INDIANA JONES ET LE ROYAUME DU CRâNE DE CRISTAL
Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull - Etats-Unis - 2008
Image plateforme « Blu-Ray »Image plateforme « DVD »
Image de « Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal »
Réalisateur : Steven Spielberg
Musique : John Williams
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais True HD 5.1, français, allemand, espagnol et italien en Dolby Digital
Sous-titre : Anglais, français et divers
Durée : 128 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 21 novembre 2008
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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site officiel
LE PITCH
1957, l’Amérique est plongée en pleine guerre froide. Indiana Jones vient tout juste d’échapper à des agents soviétiques dans le désert de l’Arizona lorsqu’il apprend qu’il est suspecté de trahison par le FBI. Renvoyé de sa chair au Marshall College, il s’apprête à partir lorsqu’un jeune homme lui demande de l’aider à retrouver un ancien ami commun, le Professeur Oxley, parti il y a quelques mois sur les traces des Crânes de Cristal d’Akator…
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Baroud d'honneur

Des années, des mois, des jours, des heures d'attente pour enfin contempler le nouvel Indiana Jones... Une impatience qui forcément induit une déception (très) passagère et un léger recul face à quelques images de synthèses et une projection numérique à l'esthétique bien loin de l'argentique de la pellicule. Et pourtant, il est bien là, avec pas mal de rides en plus et des cheveux blancs, mais aussi une patate intacte.

Annoncé depuis des années, sans cesse repoussé à cause de mister George « j'ai créé Star Wars et je vous emmerde » Lucas, le quatrième (et dernier ?) épisode cinématographique d'Indiana Jones est enfin sur tous les écrans du monde. Dix-neuf ans d'attente, de projets annulés, de problèmes de planning au cours desquels le producteur borné n'a jamais perdu de vu les crâne de cristal précolombiens (ils existent, mais pas exactement sous la forme du dans le film). Quitte à mettre à la poubelle le script de John Darrabont jugé incroyablement bon par tous ceux qui on eu la chance de poser les yeux dessus, et à se frotter de plus en plus directement à l'âge croissant du personnage. Car après tant d'années, beaucoup de choses ont changé. Jones a vieilli et est désormais un vieux professeur un peu largué, plus pataud, qui peine parfois à prendre le pas dans les scènes d'action attendues. Il se fend de quelques prouesses tout de même avec une ouverture magnifique qui renvoie aux Aventuriers de l'Arche Perdue. Mais son attitude n'en reste pas moins détachée et ironique, permettant une nouvelle fois à Harrison Ford de prouver sa symbiose avec le personnage.

Henry Jones... Jamais deux sans trois

Pour le remplacer dans les scènes les plus spectaculaires, il faut désormais compter sur un certain Mutt, le propre fils caché de Indy (allez ce n'est même pas un spoiler, tout le monde est au courant), interprété par un surprenant Shia Laboeuf aux faux airs de voyou 50's, qui joue clairement sur l'image de Marlon Brando dans Un Tramway nommé désir. Une trahison crieront certains, mais ce n'est que trop vite oublier que déjà dans Le Temple maudit, l'homme au fouet se faisait souvent voler la vedette par son fils adoptif, l'inoubliable Demi-lune. Le Royaume du Crâne de Cristal s'ancre donc immédiatement dans les thèmes de la série et en particulier dans la lignée de La Dernière Croisade, en explorant une nouvelle fois les enjeux d'une famille hors du commun, séparée par le destin et qui va devoir apprendre à se reconnaître (les retrouvailles avec Marion Ravenwood sont hilarantes) alors même que l'imagerie sirupeuse de « l'American Family » vient de se faire pulvériser par un test atomique dans le désert de l'Arizona.

I Believe

C'est sans doute là que ce nouvel Indiana Jones marque sa différence avec la trilogie originale, en s'ancrant plus que jamais dans l'Histoire. Se référent par quelques répliques à ce que l'on pourrait appeler l'univers étendu de la franchise (ici la série Young Indiana Jones et quelques romans), Indy 4 en reprend aussi la théorie « Lucassienne » de l'aventurier comme le témoin privilégié du XXème siècle, le confrontant en l'occurrence à des 50's gangrénées par la guerre froide, la peur du nucléaire, les recherches sur la parapsychologie, le Maccarthysme. Un contexte qui contraste violemment avec des années 30 pleines d'espoir et d'illusion, l'équipe traitant ici d'une époque plus sombre et paranoïaque dont nous subissons encore aujourd'hui le contrecoup. Pas étonnant, du coup, que la saga délaisse l'archéologie proprement mythologique au profit d'une science-fiction volontairement désuète, qui remonte aux origines de l'Ufologie. Un choix judicieux et surtout extrêmement courageux, qui est de plus mené jusqu'au bout avec une volonté farouche de surprendre l'auditoire quitte à proposer un scénario plus complexe que prévu. Sans compter un final que certains jugeront grotesque, alors qu'il s'avère d'une portée aussi puissante, et thématiquement très proche, de celle des Aventuriers de l'Arche Perdue sur la question du savoir et de la faiblesse de l'humanité.

C'est pas au vieux singe...

