WILLOW
Etats-Unis - 1988
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Willow  »
Réalisateur : Ron Howard
Musique : James Horner
Image : 2.35 16/9
Son : DTS-HD Master Audio 5.1 Anglais, DTS 5.1 français, allemand, italien…
Sous-titre : Français, anglais, espagnol, italien…
Durée : 126 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 3 avril 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Il était une fois un royaume peuplé de petits habitants appelés les Nelwyns. Ce peuple paisible était dominé par les Daikinis, gens de grandes tailles gouvernés par la cruelle reine Bavmorda. Or il advint qu’un prophète annonçât la naissance d’une princesse appelée à détrôner Bavmorda. La terrible reine ordonna alors de tuer tous les nouveau-nés du royaume. Elora échappa au massacre et ce fut Willow, un jeune Nelwyn féru de magie, qui la recueillit. Mais Bavmorda n’avait pa...
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There and back again

Il y a longtemps, bien longtemps.... Bien avant Le Hobbit et Le Seigneur des anneaux, l'Heroic Fantasy avait pour tout le monde le visage de Willow, autre représentant des petites gens, qui se retrouvait plongé dans une aventure trop grande pour lui. Et, malgré ce que certains peuvent baver, non Peter Jackson n'a pas écrasé le nelwyn sous son talon (ou talent).

                                                

George Lucas aura longtemps recherché un succès aussi imposant que celui de la saga des Star Wars. Pour cela, via LucasFilm, il avait déjà produit un Howard The Duck deux an avant d'après un de ses scénario et s'était mémorablement planté (le film est difficilement visible depuis des années, mais nettement mieux que sa réputation). En parallèle, Ron Howard (Backdraft, Da Vinci Code) réussissait tranquillement en ce milieu des années 80 à trouver son public avec les sympathiques Splash et Cocoon. Sans esbroufe, ni génie, il y démontre un talent sincère pour la comédie, le fantastique familial et la gestion des effets spéciaux (déjà concoctés par ILM), faisant sans doute penser à Lucas qu'il tenait là le parfait petit technicien (comme Marquant sur Le Retour du Jedi) qui lui permettrait de réaliser sa version à lui du Seigneur des anneaux sans se casser les pieds avec la gestion de plateaux et ces satanés acteurs. Car il est évident que Willow est bel et bien un film de George Lucas. Un sentiment appuyé par la vision du making of (présent sur toutes les éditions) qui le montre déambuler dans les coulisses, donner des indications à droite à gauche, cadrer certains plans... Faisant d'ailleurs dire à Howard " J'ai parfois le sentiment d'être non pas le réalisateur de ce film, mais vice-président des affaires cinématographiques de Lucasfilm ".

 

"c'est l'histoire d'un peck..."


Le film porte irrémédiablement sa patte dans cette réutilisation poussée des thèses narratives de Joseph Campbell (Le Héros aux mille et un visages était déjà à l'origine de La Guerre des étoiles), les gimmicks de montage hérités d'Akira Kurosawa et dans une multitude de détails qui peuvent transformer le film en jeu de pistes pour cinéphiles : la romance Matt Mortigan / Sorsha calquée sur celle de Han Solo / Princesse Leïa, la sorcière Bavmorda et son General Kael tout juste remaniés de La Bataille d'Andor (second long métrage des Ewoks), les références bibliques (Moïse) ou Arthurienne et une structure globale conçue comme un mélange du premier roman de Tolkien et de Un Nouvel espoir (le mercenaire, la princesse...). Le monomythe et les schémas archétypaux comme principaux constituants d'une grande aventure au demeurant parfaitement réussie. Car Lucas avait en ce temps encore un grand savoir faire et fournit un spectacle particulièrement attachant et entrainant, usant de paysages enchanteurs (la Nouvelles Zélande déjà), d'acteurs en pleine forme (Val Kilmer avant pétage de plombs et Warwik Davis à la naïveté désarmante), d'une des plus subtiles bandes originales de James Horner (Avatar) et d'une féerie visuelle qui abusait généreusement des prouesses d'ILM. Le must du must en termes d'effets spéciaux en ce temps là, qui personnifie d'ailleurs le dernier sursaut d'une croisée des chemins où maquillages, stop-motion, animatronics, illusions et matte-paintings cohabitaient magnifiquement avec les premières grandes prouesses de l'infographie (le morphing de Fin Raziel).  Le symbole d'une époque, tout comme cet étonnant mélange d'épique premier degré, d'humour galvanisé (certaines répliques sont devenues cultes) et d'une surcouche sombre et inquétante typique des divertissements 80's. Forcément très proche du Hobbit de Peter Jackson (lieux de tournage, reprise picturale de certains gravures issues du même roman), Willow n'en est pas moins une performance unique et mémorable, pleine de charmes et de poésie. 

