THE AMAZING SPIDER-MAN
The Amazing Spider-Man - Etats-Unis - 2012
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « The Amazing Spider-Man »
Genre : Super-héros
Réalisateur : Mark Webb
Musique : James Horner
Image : 2.35 16/9
Son : Français et Anglais en DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français, Anglais et divers
Durée : 135 minutes
Distributeur : Sony
Date de sortie : 5 novembre 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « The Amazing Spider-Man »
LE PITCH
Abandonné par ses parents lorsqu’il était enfant, Peter Parker a été élevé par son oncle Ben et sa tante May. Il est aujourd’hui au lycée, mais il a du mal à s’intégrer. Comme la plupart des adolescents de son âge, Peter essaie de comprendre qui il est et d’accepter son parcours. En retrouvant une mystérieuse mallette ayant appartenu à son père, Peter entame une quête pour élucider la disparition de ses parents...
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Pris dans la toile

Le concept d'un reboot prématuré de la franchise Spider-Man semble tellement surréaliste que la gêne s'est propagée, une fois n'est pas coutume, bien au-delà des milieux cinéphiles. Redéfini par Andrew Garfield, Emma Stone et Mark Webb, réalisateur de la sympathique Rom-Com 500 jours ensemble, le nouveau Spidey entend bien tisser sa toile avec autant de fermeté que le personnage de Sam Raimi. Mais en a-t-il réellement les moyens ?

 

Menacée de se voir retirer les droits d'adaptation de Spider-Man au profit de Marvel Pictures / Walt Disney, dans le cas où un nouveau long-métrage ne viendrait pas frapper les écrans avant 2013, Sony Pictures tente d'accélérer la production d'un épisode 4 après le triomphe commercial (et le four critique) du dernier opus de Sam Raimi. Après avoir accepté de se pencher sur le script d'une nouvelle suite directe, épaulé par son duo d'acteurs vedettes Tobey Maguire / Kirsten Dunst, le réalisateur de Darkman jette l'éponge au bout de quelques mois. Les raisons diffèrent selon les témoins : tandis que les langues officielles évoquent l'impossibilité de Raimi de trouver un angle captivant pour montrer l'entrée définitive de Peter Parker dans l'âge adulte, les rumeurs veulent que les fâcheuses habitudes de la production prises sur Spider-Man 3 (ingérence dans l'écriture, le montage ou le choix des méchants) n'aient en rien disparu en coulisses du quatrième, confrontant Raimi à une nouvelle succession de compromission. Raimi, donc, s'en va réaliser dans son coin le modeste et non moins génial Jusqu'en Enfer, avant de s'attaquer au mastodonte Prequel du Magicien d'Oz. Alors que l'horloge légale tourne, le studio ne tarde pas à ressortir de ses tiroirs une ébauche de script en deux parties signée commandée à James Vanderbilt (Zodiac) durant la post-production de Spider-Man 3. Un script qui, surprise, détaille à nouveau la genèse du super-héros, à peine dix ans après la version difficilement égalable de Raimi. Lancé sur un terrain connu, et encore dans toutes les mémoires, là où Louis Leterrier avait la malice de tourner L'Incroyable Hulk comme la séquelle d'un film jamais tourné, The Amazing Spider-Man traîne dès le départ un lourd handicap ; handicap qui est loin de s'amenuiser durant les 2h17 du long-métrage.

 

Les 7 erreurs

 

Difficile de passer outre le jeu des sept erreurs que propose involontairement le film de Mark Webb durant ses deux premiers actes : en enchaînant consciencieusement les moments clefs de la naissance du personnage (harcèlement par Flash Thompson dans les couloirs du lycée, humiliation du Bully, sermon de l'Oncle Ben, premières interactions avec Gwen Stacey / Mary Jane, piqûre fatale, expérimentations dans le garage / la chambre, mort de l'oncle Ben, traque de l'assassin, rencontre avec un nouveau père spirituel, etc.), Mark Webb semble pousser son public à juger les qualités et les défauts de chacun ; et la comparaison, hélas, ne se montre jamais à son avantage, en dépit de compétences évidentes en termes de direction d'acteurs. Trop éclatée, la narration de The Amazing Spider-Man multiplie les personnages, les lieux, les intrigues secondaires, et le dialogue revient périodiquement sur les mêmes ressorts dramatiques alors que Raimi, dans une logique de balancement permanent d'un enjeu à l'autre, condensait l'évolution de ses protagonistes en une poignée de plans, l'ensemble formant au final une toile dramaturgique incroyablement solide (lire critique des deux premiers films - cf. colonne de gauche). Plus épisodique, mais paradoxalement plus statique (Parker n'a pas encore quitté le lycée à la fin du film), The Amazing Spider-Man dilue progressivement sa concentration, au point que la juxtaposition de scènes dialoguées et de séquences d'action (techniquement virtuoses mais rarement lyriques) se montre vite déséquilibrée. Lisse, propret, agréable sans jamais vraiment impliquer son spectateur, le film est par ailleurs tronqué par une avalanche de mémos de production totalement aléatoires, les commentaires geeks lus sur le Net durant toute la durée de la promotion étant vraisemblablement venus à bout de certaines séquences déjà dévoilées (le long plan-séquence en vue subjective du teaser, le dialogue entre Parker et le gardien de l'immeuble du premier extrait ou des dizaines de petites répliques vues ça et là dans les bandes-annonces ont totalement disparu)

