LA GRANDE éVASION
The Great Escape - Etats-Unis - 1963
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Genre : Aventure, Guerre
Réalisateur : John Sturges
Musique : Elmer Bernstein
Image : 2.35 16/9
Son : DTS-HD Master Audio 5.1 anglais, DTS 5.1 français, allemand, italien…
Sous-titre : Français, anglais, italien, espagnol…
Durée : 172 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 5 juin 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
En 1943, les Allemands ont ouvert le Stalag Luft Nord, un camp de prisonniers à sécurité maximale, conçu pour retenir les plus grands experts de l’évasion. Mais, ce faisant, les Nazis ont involontairement réuni la meilleure équipe de spécialistes de l’évasion de toute l’histoire militaire. Ils vont ainsi concevoir la plus grande tentative d’évasion jamais tentée…
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Super résistants

Multi-diffusé à la télévision mais aussi sur grand écran, La Grande évasion fait partie de ces grands classiques américains capables de réunir de multiples générations devant un même spectacle : entre grand-père se souvenant du mythe Steve McQueen, aux plus jeunes, obligés de louer l'extraordinaire spectacle d'un blockbuster qui n'en avait pas encore le nom.

Auréolé de l'énorme succès de son Les Sept Mercenaires, western classique mais solide, John Sturges tente clairement de réitérer la prouesse trois ans plus tard en adaptant, très librement, le roman de Paul Brickhill, lui-même inspiré d'une véritable opération qui aura amené à l'évasion de 75 prisonniers d'un camp allemand pendant la seconde guerre mondiale. Un haut fait d'héroïsme propre à caresser le spectateur occidental dans le sens du poil (avec forcément un meneur très américain), tout en jouant sur la corde sensible des notions de sacrifice et de combat contre l'injustice... Le tout dans une vision presque gentillette du conflit et de la vie atroce des invités des camps de ce cher Hitler, où un multirécidiviste se voyait octroyer pépère une vingtaine de jours de geôles, pour en ressortir pimpant et fiérot. Hollywood et ses petits travers, mais pourtant le film réussit à faire rapidement oublier ses petits arrangements (avec les morts ?) dramatiques, ses allemands parfois dignes de la série Papa Schultz (avec le faux accent) pour imposer une aventure au suspens redoutable. Conçu comme une fresque luxueuse avec son casting de star (McQueen certes, mais aussi Richard Attenborough, James Garner, Charles Bronson, Donald Pleasence et James Coburn), son décors reconstitué avec autant de faste que de soin et ses trois heures de visionnage, La Grande évasion maitrise pourtant ses élans, se concentrant radicalement sur la mise en place lente, progressive, parfois trébuchante, du fameux plan d'évasion.

 

