CARRé BLANC
France - 2011
Image plateforme « DVD »
Image de « Carré Blanc »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : Jean-Baptiste Léonetti
Musique : Evguéni Galperine
Image : 2.35 16/9
Son : Français Dolby Digital 2.0 et 5.1
Durée : 75 minutes
Distributeur : M6 Vidéo
Date de sortie : 21 août 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Carré Blanc »
portoflio
LE PITCH
Dans un monde déshumanisé, Philippe et Marie, deux orphelins, grandissent ensemble. 20 ans plus tard, ils sont mariés. Philippe est un cadre froid et implacable. Marie assiste impuissante à ce qu'ils sont devenus l'un pour l'autre : des étrangers. Leur destin bascule lorsque Marie décide de braver le système pour préserver ce qu'il reste de leur amour. Jusqu'où iront-ils pour continuer d'exister à deux, seuls contre tous ?
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calme blanc

Dans l'océan des productions formatées françaises, s'extirpe de temps à autre une oeuvre qui redonne foi dans le cinéma hexagonal. Parmi les innombrables comédies imbuvables et autres drames bavards et lénifiants, parfois, un titre et un réalisateur parviennent miraculeusement à émerger et tirer leur épingle du jeu en proposant un projet couillu et financièrement suicidaire. Mesdames et messieurs, bienvenu à Carré Blanc de Jean-Baptiste Léonnetti.

Ce premier film de Léonnetti, réalisateur du moyen-métrage Pays des ours, s'inscrit dans le genre très audacieux du récit d'anticipation, encore qu'aucune étiquette véritable ne puisse réellement coller au film... Le cinéaste donne à voir un monde (un futur ?) froid, gris, déshumanisé, dans lequel une caste de puissants invisibles domine une population réduite à vivre dans un artefact de société, dans laquelle les sentiments sont annihilés. Un univers où le droit de mourir n'appartient plus à l'individu, où chaque sourire est forcé, dans lequel la population est sans cesse soumise aux règles dictées par des haut-parleurs. Ainsi, alors que l'on devine une natalité en crise, chaque soir, des voix déshumanisées déclament inlassablement "c'est le soir pour faire un enfant..."

 

la part du spectateur

 

C'est dans ce contexte "Orwellien" en diable qu'évoluent Philippe et Marie, deux jeunes gens cassés par la vie, et dont l'histoire d'amour va traverser le récit. Sami Bouajila et Julie Gayet sont absolument remarquables, interprétant leurs personnages avec cette retenue et cette froideur totalement en phase avec l'univers du film. Un univers que Jean-Baptiste Léonnetti explore à l'aide d'une mise en scène d'une précision chirurgicale. Chaque plan, chaque mouvement de caméra, est utile à la découverte de ce monde cloisonné, clinique. Le jeune cinéaste impose une maîtrise assez bluffante pour un premier long. Graphiquement, Léonnetti joue avec les symboles, les surcadrages, les lignes fuyantes de ses décors ou celles au contraire emprisonnant les personnages, apportant une sensation de claustrophobie et d'étouffement, un certain malaise psychologique. La découverte de cet univers se fait essentiellement par petites touches visuelles, les dialogues sont à la portion congrue, même si la bande-son reste riche et très travaillée.
Pourtant, il faut reconnaître qu'apprécier ce Carré Blanc à sa juste valeur nécessitera un certain effort de la part du spectateur. L'ensemble des ingrédients réunis par Jean-Baptiste Léonnetti pour concevoir son film ne sont pas du style à prendre le spectateur par la main. Cet univers froid et géométrique demande un minimum d'implication pour parvenir à goûter les qualités d'une première oeuvre qui ne déparaillerait pas aux côtés de monuments tels que Soleil Vert et autres Orange Mécanique...

Nicolas Mouchel








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Image :
Les couleurs grisâtres, métalliques, bleutées du film sont très bien retranscrites sur cette copie. Quelques noirs manquent de profondeur et tirent de temps à autres vers le gris, mais rien de bien dramatique, puisque la patine visuelle et les parti-pris de cadrage du réalisateur ressortent magnifiquement.

 

  

Interactivité :
M6 Video propose une édition DVD quasiment nue de tout supplément. Juste une galerie de photos du film, et une malheureuse bande-annonce. Il est bien dommage que le cinéaste ne se soit pas expliqué sur la conception si rigoureuse de l'univers du film...

 

 

Son :
Deux pistes sonores sont proposées, l'une en 2.0, qui fait son travail sans plus. La 5.1 gagne logiquement en amplitude et permet d'apprécier le travail réalisé sur la bande-son. Bien que très peu dialogué au final, le film propose de nombreuses sources de sons (musique, messages radiophoniques,...) qui participent au malaise déjà créé par l'image.

 

Liste des bonus : Galerie photos, bande-annonce.  

 
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