L’AUBE ROUGE
Red Dawn - Etats-Unis - 1984
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « L’Aube Rouge »
Genre : Guerre
Réalisateur : John Milius
Musique : Basil Poledouris
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 Anglais, DTS Digital Surround français, allemand, italien…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 114 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 4 décembre 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « L’Aube Rouge »
portoflio
LE PITCH
Par une matinée tranquille, les élèves d’un lycée voient, à travers les fenêtres de leur classe, des parachutistes armés jusqu’aux dents atterrir sur leur terrain de football. L’invasion des Etats-Unis vient de commencer ! Huit adolescents parviennent à s’échapper dans les montagnes et vont mener une véritable guérilla urbaine pour défendre leurs parents, leurs amis et leur pays.
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"Wolverines!"

Film culte aux USA pour une jeunesse traumatisée par l'omniprésence de La Guerre Froide et la menace nucléaire, L'Aube Rouge a toujours été rangé parmi les nombreuses bobines de propagandes anti-coco qui pullulaient à l'ère Reagan. Mais 30 ans après, si le film est toujours aussi fort, c'est justement parce qu'il ne se résume pas à un essai réactionnaire.

Précieusement inscrit dans son époque, le scénario de L'Aube rouge, écrit par un tout jeune Kevin Reynolds (futur réalisateur de Robin des bois et Waterworld) se base sur les scénarios catastrophes développées par l'armée américaine pour se préparer à une potentielle invasion par les pays communistes. L'Amérique seule face aux rouge, un thème largement déjà exploités dans Rambo II, Firefox ou Invasion USA (et beaucoup d'autres moins regardables) mais qui ici marque immédiatement par son rapprochement avec l'anticipation (voir les textes préambules terriblement crédibles) et surtout la confrontation directe de la chère jeunesse ricaine avec une réalité pourtant lointaine. L'ouverture marque le pas avec une armée de parachutiste qui atterrissent au milieu du stade de foot en plein cours sur les manœuvres militaires Mongols, confrontant immédiatement la théorie ennuyeuse (les ados baillent dans la classe) et une réalité tétanisante qui débouche sur un massacre dans toute la ville frontalière de Calumet. La civilisation du colosse imprenable vacille et menace de s'effondrer. A la jeunesse dorée de la new wave, des yuppies, du consumérisme galopant et de l'adolescence éternelle de prendre les armes pour leur propre sécurité tout d'abord, puis pour se lancer dans une mission de guérilla qui va peser sur l'issue finale. Quand une bande de gamins dépareillées met à mal une armée entière de militaires chevronnés russes et cubains, on croit rêver.

 

