LES HUIT VERTUS BAFOUéES : 2 FILMS DE TERUO ISHII
Ijô seiai kiroku : Harenchi / Bôhachi Bushidô : Porno Jidaigeki - Japon - 1969/1973
Image plateforme « DVD »
Image de « Les Huit vertus bafouées : 2 films de Teruo Ishii »
Réalisateur : Teruo Ishii
Image : 2.35 16/9
Son : Japonais 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 170 minutes
Distributeur : HK Vidéo
Date de sortie : 12 novembre 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Les Huit vertus bafouées : 2 films de Teruo Ishii »
portoflio
LE PITCH
Les Huit vertus bafouées : Shino, un samouraï errant qui loue ses services au plus offrant, est sur le point de mettre fin à ses jours. Mais sa rencontre avec deux prostituées membres d’une organisation le fait changer d’avis. Un Amour abusif déviant et dévergondé : Dans le Tokyo de la fin des années 1960, une femme est victime des assauts répétés de son amant instable qui abuse sexuellement de sa personne sans jamais se soucier ni du jour ni de l’heure.
Partagez sur :
le japon (doublement) lubrique

Déjà largement exploité dans les deux précédents coffrets « Femmes criminelles » chez le même éditeur, le réalisateur sadique Teruo Ishii revient dans pour un duo curieux réuni dans un boîtier orange criard et kitsch à souhait.

 

Et si justement ces deux films ne rentrent pas directement dans la même collection, c'est qu'ils se détachent justement de l'image de marque du réalisateur, explorateur complaisant mais visuellement passionnant des multiples pratiques de la torture et du SM. Un maître du Ero Guro cinématographique, qui pourtant a commencé sa carrière dans quelques production pour enfants ou des bluettes romancées. C'est d'ailleurs à ces dernières que semble répondre Un Amour abusif, déviant et dévergondé (Ijô seiai kiroku : Harenchi), qui explore la relation difficile entre une jeune femme éprise d'amour et de mariage, et un homme marié auquel elle est soumise. Du grand classique, celle-ci s'efforçant de s'en détacher pour partir dans les bras d'un jeune homme plus fleur bleue, mais le film vire à la sauce tordue lorsque l'amant se révèle être un pervers manipulateur, passant son temps à rouer sa maîtresse de coups avant de la prendre sans consentement. Teruo Ishii parodie évidement, mais avec une grande cruauté, l'image virile de l'homme japonais, écrasant le sexe faible sous un mélange de beignes et de suppliques, mais l'abandonnant à la moindre difficulté (avortement, soucis d'argent, etc.). Un être vil, pleutre et finalement terriblement pathétique, que le réalisateur dépeint avec une ironie grotesque comme un homosexuel refoulé, comme un sadique parasite. Une coupe transversale de l'arrivée de la libération sexuel au japon, qui pèche tout de même par un jeu d'acteurs pas toujours des plus subtils, une vision caricaturale des sexualités « autres », mais qui laisse découvrir tout de même quelques superbes explorations visuelles du bonhommes, jouant sur les reflets, les filtres de couleurs et les ambiances pop comme seuls les « Roman Porno » pouvaient le faire.  

 

le sabre entre les jambes

 

En termes d'impact visuel, Les Huit vertus bafouées (Bôhachi Bushidô : Porno Jidaigeki) se  montre bien plus spectaculaire, travaillant son cinémascope avec un souci d'orfèvre, plongeant ses héros échappés d'un film de sabres dans des décors historiques constamment contredits par les effets de filtres, les nuits envahissantes et nombre d'expérimentations (montage, rythme, superposition), donnant corps aux pulsions sexuelles et aux effets plus ou moins désirables des drogues que les personnages ingèrent. C'est que ce long-métrage totalement outrancier et délirant est une adaptation d'un manga du duo Kazuo Koike / Goseki Kojima, célèbre pour la saga des Baby Cart. On retrouve ici la même vision pop, ultra violente et graphique du Chambara, donnant à Ishii l'occasion de livrer un véritable manga-live, mais gratiné par ses habituelles obsessions. Si les duels aux sabres sont particulièrement soignés (le final en plein trip est impressionnant) et si le scénario s'efforce de copier dans le milieu de la prostitution les habituelles dérives du pouvoir, le film est aussi une compilation extraordinaire de scènes érotiques roublardes, d'évocations de concupiscence, de découvertes du plaisir par la douleur, qui lui donnent presque l'aspect d'une parodie assumée du reste de la filmographie de l'auteur. Un véritable petit bijou d'exploitation, aussi roublard que coquin, qui fait montre d'une extraordinaire imagination pour dissimuler les zones stratégiques (pas d'entre-jambes dans un film nippon !), mais n'hésite pas à faire combattre à son héros une armée de ninjettes à poil. Quelques grands moments excessivement 60's, jamais très loins du cultissimes Sex and Fury de Noribumi Suzuki, qui contrastent avec l'interprétation monolithique du grand Testurô Tanba, semblant tout droit sorti d'un western italien. Le génie des contrastes...

Nathanaël Bouton-Drouard






Partagez sur :
 

Image :
Comme pour les précédentes sorties consacrées au même réalisateur, le coffret ne comprend aucun bonus vidéo, mais s'efforce de proposer chaque film sur un seul et unique DVD, pour mieux assurer une compression aux petits oignons. Sans être rutilantes de jeunesse, les copies se montrent relativement fraîches, en particulier Les Huit vertus bafouées qui étale plaisamment des couleurs vives et contrastées, et une définition lumineuse. Un peu moins en forme, Un Amour abusif souffre tout de même de teintes un poil baveuses et de légers flous sur certains plans. Le travail de restauration / remasterisation est cependant évident et devrait largement séduire les aficionados.

 

Son :
Les deux films ne sont disponibles que dans leurs versions japonaises d'origines (les films ont-ils été dans les années 70 distribués en France avec doublage ?). Du mono d'époque donc, mais nettoyé pour la circonstance et qui séduit par une réelle clarté.   

 

Liste des bonus : Bandes-annonces.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020