LA CHAMBRE DES TORTURES – IMPORT UK
The Pit and the Pendulum - Etats-Unis - 1961
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Genre : Horreur
Réalisateur : Roger Corman
Musique : Les Baxter
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais PCM Mono
Sous-titre : Anglais pour sourds et malentendants
Durée : 81 minutes
Distributeur : Arrow Video
Date de sortie : 19 mai 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Un homme désespéré par le décès de sa femme sombre dans l'horreur en apprenant que celle-ci lui était infidèle.
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Les voix du sang

Réalisateur et/ou producteur de centaines de films bis et d'exploitation plus ou moins mémorables, l'illustre Roger Corman aura approché la perfection à quelques reprises et ce, surtout, avec sa série des adaptations d'Edgar Alan Poe dont La Chambre des tortures est le deuxième essai.

Enchainant les productions fauchées dédiées à quelques doubles programmes dans les cinémas de quartier, Roger Corman (La Petite boutique des horreurs) avait réussi à imposer à son distributeur, l'American International Picture, un budget plus confortable pour mettre en boite un film d'horreur gothique capable de rivaliser avec les grandes productions hollywoodiennes : La Chute de la maison Usher. Un film désormais culte et dont le succès ouvrit directement la porte à une série de huit films, toujours sous l'influence de Poe, dont clairement The Pit and the Pendulum est la quintessence. Non pas en terme de fidélité au matériau originel (le lien avec la nouvelle est on ne peut plus ténu) ou d'originalité puisque le métrage n'est rien de plus qu'un quasi-remake du film précédent. Mais c'est justement sur ce point que Corman, et son scénariste Richard Matheson (Je suis une légende, Duel, La Quatrième dimension...) se montre extrêmement doué, profitant d'une enveloppe plus conséquente pour rejouer sa pièce macabre dans un décor plus imposant, voir colossal, structurant le récit avec une narration bien plus alambiquée, complexe et intrigante, et surtout étayant sa mise en scène en jouant avec maestria du cadre (le 2.35 est grandiose) tout en se fondant de manière extrêmement moderne dans la folie de Medina, homme hanté, possédé par un Vincent Price fantomatique et volontairement théatrale.

 

the razor edge of destiny


En jouant constamment sur une tension omniprésente (tout est source de suspens, de mystères) qui happe le spectateur, tout en soulignant les origines scéniques et littéraires de l'œuvre, Corman compose un tableau baroque où les structures physiques (la bâtisse, les paysages, les fresques murales) se transforment en piège, en chambre des tortures pour l'esprit tourmenté du comte. A l'image d'ailleurs des visions psychédéliques qui ouvrent et ferment le spectacle, suite de coulures de peintures vives qui imprègnent l'écran, ou des vagues incessantes qui frappent la falaise sur laquelle trône la demeure maudite. Hanté par des réminiscences du passé, entrecoupé de flashback plus ou moins parcellaires, The Pit and the Pendulum est totalement obsédé par les questions du double (Price encore parfait dans le double rôle du fils et du père, inquisiteur espagnol sadique) et de l'absence, en particulier celle de l'épouse, que l'on croit enterrée vivantecentre du récit et de toutes les questions, mais qui reste le plus souvent invisible. Un cadavre putréfié découvert au fond du caveau, un orgue qui joue dans le lointain, des voix, des ombres que certains pensent avoir vu... présente uniquement pour une petite bobine la magnétique Barbara Steele est comme l'œil du cyclone qui happe la raison et les obsessions. Du très grand cinéma d'épouvante qui s'achève sur un climax spectaculaire où explose la folie des protagonistes dans une pièce en matte painting digne de l'antichambre de l'enfer au milieu de laquelle oscille le fameux pendule, machine de torture écrasante et étrangement élégante. Du grand art et l'une des références indéboulonnable du cinéma gothique.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Conçu à partir d'un interpositif 35mm, le nouveau master de The Pit and the Pendulum est bien entendu une petite merveille. Non pas que l'image soit entièrement nettoyée de toutes ses petites imperfections, le cadre laissant apparaitre quelques petite taches blanches et de très rares légères griffures, mais le film se prend tout de même un superbe coup de jeune. Proposé en 1080p ce dernier est un véritablement ravissement dans le piqué totalement inédit qu'il impose à chaque instant, avec surtout un cinémascope désormais aussi vif et coloré que profond et ample. Les décors n'ont jamais été aussi beaux et physiques, et même les mate-paintings, plus granuleux ou moins précis (sans utilisation du DNR), profitent de conditions exemplaires.

 


Son :
Toujours très pointilleux sur la question, Arrow Video ne fournit ici que l'authentique piste mono originale, restaurée et compressé en PCM 1.0. Le confort est parfait avec une clarté évidente, même si du coup le film laisse parfois entendre quelques bruitages très rétros. La balance reste excellente avec un bon équilibre entre les dialogues et les musiques angoissantes de Les Baxter.

 


Interactivité :
Les amateurs de gothique classique vont avoir du mal à faire la sourde oreille devant la présente édition tant l'éditeur a concocté une galette extrêmement complète. En reprenant tout d'abord le commentaire audio de Roger Corman passionnant, déjà proposé il y a quelques années sur le DVD Midnite Movies de MGM, tout comme la piste audio séparée ne contenant que les musiques et les bruitages. A cela s'ajoute directement un nouveau commentaire audio, confié au critique Tim Lucas, qui comble consciencieusement les petits manques laissés par le cinéaste en abordant autant les questions techniques que thématiques du métrage. Arrow a aussi au passage gentiment produit un documentaire inédit, Behind the Swinging Blade, regroupant des interviews inédites de Corman, Barbara Steele, la fille de Vincent Price ou Brian Yuzna (grand fan devant l'eternel), qui fournissent de nombreuses anecdotes sur la préparation du film, les coulisses et même quelques parallèles indispensables avec Mario Bava. L'affaire s'achève avec l'ouverture (dispensable) ajoutée au film pour sa diffusion TV et un extraordinaire programme, An Evening of Edgar Allan Poe with Vincent Price, performance théâtrale filmée dans laquelle l'acteur interprète avec génie "The Tell-Tale Heart," "The Sphinx," "The Cask of Amontillado," et "The Pit and the Pendulum." Magique.

Liste des bonus : Optional Isolated Music and Effects Track, Audio commentary with director and producer Roger Corman, Audio commentary by critic Tim Lucas, Behind the Swinging Blade (45'), Added TV Sequence - Shot in 1968 to pad out the film for the longer TV time slot (5'), An Evening of Edgar Allan Poe with Vincent Price (52'), Original Trailer, Collector's booklet.

 
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