 

Le peter Parker Show

 

A trop vouloir plaire à tout le monde, The Amazing Spider-Man ne choquera personne. Les efforts de Mark Webb pour humaniser son script on beau être évidents, ils finissent malheureusement tous par jouer contre le film lui-même. La fâcheuse habitude que prend Peter Parker de retirer son masque en toutes circonstances, à la manière du Sylvester Stallone de Judge Dredd, et son obstination à dévoiler son identité secrète à l'ensemble des protagonistes centraux (Gwen, son père, Curt Connors, Tante May) en disent long sur les errances de Webb et de ses producteurs en termes d'iconisation, le cinéaste cassant l'unité de sa silhouette et annulant tout effet de mystère durant la majeure partie des séquences impliquant Spider-Man. Spidey, ici, n'est autre que Peter Parker. La schizophrénie liée au personnage, que ce soit dans les bandes-dessinées ou chez Sam Raimi, s'en voit dès lors évacuée pour ne pas dire contredite, le tisseur devenant l'instrument bassement pragmatique de la vengeance de Parker. Sa prise de conscience vis-à-vis de ses propres responsabilités interviendra par ailleurs trop tard pour contrebalancer en dernier acte l'antipathie inspirée par nombre de ses premiers faits d'armes, une maladresse rapprochant ironiquement le film de Spider-Man 3. Reste le travail d'animation remarquable effectué par Randall William Cook (SOS Fantômes, Le Seigneur des Anneaux) sur le monte-en-l'air et le Lézard, ou encore l'idée de mettre en scène un super-héros plus fragile qu'à l'accoutumée, doté de lance-toiles friables (un concept directement issu de la BD), sensible aux chutes et aux coups de griffes, et dont le plus grand morceau de bravoure constituera ici à tisser sur plus d'un kilomètre, blessé à la jambe, jusqu'au repère haut perché de sa Némésis. Une très belle séquence, dont on aurait aimé goûter le souffle un peu plus tôt.

Alexandre Poncet








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Image :

Si le film en lui-même peut sur certains points laisser perplexe, le Blu-ray s'avère techniquement irréprochable, soulignant par la précision de l'image et le niveau de détail hallucinant le formidable travail réalisé sur les effets numériques. Alors que la HD a tendance à révéler la supercherie, les images de synthèse sont ici parfaitement intégrées aux prises de vue réelles, et les plans entièrement en CGI (voir interactivité) sont criants de vérité. Les contrastes sont puissants, la colorimétrie joliment saturée mais non moins parfaitement définie... Un régal pour la rétine.

 

Son :

Du DTS-HD Master Audio 5.1 à tous les étages. Le mixage oscille entre le subtil (les scènes de dialogues, soutenues par des petites mélodies de piano de James Horner) et le tonitruant, notamment lors du combat dans l'école ou du grand final sur le toit de l'immeuble. Le score de Horner n'a pas, et c'est peu dire, la classe de celui de Danny Elfman, mais ses orchestrations sont merveilleusement servies par une balance intelligente et une restitution cristalline de chaque sonorité. On vous conseillera enfin d'éviter la VF, les voix des jeunes héros se montrant désespérément plates.

 

Interactivité :

On ne pourra pas reprocher à Sony de n'avoir pas essayé de combler le fan, l'interactivité de ce Blu-ray n'ayant rien à envier à celle d'un Spider-Man 2. Certes, les commentaires se montrent en général moins passionnants que ceux de Sam Raimi, et l'on aurait aimé que l'abandon de Spider-Man 4 et la sortie de scène de Raimi, Maguire et Dunst soit un peu plus sincère (le problème des droits n'est pas évoqué ; mais après tout, la précipitation du lancement de The Amazing Spider-Man est assumé, et ce n'est déjà pas si mal). Reste que le making of signé Charles de Lauzirika (tous les Ridley Scott depuis Hannibal) se montre réellement intéressant, mettant en lumière le moindre choix narratif et esthétique d'une super-production par essence casse-gueule. Les modules supplémentaires sur les effets visuels, pour certains déjà intégrés au documentaire, révèlent par ailleurs les prouesses technologiques de Sony Imageworks. On apprend ainsi que deux combats entre Spidey et le Lézard (dans l'école et dans les égouts) ont été entièrement réalisés en images de synthèse, décors compris. Le résultat est tellement bluffant qu'on se demande pourquoi les films d'animation en CGI récents, hormis ceux de Pixar, peinent à atteindre ce niveau de réalisme. Tandis que 40 minutes de prévisualisations permettent d'en savoir un peu plus sur le style de travail de Marc Webb, le quart d'heure de scènes coupées souligne les errances scénaristiques du film, le montagne définitif n'ayant en rien enrayé les problèmes de ton, d'enjeux et de caractérisation. Enfin, un bonus spécifique à l'édition 3D permet à Marc Webb d'expliquer, en stéréoscopie s'il vous plait, ses choix de relief ; une idée novatrice digne de la réputation de Lauzirika.

 

Liste des Bonus : Commenaire audio, making of (1h45), scènes coupées, prévisualisations, featurettes, galeries promo

 
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