16 BOUGIES POUR SAM / BREAKFAST CLUB
Sixteen Candles / The Breakfast Club - Etats-Unis - 1984 / 1985
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Genre : Comédie
Réalisateur : John Hughes
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, DTS 2.0 français et espagnol
Sous-titre : Français, anglais, espagnol
Durée : 190 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 2 juillet 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Cinq lycéens aux caractères totalement opposés se retrouvent en colle un samedi après-midi. Au fur et à mesure que la journée passe, ils discutent, se déchirent et finissent par se trouver plus de points communs qu’ils ne pensaient…
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l'âge heureux

Si le nom de John Hugues (La Folle journée de Ferris Bueller, Weird Science) ne dit absolument plus rien à la jeune génération, et vaguement un souvenir lointain aux autres (en dehors d'accros cultivant une vraie mémoire cinématographique), il fut pourtant l'un des auteurs stars des années 80, ayant offert aux spectateurs adolescents leurs plus belles teen comedy.

Car si le genre ne jure aujourd'hui que par les scènes de douches stupides, les gags scatos et la vulgarité à rallonge, John Hugues proposa une bifurcation possible lorsqu'il passa enfin à la réalisation en ce milieu des années 80. Devenu "bankable" grâce à ses scripts survoltés pour les comédies parodiques massives du National Lampoon comme Class Reunion ou Bonjour les vacances (où l'on croise la star exaspérante de l'époque, Chevy Chase), il fait preuve dès qu'il est aux commandes totales de son projet, d'une douceur et d'une délicatesse inédite. 16 bougies pour Sam, sa première réalisation, est certes encore marqué par ces élans dévoués à la grande farce, à la caricature forcée avec gags poussifs (alcool, allusions sexuelles), mais déjà sans tomber dans la vulgarité habituelle. Le décor est bien le même, en particulier lorsque la fête de fin d'année se transforme en orgie chez le beau héros, mais justement ce dernier, ainsi que Sam, montrent déjà un désintérêt manifeste pour cet abrutissement culturel. Délaisser les codes, les apparences, la futilité pour ce rêver une romance, le réalisateur entame sa révision de la vision stupide de l'entertainment teenage, offrant pour la première fois une sensible épaisseur psychologique, une personnalité, une réalité. Au milieu d'un foutra de situations plus ou moins rocambolesques, 16 bougies pour Sam impose ses propres parenthèses (enchantées), où pour quelques minutes ces adultes en devenir se livrent, se découvrent comme lorsque l'incroyable Anthony Michael Hall (revus il y a quelques années dans la série Dead Zone) et la midinette Molly Ringwald (fantasme absolu de tous les garçons de l'époque), assis dans une voiture de l'atelier de mécanique, échangent avec simplicité, tombent les masques et se montrent parfaitement conscients de leur images respectives et de leurs implications. Toujours rafraichissant, assez drôle, mais surtout particulièrement touchant, 16 bougies pour Sam n'a pas perdu ses jolis charmes.

 