Un contenu des plus riches qui risque de faire perdre le fil aux moins attentifs entre trois vannes et des scènes d'actions déjà anthologiques, dont une poursuite dans la jungle amazonienne qui renvoie immédiatement aux meilleures scènes du King Kong de Peter Jackson, agrémentée d'un duel à l'épée qui écrase en un plan-séquence foudroyant les trois Pirates des Caraïbes. Si notre cher Indy a pris un petit coup de vieux, on peut dire que Spielberg, lui, tient encore et toujours la forme. Laissant de côté ses dernières recherches visuelles (Minority Report, La Guerre des mondes, Munich) le cinéaste retrouve avec brio l'immédiateté de ses premiers grands films populaires et conçoit Le Royaume du Crâne de Cristal comme une nouvelle attraction cinématographiques à l'esthétique irrésistiblement pulp, dont certaines images (l'explosion nucléaire du premier acte et un certain plan extrêmement large du final) semblent tout droits tirées de couvertures de romans de gare des fifties. Toujours avec la même distance amusée, Spielberg en appelle donc une nouvelle fois à l'enfant qu'il y a en chacun de nous, présentant une jeunesse américaine folle et bagarreuse façon American Graffiti, des Mayas sortis d'un épisode des Mystérieuses Cités d'Or, des décors mêlant étrangement carton-pâte et images de synthèse, et surtout une nouvelle méchante, Irina Spalko, général russe parfaitement caricatural que l'on croirait sortie d'un album de Tintin. De l'aventure, de la vraie en somme, qui offre  une conclusion dantesque aux péripéties cinématographiques d'une icône du cinéma (voire plus) tout en révolutionnant par le fond une saga que tout un chacun croyait connaître par cœur. 19 ans après, Spielberg, Lucas et Harrison Ford se devaient bien de nous surprendre...
Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :

On pourrait croire que le film a été tourné avec la caméra numérique préférée de papa Lucas, tant Indiana Jones IV affiche un sourire éclatant sur format Bluray. Il faut dire que le label THX assure ici plus que le minimum syndical. Les couleurs saturées à loisir vues en salles répondent ici présentes, accompagnées de noirs d'une profondeur abyssale et un piqué marqué affichant une masse incroyable de détails. La photographie paraît même légèrement plus proche de celles des opus précédents que celle de la copie vue en salle. Certes quelques (rares) effets spéciaux en image de synthèse deviennent un chouia plus visible, mais est-ce si important ?

 

Son :

Histoire que le spectacle soit total dans le salon, le mixage anglais DTS HD Master Audio 7.1 montre une ampleur exceptionnelle, jouant habilement de l'ambiance effrayante instaurée par la musique de John Williams, la dynamique des dialogues et les effets des passages les plus spectaculaires. Un dynamisme renforcé par une belle fluidité dans la spatialisation et un caisson de basses qui sait autant rugir que ronronner. Dommage du coup que la piste française  DTS-HD High Resolution 7.1 se montre nettement plus plate avec des voix trop décollées et des effets arrières plus timides.

 

Interactivité :

Après les documentaires de plus en plus courts disponibles sur les éditions DVD des trois premiers Indy, on avait un peu peur de découvrir sur l'édition DVD Collector et sur le Blu-Ray, quelques pauvres featurettes façon Bouzereau fatigué. Heureusement à l'image de La Revanche des Sith, la section interactivité fait dans le travelling global sur la fabrication du film et s'entretient avec une grande part de l'équipe. Le Retour d'une légende s'intéresse à la mise en route du projet passant par les hésitations, les retours en arrière et les échanges d'idées qui ont donné naissance a cette aventure « différentes » (mais pas un mot sur le scénario de Darabont) ; Pré-production montre en particulier Spielberg travailler sur les cinématique de prévisualisation (une véritable leçon de mise en scène et de gestion d'espace) ; Journal de production est bien évidement le documentaire principal sur le tournage avec toutes les scènes clés mais aussi les relations entre les différents artistes, les cascades et tout le toutim ; et enfin Post-production s'achève sur les mixages sonores et le montage. Un making of imposant qui avoisine au total près de trois heures et qui passe facilement d'interviews intéressantes (même si souvent trop polies) aux images de tournage ou de coulisses. Le rêve de tous les fans de la saga.  Surtout que l'aventure se complète encore de featurettes revenant sur quelques détails supplémentaires comme les costumes, les Crânes de cristal (légendes et fabrication de l'accessoire) et surtout un détour du côté des techniciens de l'ILM qui explicitent leur travail ainsi que l'évolution des effets spéciaux dans la saga. On ne saurait donc que trop conseiller cette édition, surtout qu'il y a des chances que pour sa ressortie dans 12 mois maximum, ces bonus aient totalement disparu au profit d'un reportage de 10 minutes sur la parure du héros. On connait les manies de LucasFilm...

 

Liste des bonus :Chronologie Indiana Jones, Le Retour d'une légende (18'), Pre-production (12'), Journal de production (81'), Maquillage guerrier (6'), Les Cranes de cristal (10'), Accessoires emblématiques (10'), Les effets d'Indy (23'), Aventures en Post-production (13'), L'équipe Indy (4'), 3 Cinématiques, Galeries de photos, Bande-annonce

 
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