AMERICAN PIE 4
American Reunion - Etats-Unis - 2011
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Comédie
Musique : Lyle Workman
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français, anglais, néerlandais…
Durée : 110 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 3 octobre 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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site officiel
LE PITCH
Comme le temps passe... Souvenez-vous de cette année 1999 où quatre lycéens d'une petite ville du Michigan décidèrent d'en finir avec leur virginité. Quête héroïque, burlesque, inoubliable. Une décennie plus tard, Jim et Michelle sont mariés, Kevin et Vicky sont séparés, Oz et Heather se sont éloignés à contrecœur, tandis que Finch soupire encore après l'extravagante mère de Stifler. Quant à Stifler, rien ne le changera jamais. Amis d'hier, amis de toujours, ces jeunes hommes...
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Génération perdue

De nombreuses années se sont écoulées depuis les éjaculations précoces de Jim, les blagues graveleuses de Stifler et les bizarreries tantriques de Finch et avec elles la notoriété d'une saga qui a longtemps essayé de prolonger son succès à travers d'exécrables spins offs sortis en Direct to dvd. Pourtant, American Pie 4 vu le jour. Ainsi, après une sortie en grande pompes dans les salles obscures et une réception critique et public mitigée, voilà que la Dream team des années lycée fait son grand retour aux sources en DVD et Blu-ray, dans cet épisode plein de nostalgie. Mais cette fois encore, cela suffira-t-il ?  

 

Pour toute une génération d'adolescents boutonneux, le premier American Pie et sa suite Bigger than Life, se sont imposés comme la matérialisation de leurs fantasmes à une période de leurs vies où tout n'est articulé qu'autour du sexe. Représentation adolescente du rêve américain et de tout ce que cette société véhicule, que ce soit son goût pour la profusion, l'exagération, ou en encore sa tendance à l'édulcoration, American Pie a donc marqué une époque importante de notre jeunesse. Ainsi, lorsqu'une dizaine d'années plus tard, on retrouve les paumés de la promotion 1999 devenus adultes, dans des situations loin d'être celles qu'ils avaient imaginés, comme c'est surement le cas de beaucoup des jeunes gens naïfs du public d'hier devenus aujourd'hui adultes, on se surprend alors à être touché et à se laisser emporter par ce quatrième opus qui joue à fond la carte de la nostalgie. Retrouver Jim la gaffe, son père et ses sujets de conversation embarrassants, Stifler l'emmerdeur, ou encore Finch le geek snob est alors incroyablement rafraîchissant et quelles que soient les longueurs et la lourdeur d'une intrigue aussi fine qu'une feuille de papier on se prête relativement au jeu. D'autant que l'ensemble du casting de second rôles, tous issus de séries télés à succès, est hilarant et les situations abracadabrantesques du film, typique des teen movies et plus précisément de cette saga, sont quant à elles bien trouvées et aussi drôles qu'inattendues. Mais cette nostalgie implique forcement une contrepartie : la non-évolution de la saga qui aujourd'hui avec le quatrième épisode s'avère encore articulé autour des mêmes poncifs que dans les trois premiers opus.

 

freaks and geeks

 

Et malheureusement pour le petit dernier, aujourd'hui la vie du public visé par le film de Jon Hurwitz, Hayden Schlossberg n'est plus articulée de façon aussi obsessionnelle autour du sexe, que ce soit en raison de son âge avancé ou encore de la banalisation actuelle de l'érotisme dans notre société. American Pie 4 ne se trouve donc plus être la matérialisation des fantasmes excessifs de son public et perd ainsi le plus gros de son intérêt et de son capital humoristique. Et c'est d'autant plus apparent que le Teen movie, et plus généralement la comédie américaine, ont énormément évolué depuis les dix dernières années et que donc ce film apparait aujourd'hui un peu comme un Ovni. Pilier de l'évolution du Teenage movie aux États Unis au début des années 2000 American Pie était en effet le reflet d'un paysage cinématographique comique débridé, remplie de freaks, hors normes mais humains et terriblement attachants, comme le montre parfaitement les personnages des films des frères Farrelly, cousins au premier degré de la fine équipe d'American Pie. Toutefois depuis dix ans une tempête souffle sur la comédie américaine et elle se nomme Judd Apatow. Entouré peu à peu d'un véritable empire qui lui garantit la présence de ses codes et de son esthétique dans la quasi-totalité des films comique contemporains, le réalisateur de 40 Ans Toujours Puceau, propage son humour régressif et ses personnages de geeks attardés prônant partisan de l'hétéro-normativité. Et son influence sur American Pie 4 se ressent malheureusement, les personnages essayant contre toute attente de se ranger et de se complaire dans la normalité sans pour autant pouvoir lutter contre leurs excessivités, toute entière incarnés dans le personnage de Stifler.  Il en résulte alors un film étrange, le cul entre deux chaises, accablé par de nombreuses longueurs et lourdeurs. Attachant, mais trop hybride pour convaincre totalement.

Quentin Boutel










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Image :
Sans être extraordinaire le master HD d'American Pie 4 rempli le contrat. Bénéficiant d'un large panel de détails et d'une colorimétrie éclatante ,qui renforce l'impression de perfection et de naïveté banlieusarde américaine que véhicule le film et plus généralement la saga toute entière, le transfert manque pourtant souvent de pêche, la faute à des contrastes complètement à côté de la plaque (notamment lors des séquences nocturnes totalement ratées).

 

Son :
Sur le plan sonore même tableau, le transfert se révèle sympathique sans plus. En effet, si les effets d'ambiance sont particulièrement réussis sur la piste anglaise, à la fois dynamique et bien spatialisé, comme par exemple lors de la scène de bagarre dans le jardin, la version française quant à elle manque de subtilité et ne se joue pratiquement qu'en frontal. De manière plus générale, le toute manque cruellement d'effets enveloppants  ce qui est dommage pour un film qui mise autant sur le caractère imprévisible et fantasque de ses situations comiques.

 

Suppléments :
Sans être inintéressant, le commentaire audio des réalisateurs, comme la quasi-totalité des modules présents sur la galette, n'apporte ici pas grand-chose. En effet, une fois évoqué le bonheur d'avoir pu réaliser cet opus, la bonne ambiance générale sur le tournage et les quelques blagues et anecdotes de tournage graveleuses, rien ici ne justifie réellement le visionnage du film avec les commentaires. Pour ce qui est des scènes coupées, allongées et alternatives même combat,  elles n'apportent rien et le film étant déjà trop long, on est ravi que les scènes présentes ici ait été coupées. Pour ce qui est du bêtisier, il n'est pas très drôle, mais cela vient surtout du fait qu'un bêtisier de film comique tombe souvent à plat, le rire des personnages venant souvent plus de la pression que d'une blague mal placée. Viennent ensuite un certain nombre de modules associés aux personnages ou encore à des séquences clés du film. On retrouve par exemple un court module sur Jim et sur son père, ou encore sur l'élaboration et les répétitions de la chorégraphie de la scène de bagarre dans le jardin, ainsi que celles nécessaires pour la séquence de danse d'Oz. Drôle mais pas indispensable.

Liste des bonus : Scènes coupées, allongées, alternatives, Scènes version longue, Bêtisier, Réuni pour la « réunion » : la série redémarre, Le Meilleur de Biggs, Bronzage au Lac, Danse avec Oz, Le Père de Jim, L'album de la promo du film, Commentaire audio réalisateur.  

 
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