SIERRA TORRIDE
Two Mules for Sister Sara - Etats-Unis / Mexique - 1969
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Sierra Torride »
Genre : Western
Réalisateur : Don Siegel
Musique : Ennio Morricone
Image : 2.35 16/9
Son : DTS-HD Master Audio 2.0 Anglais, DTS 2.0 français, italien, allemand…
Sous-titre : Français, anglais, italien…
Durée : 116 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 4 juin 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Au XIXe siècle, lors de l'intervention des Français au Mexique, Hogan, un mercenaire, sauve la religieuse Sara d'une tentative de viol par trois bandits. Elle se dit pourchassée par les Français, ceux-là mêmes qui détiennent le fort, dont Hogan a pour mission de découvrir les failles de ses défenses. Sara décide de l'aider dans sa mission…
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La nonne, la brute et les truands

Important succès au box office, Sierra Torride n'avait lors de sa première sortie en salle qu'un but majeur : montrer que Clint Eastwood n'était pas qu'un héros de western, mais aussi un acteur capable de jongler avec la comédie la plus américaine qui soit. Rencontre souriante avec Shirley MacLaine, ce n'est sans doute pas le plus grand moment de la carrière du géant hollywoodien, mais il prouve encore une fois que peu de choses lui résiste.

 

De retour d'Italie après une trilogie léonienne qui a fait de lui une star mondiale, Clint Eastwood entame une collaboration fructueuse avec le solide Don Siegel, grand spécialiste de la série B (L'Invasion des profanateurs de sépultures) et du polar viril (A Bout portant) s'efforçant en quelques films de jouer autant sur le capital sympathie de l'acteur, que de lui ouvrir des perspectives déterminantes : Un Shérif à New-York et L'Inspecteur Harry l'installent définitivement comme le héros hard-boiled de l'Amérique des 70's et Les Proies annonce une filmographie entre thriller et thématiques troubles. Mais au milieu de tout cela, Two Mules for Sister Sara (titre anglais bien plus amusant) est l'ébauche d'un angle plus divertissant, plus populaire montrant le regard ironique que porte Eastwood sur ses personnages, comme il le fera avec plus bourrinement dans le duo Ca va cogner / Doux, dur et dingue. Western à l'ancienne dans son décorum, Sierra Torride signe quasiment le retour de l'Homme sans nom du Bon, la Brute et le truand, mais confronté cette fois-ci à une nonne au caractère bien trempé. Le grand héros de l'ouest, n'aura ainsi de cesse d'être déstabilisé par cette harpie en jupon, symbole d'une morale puritaine qu'il exècre et reflet dissimulé d'une féminité d'autant plus désirable qu'elle est inaccessible.

 

Une Kermesse dans l'ouest

 

C'est le postulat ultra-classique, mais diablement efficace, de la comédie romantique qui permet à Eastwood et Shirley MacLaine (Mais qui a tué Harry ?, La Garçonnière) de se livrer à un grand duel d'acteur, à la lisière constamment du cabotinage, mais fermement ancrée sur une certaines finesse qui les rend tous deux immédiatement attachants. Un joli numéro d'acteurs, espiègles et d'une jolie fraicheur, qui offre ainsi une récréation particulièrement réussie et agréable, sur laquelle le maestro Ennio Morricone s'amuse à rebondir, détonnant ses sonorités avec quelques coudées décalées mimant la dégaine chaotique d'une mule. Un régal auditif,  doublé par le sens du cadre indéboulonnable de Siegel, mais qui n'empêche pas cependant au métrage de manquer de pêche, flinguant finalement presque systématiquement ses grandes scènes de western. Quand Hogan doit faire exploser un pont, quand Sara doit lui retirer une flèche fichée dans l'épaule, confrontés à une armée de méchants colons français... Tous ces passages obligés, ces gunfights que le spectateur attend fébrile, affichent une lenteur, une torpeur étrange qui manque autant de rythme que de nerf, comme si Eastwood, Siegel et le scénariste Albert Maltz (Les Proies... tiens, tiens) s'efforçaient d'émasculer le genre, lui retirant ses moments de bravoures au profit d'un arrière plan féministe pas toujours des plus subtiles. Un mariage un peu forcé, souvent déséquilibré, mais construit avec une bonne humeur palpable et  savoureuse qui lui laisse tout de même un vrai charme.   

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Sans grands bruits, ni flonflons, le présent Blu-ray a pourtant bénéficié d'un véritable travail de restauration. Pas parfait ni miraculeux certes, le nouveaux master laisse passer quelques plans encore abimés car trop "trifouillés" à la source : zooms peut élégants, effets de flou sur le visage de Shirley MacLaine (pour cacher les rides ?), plans larges de maquettes... Forcément ces faiblesses sont visibles par un grain neigeux et une baisse significative de la définition. Heureusement pour la majorité du métrage, le travail est particulièrement appréciable avec des couleurs chaudes et vives, un piqué alléchant et une profondeur inédite d'autant plus imposante qu'elle s'étale sur un superbe cinémascope.

 


Son :
Là aussi l'éditeur a fait de jolis efforts, nettoyant au mieux les pistes sonores d'époque. Le film  nous parvient donc avec un DTS HD Master Audio 5.1 des plus limpides soutenant (trop parfois) les voix sur les enceintes frontales. Quelques ambiances sur les arrières, quelques échos du caisson de basse, mais le mixage reste surtout très proche des sensations initiales. La version française, elle, est toujours aussi savoureuse (aaah l'époque où le doublage était de qualité) mais n'a pour le coup de DTS que le nom.

Liste des bonus : Aucun.  

 
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