LES SORCIèRES DE ZUGARRAMURDI
Las brujas de Zugarramurdi - France / Espagne - 2013
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Genre : Horreur, Comédie
Réalisateur : Alex De la Iglesia
Musique : Joan Valent
Image : 2.35 16/9
Son : Espagnol et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 119 minutes
Distributeur : France télévision distribution
Date de sortie : 14 mai 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
En plein jour, un groupe d’hommes braque un magasin d’or de la Puerta del Sol à Madrid. José, père divorcé en plein conflit avec son ex-femme, Tony, son complice, sex-symbol malgré lui, Manuel, chauffeur de taxi embarqué contre son gré dans l’aventure, et Sergio, le fils de José, partent en cavale. Objectif : atteindre la France en échappant à la police… Mais arrivé près de la frontière française, dans le village millénaire de Zugarramurdi, le groupe va faire la rencontre ...
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La Chasse aux sorcières

On ne pouvait pas rêver mieux pour commencer le dernier PIFFF que la nouvelle création délirante d'Alex de la Iglesia qui revient à la frénésie Bis de ses premières œuvres, après deux films particulièrement noirs sur l'histoire de son pays. Pour autant, Les Sorcières de Zugarramurdi se révèle être aussi un film très personnel, aussi jusqu'au-boutiste que les précédents, révélant une fois encore toute la générosité de ce cinéaste qui n'est pas près d'arrêter de nous épater.

Non content d'avoir une carrière remarquable, construite autour d'une esthétique du grotesque, d'un humour noir et d'une frénésie horrifique inclassable, Alex de la Iglesia est également, à ce jour l'un des plus grand réalisateurs de genre espagnol et même européen. Déçu, frustré même, de son expérience américaine (Crimes à Oxford), trop impersonnelle pour convaincre totalement et c'est le moins que l'on puisse dire, Alex de la Iglesia continu depuis, film après film, de jouer les mauvais garçons, loin des standards du fantastique ibérique actuel, calqué ad nauseam sur l'esthétique de Del Toro, sur ses enfants fantômes et ses thématiques de l'innocence bafouée. Non, aux côtés de quelques cinéastes virtuoses (des Frères Pastor à Jaume Balagueró), de la Iglesia assume fièrement son statut de cinéaste marginal et sa forme (esthétique comme narrative) démesuré. Son nouveau film, en est d'ailleurs la plus belle preuve, tout comme celle que le cinéma de genre européen est encore prolifique et plein de vie. Aux commandes d'une série B déjantée, sorte de relecture survoltée d'Une Nuit en enfer, au pays des sorcières, Alex de la Iglesia en profite pour déclarer son amour au cinéma de genre tout azimut dans une explosion de sang des plus outrancières. Déçu par l'échec commercial de ses deux derniers métrages, beaucoup plus engagés et tragiques que ses précédentes œuvres, (respectivement Balada Triste et Un Jour de Chance), le cinéaste rempile avec un film beaucoup plus léger, sans pour autant être simpliste : une comédie fantastique typique de ses premières œuvres (il y retrouve d'ailleurs le scénariste de tous ses autres films exceptés ses deux derniers, Jorge Guerricaechevarria), dont la richesse fera vaciller plus d'un cinéphile. Résultat, cette nouvelle production qui mardi soir a déchaîné le public de la soirée d'ouverture du PIFFF et enchanté une ribambelle de journalistes lors de la projection presse la semaine dernière, se pose comme l'un des hits du box-office actuel en Espagne et l'un des plus gros succès de la carrière du cinéaste.

 

un ride de tous les diables


Epaulé par un confortable Budget de six millions d'Euros, Alex de la Iglesia s'offre les services d'un casting solide, prestigieux même, composé entre autres de Carmen Maura, Hugo Silva, ou encore Carolina Bang. Comme d'habitude dans ses films, la direction photo est de toute beauté, glauque à souhait, tout comme le somptueux travail accompli sur les décors d'ailleurs (du restauroute, au manoir gothique en passant par les souterrains et la grotte du climax), tous deux magnifiant la mythologie que le cinéaste ravive dans son film. Comme son nom l'indique le dernier film du réalisateur de 800 Balles donne en effet un nouveau coup de fouet aux vieilles légendes espagnoles sur les sorcières et le véritable village de Zugarramurdi, pendant ibérique de Salem. De son magnifique générique, mêlant représentations historiques des sorcières dans les légendes populaires et portraits de femmes publiques démoniaques (Angela Merkel, etc.), jusqu'à son climax et son incroyable cérémonie satanique, rappelant en mieux la dernière séquence du très mauvais Mother of Tears de Dario Argento, avec en prime une des créatures les plus immondes que le cinéma d'horreur ait produit, Alex de la Iglesia réalise l'un des meilleurs films de sorcières depuis très longtemps. Mais, connaissant le bonhomme, il ne pouvait s'arrêter là et agrémente son road trip horrifique d'une ribambelle de séquences, multipliant les genres et les références à cent à l'heure pour le plus grand plaisir du public hilare, ainsi que d'un discours plus sérieux sur l'état économique de son pays et les relations hommes/femmes. Effectivement, seul Alex de la Iglesia, aujourd'hui, pouvait ouvrir son film avec un braquage rocambolesque mettant en scène Bob l'éponge, un soldat en plastique et Jésus, enchainer sur une course poursuite dantesque, n'ayant rien à envier au productions américaines, avant de rentrer dans le vif du sujet et d'articuler son récit autour de références aux Goonies à Massacre à la tronçonneuse, ou encore aux classiques de la Hammer, le tout saupoudré d'une satire sociale. Alors certes, comme à son habitude, en raison de sa trop grande générosité, le cinéaste accouche d'un film disproportionné. Et, même si on sait que les blagues les plus courtes sont les meilleures, on n'en tiendra pas rigueur au cinéaste qui propose ici une des productions les plus folles, les plus jouissives et les intelligentes de ces dernières années.

Quentin Boutel


















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Image :
Les ambiances visuelles du métrage sont très changeante passant d'une première partie excessivement lumineuses à des teintes plus froides et enfin plus dorées et sombres dans la dernière ligne droite. Cela n'empêche pas le transfert d'être d'excellente qualité avec des contrastes bien maitrisés, des couleurs pêchues et un piqué particulièrement savoureux même dans la pénombre.

 


Son :
Disponible dans un DTS HD Master Audio 5.1 équivalent en version espagnole et française, le film ne se montre finalement pas aussi puissant qu'on aurait pu l'espérer. La spatialisation est essentiellement frontale, donnant l'accent sur les dialogues et les situations. Restent quelques beaux moments beaucoup plus généreux (le casse, le sabbat) qui refont naitre des ambiances enveloppantes grâce à des bruitages plus musclés et dynamiques. Efficace faute de mieux.

 


Interactivité :
Pas terribles les suppléments présentés sur ce bluray. Tout juste trois petites featurettes de quelques minutes s'attardant sur trois points classiques (le pitch, les personnages et le tournage de la scène d'ouverture) où les extraits d'interviews et de making of sont souvent les mêmes. Vite vu.

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus : L'Histoire (2'), Les Personnages (3'), Tournage à la Puerta Del Sol (2')

 
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