Mousquetaires


Ils sont cependant bien timides à coté de ceux de la réalisation suivante : Breakfast Club. Totalement débarrassé des dernières concessions à la comédie pur jus, ce dernier fonctionne véritablement comme un effet de loupe sur un groupe d'ado qu'apparemment rien ne rapproche, interprété au passage par cinq interprètes absolument parfaits : Judd Nelson, Ally Sheedy, Anthony Michael Hall, Molly Ringwald et Emilio Estevez, amorce de cette génération d'acteurs que la presse appellera dans la foulée le Brat Pack. Des visages qui se croisent tous les jours au collège, mais qui ne se reconnaissent pas, obligés de cohabiter pendant une très longue journée de colle. Une confrontation justement entre ce qui s'apparente à des figures archétypales (le sportif, la petite bourgeoise, le geek, le rebel et la pré-gothiques), qui au milieu de séquences humoristiques joyeusement absurdes (la découverte des sachets repas) se transforme en séance de psychanalyse collective. Atténuer les postures, passer au-delà des apparences, dissiper les mensonges (conscients et inconscients), aucun film n'a jamais aussi bien parlé de ces personnages adolescents et aussi joliment instauré un dialogue pertinent avec ses spectateurs. D'ailleurs la parole est l'ingrédient proéminent dans Breakfast Club, ses personnages se laissant alors aller à de troublantes révélations, à des mises à nues franches, qui permettent ainsi de tisser le visage d'une mini-société emprunte d'espoir, d'angoisse, devant surtout construire leur idividualité envers et contre les expectations de leurs parents. Un métrage absolument brillant, fin, voir lumineux, qui met en image et en parole ce que les ados peinent souvent à exprimer. La première saison de Dawson saura d'ailleurs s'en souvenir avec ses personnages excessivement loquaces, s'offrant même au passage un amusant remake le temps d'un épisode.
S'ouvrant sur une citation puissante de David Bowie ("And these children that you spit on as they try to change their worlds; are immune to your consultations, they are quite aware of what they are going through" ) et le Don't You de Simple Minds, pour s'achever par un poing levé comme le manifeste d'une révolution en marche, Breakfast Club a beau être esthétiquement un pur produit des années 80, il n'en reste pas moins une œuvre identitaire toujours aussi actuelle.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Jusque-là proposés dans des DVDs assez atroces et granuleux, les deux films de John Hugues profitent manifestement du passage à la HD : couleurs plus chaudes et saturées, défauts de pellicule dans l'ensemble bien gommés et piqué plus appuyé. Mais pas parfaitement cependant, car le travail numérique effectué, ajouté à des photographies légèrement voilées et aux atours esthétiques plutôt modestes, aboutissent à des masters pas forcément idéaux dans les détails (zones floues), aux couleurs pas toujours stables (16 bougies pour Sam marqué par des rouges trop présents) et au grain de pellicule assez aléatoire. Les deux Blu-ray en présence n'ont rien de honteux, mais leurs copies commencent à accuser le coup.

 


Son :
Les deux films sont proposés dans leur version originale dans un DTS HD Master Audio 5.1 des plus alléchants. Mais il ne faut pas s'y tromper, dans les deux cas, la spatialisation est des plus discrète, s'efforçant surtout de coller au plus près des dialogues. A ce petit jeu c'est Breakfast Club qui s'en sort le mieux d'ailleurs, avec une clarté très agréable et même quelques effets surrounds savoureux. Pour sentir l'ouverture d'un 5.1, il faut passer directement au séquences habitées par les fameux tubes des 80's : lorsque Simple Mind entonne "Don't You Forget About Me" il y a un petit quelque chose de magique... C'est malheureusement bien moins probant dès qu'on enclenche les versions françaises : le DTS 2.0 n'arrive pas franchement à cacher des enregistrements fatigués (sensation de distance, légère saturations).

 


Interactivité :
Pas de chance avec 16 bougies pour Sam qui perd en France son documentaire « Celebrating Sixteen Candles », même si ce dernier souffrait durement de l'absence totale de Hughes et Ringwald (oui, ça fait beaucoup). Heureusement, de son coté, Breakfast Club nous parvient avec tout son contenu de l'édition US « 25th Anniversary ». Des suppléments à chaque fois excessivement sympathiques comme le commentaire audio des acteurs Judd Nelson et Anthony Michael Hall s'amusant de leurs têtes de jeunots et se remémorant avec nostalgie le tournage. De la nostalgie, on en retrouve d'ailleurs par caisses entières dans l'excellent « Sincèrement votre » documentaire qui insiste sur l'aspect miraculeux de ce petit film indépendant, l'impeccable justesse du casting et l'amour évident du réalisateur pour ces bandes de gamins un peu paumés. Très dommage du coup de ne jamais retrouver ici d'interview d'Emilio Estevez, Molly Ringwald et surtout du cinéaste, qui décèdera l'année suivante de la diffusion du doc. Des gros manques, mais les trentenaires ne pourront tout de même pas passer à coté de ces retrouvailles.

Liste des bonus Breakfast Club : Commentaire audio de Judd Nelson et Anthony Michael Hall, Sincèrement votre (51'), L'origine du Brat Pack (5'), Bandes-annonces.

 
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