LISA AND THE DEVIL
Lisa et le Diable / Lisa e il diavolo - Italie / Allemagne / Espagne - 1974
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Genre : Horreur
Réalisateur : Mario Bava
Musique : Carlo Savina
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais, Italien Mono 2.0 PCM
Sous-titre : Anglais SDH
Durée : 96 minutes
Distributeur : Arrow Video
Date de sortie : 4 février 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Lisa fait du tourisme dans une ville ancienne. Perdue, elle se réfugie dans une vieille maison.
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Le cauchemar de Lisa

C'est un introuvable de taille, que l'éditeur anglais Arrow Video nous aura offert, en ce début d'année : l'un des films de Mario Bava les plus méconnus, mais pourtant l'un des plus beaux et personnels, comme le chant du cygne d'un cinéma gothique en passe de disparaître des écrans...

Lorsqu'en 1972, fort du succès de l'inégal Baron Vampire, le producteur Alfredo Leone lui donne carte blanche pour réaliser le projet de son choix, les années fastes du gothique all'italiana sont loin derrière Mario Bava, le cinéaste venant tout juste de propulser violemment le genre dans la modernité avec son sublime jeu de massacre qu'est La Baie sanglante. Mais la proposition de Leone ne peut que le satisfaire, et Mario Bava de profiter de l'occasion pour mêler les deux facettes de son cinéma, entre classicisme et modernité. Dès le générique, le ton est donné : un rictus aux lèvres, Terry Savalas (futur Kojak de la série éponyme) déroule un jeu de tarot représentant les acteurs du drame fantasmagorique à venir. Toutes les obsessions de Bava sont présentes : exploration graphiques de tourments psychanalytiques, fascination morbide pour la mort, utilisation de couleurs extrêmes... Quelque par entre les écrits d'Edgar Allan Poe et le Rosemary's Baby de Roman Polanski, Mario Bava livre ce poème cauchemardesque à la fois envoûtant, terrifiant et grinçant, porté par une direction d'acteurs plus appliquée qu'à son habitude, et quelques séquences aussi déstabilisantes que sublimes (le déshabillage et la scène amoureuse qui s'en suit). Véritable plongée dans l'esprit terrifié d'une jeune femme perdue dans l'espace et le temps d'une maison sans âge, Lisa et le diable déroule son incessant ballet d'amour et de mort, d'où émerge la figure omnipotente d'un « diable » à visage humain, marionnettiste suprême qu'on imagine volontiers être l'alter ego du cinéaste lui-même. Labyrinthique, érotique, macabre et volontiers baroque, ce sublime long-métrage peut se voir comme l'œuvre testamentaire d'un artiste hors-norme, Bava replongeant dès son film suivant (le tétanisant huis-clos Cani arrabbiati) dans un réalisme étouffant et anxiogène, loin de toute poésie.

 

La Maison de l'excorcisme


Il est aisé de comprendre l'incompréhension des potentiels distributeurs de cette œuvre commercialement invendable, et le film restera presque totalement inédit durant de nombreuses années. Ce n'est qu'en 1973, pour surfer sur le succès planétaire de L'Exorciste de William Friedkin, que le film finira par sortir. Mais dans une version revue et corrigée par Alfredo Leone. Le producteur se réapproprie le métrage, tourne lui-même une poignée de scènes supplémentaires essentiellement consacrées à l'exorcisme de la pauvre Lisa, et transforme un authentique chef-d'œuvre en OFNI embarrassant et, disons-le carrément, frustrant. Si la virtuosité formelle de Bava est intacte lors des scènes oniriques rescapées de Lisa et le diable (principalement dans la maison de la comtesse), les insupportables passages dialogués ajoutés par le producteur affaiblissent considérablement l'impact d'une œuvre bâtarde, où le sublime côtoie le grotesque. En bref, une version alternative, pas inintéressante, mais tellement éloignée du projet initiale de Bava que celui-ci finira par se désolidariser complètement du film. On peut donc s'estimer heureux de pouvoir aujourd'hui avoir le choix, le film initial du Maestro Bava étant désormais disponible tel qu'il l'a toujours désiré.

Frédéric Wullschleger








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Image :
Jusqu'ici malmené par des éditions dvd à la qualité toute relative, Lisa et le diable et son palimpseste bénéficient ici d'une restauration en haute définition qui fait enfin honneur au travail sur les couleurs et les textures du cinéaste et de son chef opérateur Cecilio Paniagua, dans un Full HD 1080p absolument éblouissant. On redécouvre alors le film comme on ne l'avait encore jamais vu, avec ses effets de lumière surexposée, ses couleurs qui éclatent la rétine et ses délires graphiques plus limpides que jamais. Du très grand art !

 


Son :
Constat identique pour le travail de restauration sonore, les deux pistes audio (anglais et italien) assurant une clarté et une écoute digne des films les plus récents. L'étrange musique de Carlo Savina domine parfois un peu trop le tout, mais l'ambiance étant ici essentielle, on ne va pas s'en plaindre.

 

Interactivité :
Le film n'étant pas ultra-connu, difficile de faire la fine bouche devant un contenu éditorial suffisamment conséquent. Les deux introductions du journaliste Alan Jones permettent de replacer chaque version dans son contexte, alors que les commentaires audio (repris de la box set d'Anchor Bay) donnent leur los d'anecdotes et d'explications. On pourra tout de même préférer celui de La Maison..., les dires d'Alfredo Leone et Elke Sommers étant souvent plus intéressants que ceux du biographe Tim Lucas. La scène coupée est quand à elle une version plus explicite (même si présentée ici sans étalonnage ni mixage) de la séquence d'amour entre Tinti et Koscina. Enfin, gros morceaux de cette édition exemplaire, le documentaire « The Exorcism of Lisa » (en HD !) revient sur la conception du film, sa réception critique/publique, ses deux versions, avec des interventions, entre autres, de Lamberto Bava ou du scénariste Roberto Natale. Instructif et passionnant, pour qui veut s'intéresser à la genèse d'un tel film.

Liste des bonus : Commentaire audio de Tim Lucas (sur Lisa et le diable), Commentaire audio d'Alfredo Leone et Elfe Sommers (sur La Maison de l'exorcisme), Introduction des deux films d'Alan Jones (7'), The Exorcism of Lisa (26'), Scène coupée (4'), Bande annonce originale (4'), Booklet de 28 pages

 
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