ZOMBIE FLESH EATERS - IMPORT UK
Zombi 2 / L’Enfer des Zombies - Italie - 1979
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Genre : Horreur
Réalisateur : Lucio Fulci
Musique : Fabio Frizzi
Son : Anglais et italien Mono 2.0 PCM
Sous-titre : Anglais
Durée : 91 minutes
Distributeur : Arrow Video
Date de sortie : 3 décembre 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Après qu'un bateau à la dérive eut ramené un mort-vivant à New York, une jeune journaliste intriguée décide de retracer son étrange parcours. Après des recherches, elle se rend en compagnie d'amis proches sur l'île d'où provenait le "malade", où va bientôt s'abattre une terrible malédiction...
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L'enfer selon Fulci

L'heure est au mort-vivant. Après Resident Evil, Resident Evil : Apocalypse (USA, Allemagne), 28 jours plus tard (Angleterre), L'Armée des Morts (USA), Undead (Australie), Shaun of the Dead (Angleterre) et en attendant Land of the Dead (USA, Canada) de ce bon vieux George A. Romero (le présent article date de 2004, ndlr), difficile d'échapper à la nouvelle vague zombiesque internationale. Les Morts marchent donc à nouveau, se nourrissent de chair fraîche encore, et encore, sous le regard d'une nouvelle génération baignée dès l'enfance dans l'horreur sociologique, brutale et intime de Romero, comme dans celle viscérale, poétique et onirique de Lucio Fulci.

 

cauchemar expérimental


Dire que Lucio Fulci a marqué à vie la quasi-intégralité des amateurs de gore via L'Enfer des Zombies est un doux euphémisme. Rien ne laissait pourtant espérer un tel résultat à l'époque. Vendu avant même la première ligne de scénario achevé, Zombi 2 (sans le « e », pour éviter les embêtements juridiques, « 2 » pour prétendre faire suite à Zombie) se tournera à l'italienne, sans le sou et dans une désorganisation assez phénoménale. Moins d'un mois séparera le dernier jour de prises de vue de la sortie européenne, à peine le temps nécessaire aujourd'hui pour mixer les doublages internationaux d'un blockbuster américain. Ca laisse rêveur.
Malmené dans sa vie personnelle, Fulci, jusqu'alors auteur gothique solide (cf. L'Emmurée vivante), déversera son mal-être et ses frustrations dans L'Enfer des Zombies (ou Zombie Flesh Eaters en Angleterre, faut suivre). Sanglant à n'en plus pouvoir, le film ne prétend pas jongler avec les thématiques politiques de son homologue américain. Fulci et son producteur Fabrizio de Angelis veulent un film d'horreur direct, au premier degré, un survival dont l'inspiration vaudou nourrira avant tout un cauchemar quasi-expérimental.

 

no man's Land


Quoiqu'il en soit, le pari sera tenu haut la main par l'équipe de Fulci. Si ses figures imposées affichent aujourd'hui un kitsch plus ou moins savoureux (les scènes de nu n'ont vraiment, mais alors vraiment rien à faire là), L'Enfer des Zombies reste un sommet d'impressionnisme macabre, de raffinement dans l'horrible. Desséchés, parcourus dans leurs chairs par des vers et autres bestioles peu recommandables, les morts-vivants errent désincarnés dans des rues de western filmées en Cinémascope, et dégageant une aura singulière, qui n'appelle jamais le rire. Dans ce no man's land exotique où viennent se perdre des occidentaux trop curieux, Fulci met en scène des morceaux de bravoure surréalistes, tellement graphiques et excentriques qu'ils dépassent d'emblée tout procès moral : une femme énuclée en gros plan par un revenant, un mort dévorant un requin vivant, une tête s'extirpant lentement d'une terre aride... Un spectacle ahurissant qui trouvera son apogée lors d'un gunfight à la limite de l'abstraction, où lors de cette image finale emblématique, montrant les morts arpenter mécaniquement le pont de Brooklyn. Un plan de légende pour un film mémorable, qui méritait bien l'hommage que Zack Snyder lui adressait récemment dans L'Armée des Morts.

