THE WICKER MAN - IMPORT UK
Royaume-Uni - 1973
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Fantastique
Réalisateur : Robin Hardy
Musique : Paul Giovanni
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais LPCM Mono 2.0
Sous-titre : Anglais pour sourds et malentendants
Durée : 94 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 14 octobre 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Le sergent Howie de la police de Western Highland arrive à Summerisle, une petite île privée de la côte ouest de l’Ecosse, pour enquêter sur la disparition présumée d’une jeune fille. Ce qui commence comme une enquête de routine devient une confrontation entre le policier dévot et les étranges coutumes et rituels ayant cours à Summerisle.
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L'île nue

Considéré aujourd'hui comme l'un des plus importants films d'horreur anglais, vénéré comme une véritable œuvre culte, The Wicker Man reste un film scarifié, longtemps ignoré, mais qui se redécouvre désormais dans un élégant Final Cut restauré en HD.

Un troisième montage pour un film qui connu certes une belle réception critique lors de sa sortie en 73, mais qui fut largement boudé par les spectateurs et surtout par son distributeur. Malgré les colères noires de l'immense Christopher Lee (qui le considère toujours aujourd'hui comme son meilleur film et qui est en tout cas l'un de ses rôles les plus forts), EMI n'hésite ainsi pas à en couper toute une partie (entre censure et raccourcissement de durée) afin de le mettre en double programme avec un autre film jugé inexploitable : Ne vous retournez pas de Nicholas Roeg. No comment. The Wicker Man est donc au départ uniquement visible sous la forme d'un film elliptique, étrange, unique, mais forcément bancale : la sexualité y est moins affirmée que nécessaire, et surtout la caractérisation du personnage central incarné par Edward Woodward (future star de The Equalizer) présentée en introduction passe à la trappe, ainsi que l'intégralité de la première nuit à l'hôtel, pourtant extrêmement chargée en symbolique et permettant l'entrée poétique du Lord Summerisle. En partie reconstitué au début des années 2000, mais dans des conditions techniques assez terrible, le Director's cut laisse désormais sa place à un Final Cut, adoubé par le réalisateur, permettant un mix équilibré entre une vision complète du film et une version « visionnable ».

 

Purificateur


En l'état, The Wicker Man retrouve toute son implacable logique, permettant au scénario machiavélique d'Antony Shaffer (Le Limier, Frenzy) de s'aborder à nouveau comme un jeu de piste fatal, inquiétant, mais étrangement ludique. Ballotté d'un bout à l'autre de l'île à la recherche d'une petite fille enlevée qui n'aurait peut-être jamais existée, le Sergent Howie est comme une souris enfermée dans un labyrinthe, victime souvent de l'humour très particulier des habitants de Summerisle, de leur conspiration silencieuse, mais aussi et surtout un personnage trop rigide, trop réactionnaire pour accepter le mode de vie locale. Le chrétien affirmé (il est même vierge) face à une ile absolument païenne, célébrant les forces de la nature et pratiquant une sexualité affirmée, franche et libre, The Wicker Man est autant un thriller extrêmement habile, qu'une leçon de théologie comparée. Par ses nombreux parallèles éclairés entre le culte chrétien et les festivités de ce culte de la fertilité, il s'amuse de la dévotion aveugle du policier, de son combat entre sa foi et ses pulsions naturelles, mais il marque aussi le coup en évoquant le pragmatisme des religions, leur but galvanisant et coutumier plus que profond. Un film qui cultive admirablement les niveaux de lectures, toujours entre le film d'angoisse manipulateur et l'œuvre « d'auteur » stylisée (superbe usage des gros plans fixes et d'un montage décalé) et qui se déguste chaleureusement, galvanisé par un rapprochement saugrenu avec la comédie musicale (vive les chansons païennes et les percussions déhanchées) ainsi qu'avec une légèreté presque enfantine. Traversé d'images fortes, terriblement sensuelles et ensorcelées, The Wicker Man n'est pas un film d'horreur à proprement parler, mais le devient quand après avoir offert sur un plateau une vision forcément sympathique de la petite communauté, il s'échappe vers un final absolument fou et violent renvoyant à nouveau dos à dos les adorateurs du christ et les adorateurs de la chair, le tout sur un air joyeux et déchirant. Une œuvre absolument unique, parsemé de séquences miraculeuses comme la fameuse danse nue de la gironde Willow et de plans presque magiques à l'instar de l'image finale : la tête de l'homme d'osier qui s'effondre laissant place à un soleil couchant d'un rouge aveuglant. Inoubliable.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Les techniciens anglais de Studio Canal auront longtemps cherché pour enfin mettre la main sur une copie en qualité correcte (ce qui n'était pas le cas du Director's cut) afin de le réintégrer définitivement aux séquences préservées. Et c'est grâce à une copie 35mm retrouvée dans les coursives du Harvard Film Archives que cela a été possible. Les fameuses séquences (Sergent Howie à l'office religieux dans l'ouverture, Lord Summerisle envoyant son fils pratiquer la jolie Britt pour la première fois...) apparaissent tout de même encore bien fatiguées, baignées dans un grain neigeux avec des fluctuations de teintes constantes, mais la restauration est tout de même appréciable dans le rendu des couleurs, le réétalonnage, sans avoir usé du réducteur de bruit ou autres déformations pas très heureuses. Ces bandes retrouvées sont donc visibles dans l'ensemble du Final Cut, mais s'y intègre assez bien, même si le reste du film est absolument superbe : grain impeccable, léger relief, netteté des premiers et arrières plans, colorimétrie éclatante... Le tout en compressé en MPEG-4 AVC pour un transfert puissant en 1080p. Les fans ne peuvent qu'être aux anges.

