisée entre Nic Pizzolatto et T Bone Burnett qui évoquent certains choix musicaux et les travails d'ambiances. Reste les deux commentaires audio proposés sur les épisodes 4 et 5 et qui malgré quelques propos plutôt pertinents est uniquement disponible en VO, sans sous-titres.

Liste des bonus : « La création de True Detective » : coulisses (15'), « Auprès de Matthew McConaughey et Woody Harrelson » (8'), « Conversation avec Nic Pizzolatto et T Bone Burnett » (14'),  « Coulisses de l'épisode » (36'), Scènes coupées (10'), 2 commentaires audio de Nic Pizzolatto, T Bone Burnett et Scott Stephens (prod. exec.) (VO).

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020