Simon Grueber








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Image :
Zombi 2 n'est pas près de mourir et les multiples éditeurs qui s'y attardent font tout pour lui faire traverser les années avec un brio de plus en plus éclatant. Sans aucun doute la meilleure copie existante du film, celle d'Arrow Video lui offre un bain de jouvence impressionnant de clarté. Retravaillé à partir du négatif 35mm, le master en présence à été intégralement restauré numériquement, réetalonné et scanné en résolution 2k pour aboutir à une image Full HD 1080p. Un miracle. Le film est désormais étonnant lumineux, chaud et contrasté, combinant un admirable grain d'origine avec un piqué sidérant de précision, ne montrant des faiblesses qu'à de très rares occasions : les transitions composites, un ou deux plans nocturnes (grain neigeux) et surtout la séquence sous-marine, irrémédiablement abimée. Cela reste en tout cas une délicieuse prouesse, surtout pour une production italienne des 70's et dont on connaissait presque par cœur la moindre griffure et tache à force de les avoir trimbalées 40 ans durant.

 

Son :
Travail tout aussi sérieux sur les pistes audio anglaise et française d'époque, qui nous reviennent toutes deux en LPCM 2.0, c'est-à-dire un mono d'origine, auquel il a été porté quelques effets de spatialisation latérale. La dynamique est bonne et discrète, mais c'est surtout la clarté de l'ensemble qui séduit, se trouvant un nouvel équilibre jouant autant sur la rudesse des mixages d'époque que sur l'impact des compositions flippantes de Frizzi.
Pas de sous-titres français ici, il faut se contenter de sous-titres anglais (pour la version italienne ou pour Sourds et malentendants)... Finalement ça tombe bien, votre niveau d'anglais n'est plus ce qu'il était, il faut réviser un peu.

 

Interactivité :
Du côté des bonus, Zombi 2 a toujours été un flot ininterrompu et constamment renouvelé de making of, documentaires et témoignages en tous genres. Les heureux possesseurs du collector de Neo Publishing s'en souviennent encore la larme à l'œil. Chez Arrow c'est une nouvelle fois du matériel totalement inédit, produit en HD (dans la majeure partie) comme From Romero to Rome, excellent documentaire décortiquant les origines de la mode zombiesques et la vague de rip-off et décalques qui frappa l'Italie dans la foulée, puis les combinaison douteuses mêlant zombies, cannibales, porno... ah ces ritals ! Au cœur de ce dernier (une heure tout de même), c'est surtout Zombie Flesh Eaters qui occupe le plus les discussions, en particulier dans sa rencontre magistrale entre le style Fulci et les jalons apposés par La Nuit des Morts-vivants et sa suite, Dawn of the Dead. Passionnant sur toute la durée, celui-ci est compléter sur le premier Blu-ray par une poignée de bandes-annonces et surtout deux commentaires audio. Le premier est tenu par Stephen Thrower, responsable d'une biographie de Fulci, qui apporte nombre d'anecdotes sur la production et la sortie du film, mais aussi de jolis éclairages thématiques. On lui préféra pourtant celui du scénariste Elisa Briganti, pilier du ciné de genre italien et grand collaborateur Fulci. Il revient sur les origines du film, la première version du script, les petits arrangements pour le faire coller au film de Romero ou aux problèmes liés aux différents titres. Toute une époque.


Très complète, cette édition comporte même un deuxième Blu-ray, tout aussi chargé avec une longue interview carrière de Ian McCulloch (star de la série british Survivors) et en particulier de son passage dans les studio italiens pour les successifs L'Enfer des zombies, La Terreur des zombies et Contamination. Un pur anglais, distant, flegmatique, mais qui ne cache pas un certain amusement devant les élans nanardesques de ces derniers (c'est son avis), même s'il ne reconnaît avoir apprécié le film de Fulci que tardivement....lorsqu'il l'a vu en entier pour la premier fois. Autre mêts de choix, un petit détour dans les archives de Gino De Rossi, grand spécialiste des effets spéciaux à l'ancienne ayant œuvré d'Holocauste 2000 à Casino Royale. Il suffit de le voir raconter la technique utilisée pour les fameux seins de Cannibal Ferox pour entrevoir le génie du bonhomme. La très attendue conférence avec l'inénarrable Fabio Frizzi est par contre un poil plus décevante. Enregistrés pendant un festival, l'image et le son ne sont pas vraiment de tout confort.
Enfin, impossible de ne pas évoquer le joli livret glissé dans le boitier Blu-ray qui, en plus de photos et d'affiches contient un essai sur la réception des films de zombies en Angleterre, ainsi qu'une interview amusante d'Olga Karlatos... fameuse pour son œil poétiquement perforé.

Liste des bonus : Commentaire audio de Stephen Thrower, Commentaire audio d'Elisa Briganti, Introduction de Ian McCulloch (2'), From Romero to Rome (60'), Aliens Cannibals and Zombies (44'), From Script to Screen (4'), Music For A Flesh-Feast- (29'), The Meat Munching Movies of Gino De Rossi (26'), Bandes annonces, Booklet de 40 pages.

 
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