LA BAIE SANGLANTE
Reazione a catena - Italie - 1971
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Genre : Horreur
Réalisateur : Mario Bava
Musique : Stelvio Cipriani
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français Dolby Digital 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 80 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 24 juin 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
La Baie est un magnifique domaine, convoité par tous. La propriétaire, une vieille comtesse paralytique, refuse de vendre car elle ne veut pas le voir transformé en station balnéaire. Ventura, un architecte sans scrupule met au point une machination criminelle pour prendre possession du site. Pendant ce temps, quatre jeunes gens entrent par effraction dans une villa du domaine, jusqu’à ce que l’une des filles découvre un cadavre flottant dans la Baie...
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Sous la surface

Rapprochant souvent son ambition de celles de grands auteurs gothiques avec, entre autre, Le Corps et le fouet ou Les Trois Visages de la peur, Mario Bava effectuait avec La Baie sanglante une accélération ébouriffante vers le cinéma d'exploitation qui allait percuter les USA une dizaine d'années plus tard

 

Malgré les tentatives de négation d'un certain Dario Argento, plus personne n'ose mettre en doute le fait que Mario Bava soit, avec 8 Femmes pour l'assassin, l'inventeur brillant du fameux Giallo. Ce que l'on sait moins, c'est qu'entre deux westerns ou aventures super-héroïques pop, le maître italien de l'horreur a aussi posé les premiers jalons de son frère décadent : le Slasher. Comme pour tuer dans l'œuf un genre en pleine expansion après le phénomène L'Oiseau au plumage de cristal, Mario Bava se lance donc dans la réalisation de cette Baie sanglante, dont il structure le scénario comme un whodunit porté à l'extrême. Les meurtres et les meurtriers s'enchaînent, une famille se déchire autour d'un héritage, les masques tombent et les couteau charclent dans le gras... Un tel niveau de méchanceté et de stupidité mêlées donnerait presque l'impression que le film est un épisode spécial de Melrose Place dirigé par un psychopathe sous acide. C'est que si, comme souvent à cette époque, le scénario n'est qu'un alibi et les dialogues sont mollement martelés, l'expérience est en premier lieu graphique, sensitive, poussée vers le primitif au rythme des percussions de Stelvio Cipriani (L'Avion de l'apocalypse, Le Grand Alligator).

 

La mort en couleur

 

Esthète imparable du cinématographe et directeur photo de génie, Bava compose une nouvelle fois une série de tableaux macabres d'une beauté sidérante : compositions picturales maniéristes, éclairages impressionnistes, profondeur de champ abyssale, travail de la lumière flirtant avec  Le Caravage... Une beauté plastique qui est volontairement contrastée par la vulgarité assumée des personnages et la cruauté des meurtres plein cadre, voire leur caractère outrancier. Un couple d'ados perforé par une lance en plein acte d'amour, une machette qui coupe en deux le visage d'un crétin de passage, une décapitation brutale, un égorgement en pleine course... Les amateurs d'horreur reconnaissent sans peine la première nourriture du mythique Vendredi 13 de Sean S. Cunnigham - et dans une moindre mesure du Halloween de Carpenter avec son ouverture en plan subjectif. Cunningham n'hésitera donc pas à en tourner un quasi-remake dix ans après en décalquant les meurtres les plus gores mais aussi en choisissant à son tour les abords d'un lac placide comme cadre de son massacre, et en donnant sa propre vision du bain de la naïade. Une filiation qui ne gâche en rien cette Baie sanglante (plus étrange que bourrine finalement), petit bijou de poésie macabre qui s'achève sur un dernier twist - une pirouette pas franchement politiquement correcte - et souligne que si Bava était si doué, c'est sans doute parce qu'il savait avant tout s'amuser avec l'objet filmique.

Nathanaël Bouton-Drouard

 

 

 

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Image :

Après les copies d'exploitation fatiguées proposées par TF1 puis Aventi (avec un léger mieux tout de même), l'un des derniers films de Mario Bava apparaît enfin dans toute sa superbe grâce au joli nettoyage effectué par Carlotta. Les couleurs ne sont plus passées mais fermement éclatantes, les contrastes ciselées et le grain reste heureusement dans les arrières-plans. Des conditions de visionnage exemplaires et foncièrement nécessaires pour profiter de toute la maîtrise graphique de Bava.

 

Son :

Petit nettoyage de printemps aussi pour les pistes sonores. On passera sur la piste française au doublage bien mollasson pour profiter d'une version anglaise (le film ne fut pas tourné en italien) en Dolby Digital 2.0, claire et sobre, qui permet de profiter du jeu parfois improbable de certains acteurs.

 

Interactivité :

Arrivé à la troisième édition française du film, on était bien en droit d'attendre l'apparition de bonus et autres documentaires éclairants. Editeur cinéphilique, Carlotta ne laisse pas passer son tour et offre trois documents inédits pour explorer La Baie sanglante. Une approche analytique tout d'abord avec l'interview (forcément) passionnante de Jean-Pierre Dionnet qui replace le film dans son contexte culturel (voire politique) et s'amuse à le comparer avec ses enfants américains. Dans la même optique, Rituel Macabre est un commentaire écrit par la rédactrice en chef de Split-screen avec un découpage précis et pertinent des principales séquences. Comme quoi avec le temps, même les films d'horreur tendance « viande » ont droit à leur moment de gloire ! Document d'époque correspondant à un numéro spécial de l'émission L'Ospite del due, le dernier bonus donne à redécouvrir la participation du cinéaste à une réflexion sur les effets spéciaux au cinéma où, avec son technicien préféré (Carlo Rambaldi), il fait quelques démonstrations d'effets d'éclairage (en noir et blanc) en direct. Sans doute un peu laborieux dans le rythme, mais franchement bluffant.

 

Liste des Bonus : La Logique du rêve (15'), Ritournelle Macabre (19'), L'ospite del due (42'), Bande-annonce.

 
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