un ciné de mercenaire


Les premiers essais peu concluants, les alliances qui se tissent entre l'état major anglais et des petits malins de l'escapade, les sales coups et les méfiances des gardes, le métrage se construit pierre par pierre, admirablement solidifié par la mise en scènes rigoureuse de l'artisan Sturges. Une tension palpable, omniprésente, évacuée avec justesse dans une évasion à la rythmique époustouflante, prolongée par une échappée aussi spectaculaire (la fameuse poursuite en moto, un modèle du genre) qu'ouvertement fataliste. Naïf dans les vastes largeurs de son tableau, La Grande évasion réussit ainsi à aboutir à un film de guerre bien plus subtile qu'il n'y paraît en combinant ce « savoir faire » viril américain, avec un extraordinaire travail d'écriture donnant autant d'importance à l'anecdote qu'à la « Big Picture ». Les scénaristes James Clavell (Shogun) et W.R. Burnett (Quand la ville dort) caractérisent avec parcimonie la dizaine de personnages principaux, leurs donnant autant d'accessoires révélateurs (le gant de baseball de McQueen) que des particularismes leur offrant une accroche immédiate avec le spectateur, avec forcément une préférence pour un Donald Pleasence perdant peu à peu la vue, ou le spécialiste des tunnels interprété par Charles Bronson qui se révèle... claustrophobe. Une note d'humour parmi d'autres, qui se marie à la perfection avec une mise en place extraordinairement cinématographique d'iconisation des séquences phares du métrage (on les appellera plus tard morceaux de bravoure) portés par les superbes partitions d'Elmer Bernstein (le travail de John Williams sur Indiana Jones lui doit beaucoup) et le sourire enjôleur et malin de Steve McQueen, star indéboulonnable de cette superproduction à l'ancienne et pourtant indémodable.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Très attendu, en particulier après le débat plutôt coloré qui a fait rage aux Etats-Unis, le Blu-ray de La Grande évasion est enfin disponible en France, et le constat rejoint rapidement les avis les plus mitigés. Non pas que la galette soit un horrible transfert upgradé d'un DVD à la HD, mais que vu l'importance historique du film, les amateurs auraient pu s'attendre à beaucoup mieux. En l'occurrence une remasterisation complète basée sur un négatif original existant dans sa quasi-intégralité. Pourtant l'éditeur a préféré proposer une restauration appuyée (disparition de tous les défauts de pellicule) basée sur des sources aussi diverses qu'inégales. En résulte de légères variations de photographie d'une scène à l'autre, mais aussi et surtout de tenue de l'image qui oscille constamment entre un transfert 4k rutilant de teintes chaudes et de détails faramineux, à des sections entières perdues dans un flou qui n'a rien d'artistique ou des cadres perdus dans une neige pixélisée. On est ici bien au-dessus de toute les présentations précédentes du métrage, mais encore à des lieues de ce que pourrait être un rendu optimal constant.

 


Son :

Mixé lors de sa sortie en stéréo mais aussi en version plus spectaculaire 4 canaux, La Grande évasion revient ici en anglais dans un DTS HD Master Audio 5.1 que l'on aurait pu craindre trop grandiloquent. Le résultat est pourtant d'une sécheresse idéale, offrant quelques très légers effets de dynamisme, mais s'évertuant surtout à offrir un spectacle frontale complet et d'une précision redoutable offrant un beau soutient aux talents des acteurs et surtout aux thèmes inoubliables de Bernstein. Plus sobre, la version française combine le talent de véritables acteurs de doublage (avec du caractère) qui lui donne encore un très joli cachet, se montrant d'ailleurs presque aussi solide que son homologue US.

 


Interactivité :
Les nombreux cinéphiles qui s'étaient déjà procurés l'édition collector DVD ne seront pas dépaysés, voir gagneront du temps, puisque les suppléments sont exactement les mêmes, et en SD s'il-vous-plait. Heureusement ces derniers sont loin d'être inintéressant avec un mélange constant, mais réussit, entre la réalité historique, les témoignages des survivants, des croquis préparatoires ou des extraits de story-boards et quelques interviews des acteurs (Coburn, Garner),qui aboutissent à un making of fragmenté mais bourré d'anecdotes et d'archives. Cette cohabitation permet aussi de souligner toute l'ambiguïté du film, partagé entre son désir d'illustrer l'histoire avec réalisme tout en œuvrant pour offrir un spectacle grandiose et héroïque. D'ailleurs Pleasence, qui fut prisonnier dans un camp équivalent pendant la guerre, s'amuse du refus catégorique d'écouter ses suggestions sur le plateau, à priori jugée trop sombres et cruelles. La section vidéo est par ailleurs complétée par un docu-fiction de 50 minutes produit pour la télé anglaise : The Untold Story. Ce dernier s'attache à retracer la chasse aux nazis ayant participés ou décidés l'exécution des 50 prisonniers rattrapés. Trop ampoulé, on lui préfèrera la piste audio combinant une bonne dizaine de locuteurs (dont le John Sturges dans une interview datant de 1974) enchainant les souvenirs ou les précisions techniques.

Liste des bonus : Commentaire audio du réalisateur, des acteurs et de l'équipe technique, De la réalité à la fiction, Se préparer à la liberté, L'évasion, Une « standing ovation », L'Histoire secrète, Le vrai Virgil Hilts, Flashback, Bande-annonce.

 
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