 

 


Son :
Si le montage n'est pas proposé dans un DTS HD Master Audio avec une redynamisation de la spatialisation (ouf), il n'en offre pas moins une mono d'origine parfaitement restaurée, ne laissant entendre aucune faiblesse et une clarté harmonieuse. Un très joli travail, discret.

 

 


Interactivité :
On peut toujours espérer que ces superbes éditions 40ème anniversaires connaissent un jour une édition française. La plus imposante propose le disque de la bande originale, ainsi qu'un second Bluray contenant la version cinéma du métrage (master de qualité, mais légèrement plus à l'étroit au niveau de la compression) et le fameux Director's cut (celui proposé sur le DVD français de la collection Cinéma de Quartier), plus long, mais uniquement en SD pour un visionnage pas évident sur écran HD. A noter que celui-ci est toujours accompagné de son passionnant commentaire audio.
Plus sobre, mais ne comportant que le contenu nouveau, l'édition simple (avec tout de même la copie DVD dans le pack) se concentre sur le Final Cut avec bien entendu une petite vidéo pour comparer le master avant et après restauration. L'éditeur en profite aussi pour refourguer l'émission de Tv Critic's Choice avec une longue interview de Christopher Lee et Robin Hardy. Un document d'archive totalement éclipsé par le tout nouveau documentaire, Burnt Offering, retraçant les origines du projet, l'implication de Christopher Lee, les difficultés de tournage (filmer en plein novembre glacial le printemps glorieux de mai...), la mauvaise distribution et le charcutage éhonté jusqu'à sa résurrection tardive. Tout, ou presque, y est évoqué avec forcément un détour sur la séquence de danse lascive, Britt Ekland regrettant toujours que sa doublure postérieure soit plus rebondie qu'elle. Un making of complété par une interview supplémentaire du réalisateur Robin Hardy qui réaffirme autant l'approche anti-religieuse, que la prépondérance d'un angle ludique. Reste une feturette sur la bande originale signée Paul Giovanni, avec même un détour sur sa chaotique distribution en disque, et enfin Worshiping The Wicker Man qui permet à quelques personnalité de réaffirmer l'importance du film. Quelques critiques et historiens, mais aussi et surtout Ben Wheatley (Kill List), James Watkins (Eden Lake) et Eli Roth (Hostel) qui ne cachent ni leur amour immodéré pour The Wicker Man, ni le fait que cela reste l'une de leurs principales sources d'inspiration.

Liste des bonus : Burnt Offering: The Cult of The Wicker Man (49'), Worshiping The Wicker Man (23'), The Music of The Wicker Man (16'), Interview with Robin Hardy (17'), Interview with Christopher Lee & Robin Hardy (1979, 25'), Restoration comparison (2'), Trailers.

 
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