JAMAIS PLUS JAMAIS
Never Say Never Again - Etats-Unis - 1983
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Jamais plus jamais  »
Genre : Espionnage
Réalisateur : Irvin Kershner
Musique : Michel Legrand
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS-HD Master Audio 5.1, Français DTS 5.1
Sous-titre : Français, anglais…
Durée : 134 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 1 avril 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Jamais plus jamais  »
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LE PITCH
Lorsque deux missiles atomiques sont détournés par l’Organisation Criminelle SPECTRE, James Bond se retrouve alors au cœur d’une course-poursuite explosive pour sauver le monde du terrorisme nucléaire !
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Top secret !

Le miroitement des succès de la franchise James Bond en aura fait baver plus d'un. Sans parler des copies maladroites, à deux reprises des entourloupes juridiques et des failles dans les droits des romans de Ian Flemming auront permis qu'un producteur ayant le goût du risque se lance dans un projet « renégat ». Dans les années 60 c'est la comédie parodique yéyé Casino Royale, dans les années 80 le disputé Jamais plus jamais.

 

Une nouvelle lecture d'Opération Tonnerre, pourtant à l'origine d'un des épisodes les plus populaires des productions Eon et déjà incarné par un sémillant Sean Connery. Un acteur qui pourtant suit le projet depuis quelques années déjà, ayant failli au moment de L'Espion qui m'aimait mettre en boite en personne, avec le producteur Kevin McGlory, une vision dantesque, à la fois spectaculaire et sombre intitulée Warhead. Les plus décontractées et lumineuses années 80 en sont bien loin, et le retour de ce film à part ne se fera pas sans douleurs entre les multiples récritures du script (jusqu'à la fin du tournage), une production trop chaotique car occupée par le combat juridique avec Eon justement et quelques choix précipités qui entachent le résultat final : en l'occurence un climax absolument bâclé (boum t'es mort) et les compositions hors-sujets de Michel Legrand. A cela s'ajoute l'impossibilité à Jamais plus jamais d'avoir accès à un classieux générique signé Maurice Binder et aux thèmes de John Barry. Pas si évident de faire un James Bond sans pouvoir reproduire les canons d'un James Bond. Mais si l'on peut dire beaucoup de mal de Jamais plus jamais, il ne faut pas oublier qu'à l'époque Roger Moore signait lui aussi son grand retour dans un Octopussy aussi catastrophique artistiquement que totalement dépassé par son époque. Si les spécialistes se gaussent souvent de la guerre des budgets et des chèques glissés pour chacune des deux stars, à l'arrivée la différence est profondément artistique : l'un est un sombre nanar à l'humour douteux, l'autre est un authentique film d'espionnage.

 

Beyond eons

 

C'est qu'Irvin Kershner n'est pas le technicien John Glenn, et que sa volonté de faire un Bond différent permet clairement de dépasser les différences de casting, de faire oublier une trame brouillonne, pour laisser apparaitre une habile, et amusante, réflexion sur l'eternel retour du héros. Plus âgé certes, mais toujours affuté (les dialogues jouent beaucoup là-dessus), de nouveau bourru et brusque, Connery réussit à imposer son visage marqué, son corps moins athlétique qu'autrefois, sans tomber dans l'illustration pathétique du vieux-beau sur le retour. De la classe, il en a à revendre et le talentueux réalisateur de L'Empire contre-attaque et Les Yeux de Laura Mars, sait le mettre en valeur dans des scènes d'actions plus rares, mais crédibles et efficaces, ou dans un tango sensuel et dramatique avec une Kim Basinger débutante. L'acteur est très loin de sa contre-performance des Diamants sont éternels, et porte avec force, humour et décontraction, un film d'aventure doté d'une élégance constante qui offre aux fans de 007 quelques-unes des séquences les plus mythiques : une attaque de (vrais !) requins, un face à face par jeux vidéo interposé, des cascades extrêmement efficaces dans les rues de Nice, Basinger en nuisette... Mais ce qui frappe surtout dans Jamais plus jamais c'est qu'en refusant le spectaculaire outrancier et bêtement over the top (voir Moonraker), le film annonce directement les évolutions que va connaitre la série dans les décennies à venir : Bond plus humain et délaissant les gadgets (Permis de tuer, Casino Royale), méchante ultra charismatique et sadique (Famke Jansen dans GoldenEye est quasiment une copie de Barbara Carrera) et surtout un nemesis, représentant du SPECTRE, dont la nature industrielle et bassement libérale ressemble étrangement à ceux de la « trilogie » Daniel Craig. Et en particulier au manipulateur carnassier de Quantum of Solace. Les performances, excellemment réussies, de Mathieu Amalric et de Klaus Maria Brandauer, résonnent sur une même note cérébrale, machiavélique et surtout, économique. Franchement, il avait largement sa place dans le coffret 50ème anniversaire non ?

