LE LOUP DE WALL STREET
The Wolf of Wall Street - Etats-Unis - 2013
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Le Loup de Wall Street »
Genre : Drame
Réalisateur : Martin Scorsese
Musique : Terence Winter
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 179 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 25 avril 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Loup de Wall Street »
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LE PITCH
Le Loup de Wall Street raconte l’histoire de Jordan Belfort, courtier en Bourse à New York à la fin des années 80. Du rêve américain à l’avidité sans scrupule du monde des affaires, il va passer des portefeuilles d’actions modestes et de la droiture morale aux spectaculaires introductions en Bourse et à une vie de corruption et d’excès.
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La secte du dollar

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Martin Scorsese a le sens du contraste. Tout juste sorti de Hugo Cabret, fable bouleversante sur les fantômes du passé et la magie du Septième Art, le cinéaste décide ainsi de renouer avec les penchants les plus provocateurs de sa filmographie.

Suite officieuse des Affranchis et de Casino, à la différence près qu'il explore ici le plus légalisé des univers mafieux, Le Loup de Wall Street se montre aussi excessif qu'Hugo Cabret pouvait être élégant. Se débarrassant volontiers de toutes les règles narratives les plus élémentaires (cf. l'emploi de la voix off et des regards caméra), Scorsese joue ouvertement de ses changements de ton réguliers, le récit empilant les séquences les plus virtuoses et les plus dingues avec une frénésie quasiment primale. S'il semble souvent expérimenter ou provoquer pour la seule beauté du geste, appelant une réaction viscérale et un éclat de rire toutes les quinze secondes (sincèrement, le rythme n'est parfois pas si éloigné que ça d'une parodie des ZAZ), Le Loup de Wall Street a néanmoins la pertinence d'embrasser son sujet sans autre filet de sécurité que la grâce d'une mise en scène constamment virtuose.

 

"sell me this pen !"


Plongée dans le quotidien de boursicoteurs aux dents longues, dont la seule ligne d'horizon ressemble à la tranche d'un billet de cent dollars, le film fait le choix culotté d'observer ses excès du point de vue des intéressés eux-mêmes, le seul commentaire moral se retrouvant contenu dans une structure en trois actes narrant l'élévation fulgurante et la chute inexorable des nombreux protagonistes. Loin de se limiter à une dénonciation pompeuse de l'appât du gain, Le Loup de Wall Street se risque à une approche plus nuancée du problème, la description peu glorieuse du système bancaire dans son ensemble étant contrebalancée par de vrais coups d'éclat du personnage central, dont le génie dans l'art d'exploiter les outils mis à sa disposition pour gagner de l'argent reste impressionnant. Brouillées lorsque Scorsese le suit dans sa quête effrénée de brouzoufs, ses motivations sont intelligemment expliquées par contrastes, lorsque le cinéaste filme brièvement le quotidien d'un agent du FBI habitué - comme tout un chacun - à dépenser son maigre salaire dans les transports en commun. Allégorie à lui seul des notions complexes de capitalisme sauvage et de "Happy Few", partant régulièrement dans des discours comparables aux prêchi-prêcha d'un authentique gourou, Jordan Belfort (extraordinaire Leonardo DiCaprio) est donc bien un héros à la Scorsese, à la fois détestable, charmeur, tragique et terriblement fascinant.

Alexandre Poncet








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Image :
Ce n'est pas la grosse durée du métrage qui va empêcher l'éditeur de nous livrer une copie incroyablement riche et puissante. Hou que non ! Les couleurs sont vives, contrastées et éclatantes de bout en bout (c'est les 80's !), les noirs ne dénotent jamais et le piqué général est de très très haute volée. Une galette qui ne rechigne pas sur les textures, les détails et la profondeur de champs, montrant à peine sa limite dans quelques plans composites où les détails ajoutés ressortent un poil. Pas de problème de compression non plus. Parfait.

 


Son :
Mise en scène généreuse du chaos de la vie des traders de Wall Street, le dernier film de Martin Scorcese se joue forcément aussi du coté de sa bande sonore, compressée ici en DTS HD Master Audio 5.1, multipliant les effets de sources, les dynamiques puissantes, les sonorités enveloppantes et les accumulations de couches. Pourtant entre les vieux tubes de l'époque, les dialogues, les bruitages proches ou lointains, les hurlements de la meute en costards, le mixage ne perd jamais pied, installant sa démesure avec une clarté imparable.

 


Interactivité :
Il fallait bien que l'édition Bluray du Loup de Wall Street pèche quelque part... Mais si déjà la France gagne quelques documents supplémentaires par rapport à l'édition US (une featurette et basta), tout cela reste encore un peu léger. Ainsi entre « les coulisses », le « making of » et l'interview croisée de la petite bande, les propos ont tendance à être généreusement admiratifs et à se répéter inlassablement. Intéressant de découvrir que les premières lectures ont été presque totalement improvisées pour nourrir le film, que les scènes d'orgies (ouvertement inspirées de Caligula) dégageaient une odeur « très particulière » ou que DiCaprio était à l'origine du bébé... Mais répété trois fois cela finit par faire un peu beaucoup. Heureusement on y aperçoit quelques scènes de tournage et une analyse succincte, mais utile, du personnage par le cinéaste.

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus : Tour de table avec Martin Scorsese, Leonardo DiCaprio, Jonah Hill et Terence Winter (11'), « Running Wild » : Les coulisses du tournage (11'), « The Wolf Pack » : Making of (17'), Bandes-annonces.

 
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