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Après Star Wars et les Indiana Jones, c'est au tour de Willow de passer le cap de la HD (à quand Howard the Duck ?) avec une nouvelle fois un transfert inédit supervisé par George Lucas en personne. Le résultat est un ravissement totale, la restauration ayant nettoyé l'image de toutes ses traces de vieillesse tout en lui donnant une énergie inédite dans la restitution des couleurs (chaudes, pleines), dans l'installation de noirs immaculés et de lumières vivaces. En ajoutant à cela un piqué extraordinaire révélant nombres de panoramas grandioses et une foultitude de détails sur les costumes ou les visages, Willow semble avoir été tourné la semaine dernière. Même le mélange d'effets spéciaux et les compositions disparates (les brownies, les fées, le dragon à deux têtes) semblent s'intégrer mieux que jamais au spectacle.

 


Son :
Cela fait bien longtemps que le film de Ron Howard envoie du lourd coté mixage sonore avec rapidement un labbel THX venu auréoler des pistes Dolby Digital 5.1 décoiffantes. Forcément avec les nouveaux canons, le passage au DTS HD Master Audio 5.1 (mais uniquement en anglais) ne fait que confirmer la puissance de l'ensemble. Du tonnerre qui fait trembler la salle de visionnage dès l'ouverture aux envolées lyriques et sublimes de la BO de James Horner jusqu'aux cliquetis des épées et mêmes à quelques sonorités kitchs (les gerbes de flammes du dragon), l'ensemble emporte l'auditoire dans un flot d'effets dynamiques, de rebondissements et de notes gracieuses (les paysages à la Tolkien). Parfait.

 


Interactivité :
25 ans et toutes ses dents, Willow revient dans une édition Blu-ray dont la version Steelbook a tendance à déjà connaitre quelques ruptures de stock. C'est dire l'attente que provoque ce film qui a bercé les rêves de générations entières. Conscient de cela (mais pas tout à fait quand même), l'éditeur a donc une nouvelle fois fait appel aux suppléments déjà présents sur le collector DVD avec le fameux Making of d'époque, assez sympathique et laissant filtrer une présence envahissante d'un certain George, et le segment sur le morphing présenté par Dennis Murren. Outre des petites introductions inédites pour ces bonus (avec un Ron Howard nostalgique d'un cinéma plus « aventureux »), les fans trouveront tout de même quelques nouveautés avec une interview de Warwick Davis agrémentée d'extraits de son journal de bord tourné sur le plateau et une petite sélection de matte painting. Le plus aguicheur est clairement la série de scènes coupées commentées par le réalisateur. D'une trame parallèle complète autour du père de Sorsha totalement évacuée à une séquence spectaculaire (et couteuse) dans laquelle Willow affronte une sorte de piranha géant (oui bon peu convaincant), les documents sont surprenant et avaient de quoi rajouter une bonne demi-heure au film.  Manque tout de même au programme l'ancien commentaire audio de Davis et un vrai documentaire rétrospectif avec les participations de toute l'équipe du film.

Liste des bonus : Scènes coupées avec Ron Howard (12'), « Willow : un héros improbable » : journal Vidéo de Warwick Davis (11'), « Making of : les coulisses d'une aventure » (23'), L'aube du numérique au cinéma : du « Morf » au « Morphing » (17'), Matte Paintings (1'). 

 
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