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Malgré le joli succès du film au box-office, Jamais plus jamais n'a pas vraiment connu un soin très poussé pour son exploitation vidéo. VHS atroce, DVD neigeux et terne, le Blu-ray en présence a enfin de quoi satisfaire les fans et donner à cet épisode de Bond sa vraie place dans la collection. Mais n'étant pas un épisode officiel, il n'a cependant pas reçu le même soin que les autres, n'ayant pas pu profiter d'une restauration aussi poussée et maniérée. La copie n'est donc pas parfaite, se montrant encore particulièrement abimée lors des plans composites, souvent marquée par quelques petites taches et peinant à se dépêtrer du fameux flou esthétique des années 80. Il n'en reste pas moins que l'apport de la HD est visible, redonnant aux couleurs légèrement passées de la photographie une pèche surprenante, laissant apparaitre une lumière brillante, un piqué très agréable et surtout des noirs impeccables. Du coup, ça vaut tout de même le détour.

 


Son :
La restauration sonore est par contre dénuée de vrais défauts. Plaçant admirablement les dialogues sur les enceintes avant, jouant sur quelques ambiances convaincantes et rendant un poil plus discrètes les musiques de Michel Legrand, le DTS HD Master Audio 5.1 anglais réussit à moderniser sans trahir. Une clarté assez loin malheureusement du DTS 5.1 français à la fois moins percutant et plus brouillon.

 


Interactivité :
Totalement bâclé lors de sa sortie en DVD en France, Jamais plus Jamais profite enfin des quelques bonus développés aux USA pour leur édition. Rien de colossal, mais face au vide, même une featurette passant une bonne dose de savon à ce cher Sean Connery a du charme. Il serait d'ailleurs dommage de passer un peu trop rapidement sur les trois featurettes disponibles ici puisque même si elles se révèlent assez courtes et qu'un segment entièrement dédié aux James Bond Girls du film fait un peu cliché, les différences interventions sont souvent très intéressantes. En particuliers grâce au franc-parler de Kershner qui n'hésite pas à revenir sur une production chaotique, de gros soucis d'écritures, une star très exigeante et même une Basinger difficilement gérable sur le plateau. Le réalisateur «à la voix de  Kermit » (est-ce lui qui a doublé Yoda dans L'Empire contre-attaque ?) parle de regrets, d'efforts, de finish achevé dans l'urgence, mais aussi de tarie pas d'éloge envers sa star masculine et Barbara Carrera avec laquelle ils ont presque entièrement improvisé le personnage. On le retrouve égal à lui-même dans le commentaire audio, accompagné cette fois-ci du spécialiste bondien Jay Rubin pour un comparatif plus poussé avec Opération tonnerre et une analyse complète des codes de la série. Pas si mal que cela au final.

 

Liste des bonus : Commentaire audio d'Irvin Kershner et Jay Rubin, Le Grand Jeu, Le Retour de Sean, Les Filles de Jamais plus Jamais, Bandes annonces.

 
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