SOUS SURVEILLANCE
The Company You Keep - Etats-Unis - 2012
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Sous surveillance  »
Genre : Thriller
Réalisateur : Robert Redford
Musique : Cliff Martinez
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 122 minutes
Distributeur : M6 Vidéo
Date de sortie : 11 septembre 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
En 1969, un groupe de militants radicaux appelés Weather Underground revendique une vague d’attentats aux Etats-Unis pour protester contre la guerre du Vietnam. La plupart de ses membres furent emprisonnés, mais quelques-uns disparurent sans laisser de trace… Jusqu’à aujourd’hui. L’arrestation de Sharon Solarz, l’une des activistes, remet cette affaire sur le devant de la scène, au point d’attiser la curiosité du jeune et ambitieux reporter Ben Schulberg.
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Histoires fantastiques

Après son très (trop) didactique Lion et agneaux et son très intéressant La Conspiration sortie directement en DVD en France, Robert Redford, le réalisateur revient sur le devant de la scène cinématographique avec un thriller faussement politique aussi inspiré que touchant, sorte de réponse moderne aux films d'espionnage des années 1970.

Acteur passionné et passionnant ayant marqué de son jeux un grand nombre de classiques du cinéma américain comme Butch Cassidy, Jeremiah Johnson ou encore Out of Africa, Robert Redfort l'est tout autant en tant que réalisateur. Celui que l'on considère de façon beaucoup trop sévère comme un cinéaste engagé est surtout un artiste s'épanouissant pleinement au cœur de l'amplitude d'une certaine forme de cinéma purement hollywoodienne, où il s'attache aussi bien à décrire et dénoncer les méfaits des médias américains (Quiz Show), que la désagrégation d'une famille américaine et épouse ainsi une forme purement mélodramatique (Ordinary People), en passant par le procès de l'assassin présumé de Lincoln, ou encore un film sur le monde du golf traité comme un drame existentialiste de toute beauté (La Légende de Bagger Vance). Adapté du livre de Neil Gordon, The Company you keep qui a pour sujet la traque par le FBI de terroristes à la retraite ayant appartenu dans les années 1970 à une organisation militante violente contre la guerre du Vietnam, Sous Surveillance poursuit les questionnements du cinéaste déployé juste après Bagger Vance et ses sept années d'absence, entamé avec Lions et agneaux et La Conspiration, où il interroge le rapport des Etats Unis à son histoire. Plus que n'importe quel autre pays les Etats Unis ont toujours entretenu un lien privilégié entre leur cinéma et leur histoire, le premier permettant d'exorciser les traumatismes du deuxième en créant un reflet mythique de leur société qui réconcilie le peuple avec ses valeurs. Et, ici le cinéaste ne revient gratuitement pas sur le traumatisme du Vietnam et sur le climat d'effervescence, presque d'anarchie que cette guerre a pu provoquer sur le territoire américain. Depuis longtemps, cette période douloureuse a été digérée et à l'instar de ces images d'archives qui font ici office de générique, elle est relayée au stade de simple rappel historique.

 

l'art du mélodrame


Comme dans son film précédent où le cinéaste revenait sur le procès des soi-disant coupables du meurtre de Lincoln afin de pointer du doigt les condamnation hâtive du gouvernement américain à travers l'histoire et sa façon de toujours privilégier le mythe au détriment de la réalité, ici Redford se sert des attentats historiques de « Weather Underground » afin de mieux traiter de la perte d'idéaux d'une nation américaine désabusée et de ces combats qui aujourd'hui valent encore le coup d'être menés. Et, pour cela de façon assez inattendue, mais non moins originale, Redford déploie son récit autour d'une mécanique d'ensemble assez complexe. Il ramifie son scénario autour de ces multiples personnages qui jouent tous un rôle dans son modeste état des lieux de la nation américaine, de ses valeurs bafouée et de sa culpabilité face à certain aspect de son histoire. De façon on ne peut plus sensée Redford décide de se concentrer sur le rapport trouble qu'entretiennent tous les personnages avec leur passé et sur ce qui motive leur actes aujourd'hui. De la culpabilité du personnage interprété par Susan Sarandon, à la hargne contestatrice de Redford en fuite pendant tout le film, jusqu'à la poursuite par le jeune journaliste de son sujet, tous structurent ainsi ce thriller au début aussi haletant que complexe rappelant la grande époque des films d'espionnage des années 1970, Les Trois jours du condor et Les Hommes du président. Pourtant, très vite l'ambiance nébuleuse, presque paranoïaque de cette traque s'absous sous le développement mélodramatique des personnages, certes quelques peu convenu, mais incroyablement juste en raison de la magnifique interprétation de l'ensemble de ce casting trois étoiles. Et, finalement ce qui nous dérange ici ce n'est pas tant le climax éclair du film, ni même le message très naïf mais très sensé de l'œuvre de Redford qui une fois encore vante les bienfait de la cellule familiale et du besoin en ces temps de crise d'une cause pour laquelle se battre aussi simple soit-elle, mais bel et bien que Redford troque depuis quelques temps la flamboyance de sa mise en scène passée, contre une esthétique froide et réaliste plus moderne mais qui ne participe malheureusement pas à la beauté et la naïveté salvatrice de son propos.

Quentin Boutel












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Image :
Redford est un ancien, mais dans le bon sens du terme, et signe son nouveau film en rejetant le support numérique au profit d'un authentique 35 mm. La nature du master est donc particulièrement organique et vibrante, composant admirablement avec un grain présent mais jamais envahissant et surtout des reflets argentiques idéaux pour un film de ce type. La copie n'en est pas moins excessivement pointue, contrastée et portée par des noirs des plus solides. Rien à redire.

 


Son :
Pas franchement un thriller où l'action est le maitre mot, Sous surveillance met donc dans ses mixages DTS HD Master Audio 5.1 les dialogues en avant. La musique de Martinez, les effets d'ambiances restent pour le moins discrets et si l'ensemble est équilibré et clair, on sent que l'amplitude et la dynamique auraient pu se corser un peu plus.

 


Interactivité :
Proposées sous la forme de deux segments distincts, les featurettes de l'édition américaine ont été accolée par M6 Vidéo. Pas de changement dans le contenu par contre, la première partie se concentre sur le sujet, le contexte du film et le besoin de Redford de légitimer les combats idéologiques des années 60 / 70 pour mieux porter ceux de la jeunesse d'aujourd'hui. La seconde s'avère plus classique avec un retour sur la collaboration du cinéaste avec ses acteurs, où surnage encore une fois la notion de transmission intergénérationnelle. Constitué autours d'interviews de Redford, LaBoeuf ou Christie, ce Making of est de facture assez classique, mais va à l'essentiel sans s'embourber dans la promotion inutile.

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus : Making of (28'), Bande-annonce.

 
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