Young Americans


Pourtant si le postulat est effectivement une charge patriotique digne des saillies en interview du réalisateur John Milius, toujours prompt à en rajouter outrancièrement sur sa fascination militaire et nationaliste, L'Aube rouge est surtout une nouvelle fois une œuvre sur la survie, sur la nécessité du retour à un certain état primaire de l'être humain. Scénariste des magistraux Apocalypse Now et Jeremiah Johnson (dont certains plans sont ici presque identiques), et réalisateur notamment d'un éblouissant Conan le Barbare sorti deux ans plus tôt, L'Aube rouge est clairement une prolongation des élans libertaires de son cinéaste, plongeant moins ses jeunes héros dans un drame géopolitique terminal, que dans un survival puissant les obligeant à redécouvrir la vie au cœur de la nature (première partie), puis à se redécouvrir en donnant corps à leur courage et à leur volonté de vivre (second partie), et ce jusqu'au sacrifice ultime. Habillé des atours d'un actionner musclé et clinquant de l'époque, L'Aube rouge ne cesse de se redessiner, s'écartant efficacement de l'aspect BD d'un Rambo II, pour cultiver une réalisation plus sèche, ample pour s'étirer vers une universalité touchante, et donc à adoucir progressivement le manichéisme premier en montrant la lente chute de l'un des jeunes héros, happé par la mort et la vengeance, alors que certains gradés ennemis laissent apercevoir une sympathie certaine pour cette résistance juvénile. Impossible d'ailleurs de résister au charisme évident d'un casting de jeunes stars, certes encore parfois excessifs lors des séquences émotions, mais brillants reflets d'un renouveau hollywoodien qui prend les visages de Patrick Swayze (Point Break, Dirty Dancing), Lea Thompson (la trilogie Retour vers le futur), Charlie Sheen (Wall Street, Young Guns), Jennifer Grey (La Folle journée de Ferris Bueller, Dirty Dancing... et oui, déjà), ainsi que des oubliés C. Thomas Howell et Darren Dalton pourtant tout juste sortis du succès de Outsiders avec Swayze. Un réel atout pour un métrage de toute façon bien plus recommandable que sa réputation sulfureuse ne le laisse penser, film éminemment personnel pour John Milius, mais qu'il déguise efficacement sous les apparences d'un film de guerre tendu et musclé, spectaculaire autant que minimaliste, qui, comme l'horrible remake l'atteste, se bonifie clairement avec l'âge.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Titre très attendu en HD par des flots de cinéphiles bercés par les années 80, L'Aube Rouge profite tout de même d'un réel effort de la part de l'éditeur. Si le générique d'ouverture (avec les cartons titres) souffre terriblement avec une pelleté de taches et un détail quasi-absent, par la suite les choses s'améliorent considérablement avec un nettoyage poussé des anciens spots, traces en tous genres, tout en améliorant généreusement la tenue des couleurs, autrefois délavées en support vidéo. Moins 80's qu'on le pensait, le film combine joliment une certaine photographie directe et quelques teintes plus chaudes et marquées dans un master digne d'une seconde jeunesse avec quelques plans particulièrement splendides autant dans leur profondeur que dans le piqué du premier plan (comme le fameux panorama montagneux où Swayze et Sheen scrutent l'horizon). C'est souvent très beau, percutant, mais aussi parfois un peu décevant avec quelques images à la patine trop adoucie par un réducteur de bruit peu discret, tandis que d'autres (plans composites, plans d'inserts...) laissent encore jaillir des noirs instables ou un grain neigeux.

 


Son :
Seule la version anglaise peut se vanter d'un DTS HD Master Audio 5.1 (contre un DTS 2.0 pour le doublage français), et le résultat est des plus convaincants. Marqué par une réelle sécheresse des effets dans son mixage d'origine, le film se part toujours de la même ambiance frontale, un peu brute et réaliste (pas de bruitages façon grosse prod d'action), mais avec une clarté totalement inédite et même quelques effets d'ambiance et d'enveloppement s'inscrivant avec justesse dans le dispositif dynamique. Entre modernisation de la piste sonore et respect de la volonté initiale, l'écoute est confortable d'autant plus que les dialogues, essentiellement frontaux, et la superbe bande originale de Poledouris s'y marient à merveille.

 


Interactivité :
Mine de rien, L'Aube rouge n'a jamais eu en France l'aura dont il peut se vanter aux USA. C'est sans doute pour cela que MGM jusque-là n'avait pas jugé bon de proposer chez nous les quelques bonus produits pour la sortie DVD. Heureusement, ces bonus sont enfin présents grâce aux bluray qui les reprends dans leur intégralité. Des suppléments en SD et qui datent un peu (Patrick Swayze était encore vivant), mais qui permettent de découvrir l'importance des props militaires, l'impact du tournage sur la petite vile de Las Vegas au Nevada ou les souvenirs amusés de l'équipe sur les longues séances d'entrainement militaire. Des featurettes sympathiques, agrémentées de la présence ironique de Milius, qui complètent parfaitement le making of donnant la parole au réalisateur, à Swayze, Charlie Sheen, Lea Thompson ou les producteurs. Entre petites blagues et anecdotes croustillantes (les tensions entre Grey et Swayze), le statut polémique se révèle présent dès le tournage, même si Milius insiste discrètement sur une identité moins politique ou idéologique que philosophique (si, si). Ah si seulement tout cela avait été sous-titré en français...

Liste des bonus : L'aube rouge se lève (23'), Créer la menace rouge (10'), Entraînement à la 3ème Guerre Mondiale (10'), La Troisième Guerre mondiale s'empare des villes (13'), Bandes-annonces.

 
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