AVENGERS
The Avengers - Etats-Unis - 2012
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Avengers »
Réalisateur : Joss Whedon
Musique : Alan Silvestri
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS-HD High Resolution 7.1
Sous-titre : Français
Durée : 142 minutes
Distributeur : Walt Disney Home Video
Date de sortie : 29 août 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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site officiel
LE PITCH
Soutenu par une mystérieuse armée extraterrestre, Loki dérobe le Cube Cosmique jadis convoité par les forces de l'Hydre dans les locaux du SHIELD. Pendant que Black Widow part chercher à l'autre bout du monde Bruce Banner, seul scientifique capable de détecter les radiations Gamma de l'objet, Nick Fury sollicite l'aide de Tony Stark et Steve Rogers...
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Avenged

Quelques années après le flop (pas vraiment mérité) de son premier long-métrage Serenity, Joss Whedon passe à la vitesse supérieure en acceptant de mener à bien l'entreprise la plus audacieuse jamais initiée par Marvel.

 

Les mauvaises langues annonçaient pour The Avengers un écueil historique, à la mesure du pari commercial que représentait ce crossover impossible, mélangeant l'ensemble des franchises fortes de la maison des idées. Entre les mains de n'importe quel cinéaste, le film aurait effectivement pu sombrer dans des schémas et formules d'un autre âge, amenant chaque star (Hulk, Captain America, Thor, Iron Man, mais aussi Loki, Black Widow, Œil de Faucon, Nick Fury et Maria Hill) à tirer la couverture à tour de rôle. Compte tenu des rythmes et des univers antinomiques desdits protagonistes, la collision aurait rapidement consumé l'intrigue. Heureusement, Joss Whedon n'est pas n'importe quel cinéaste. Plutôt que de zapper confortablement d'un héros à l'autre, le scénariste de Toy Story, accessoirement créateur des séries Buffy contre les vampires et Angel, analyse le problème sous tous les angles, questionne chaque ingrédient, remet en perspective chaque péripétie des longs-métrages précédents pour nourrir un script d'une cohérence, d'une complexité et d'une richesse aussi folles que la narration semble fluide et évidente. La première grande réussite d'Avengers est sans conteste son scénario multicouches, replaçant sur un échiquier géant l'ensemble des enjeux, des personnages principaux, des protagonistes secondaires et des technologies croisés dans les longs-métrages de Joe Johnston, Jon Favreau, Louis Leterrier et Kenneth Brannagh pour en décupler la puissance d'évocation. L'univers cinématographique Marvel, ayant pris l'habitude jusqu'alors de partir dans des directions contradictoires, prend enfin tout son sens devant les yeux de Whedon, dont la faculté à révéler l'aspect jubilatoire de chaque élément autant que ses résonnances politiques (la manipulation du SHIELD et l'ambigüité de Nick Fury sont au cœur du récit), mais aussi à disséminer tout au long du récit une multitude de petits instants précieux, d'échanges humains et irrésistibles, bref, de vrais moments de proximité émotionnelle, ne lasse pas d'impressionner.

 

double uppercut


Victorieux sur le fond (50 révisions seront nécessaires pour verrouiller chaque séquence ou ligne de dialogue ; ça se sent !), Whedon risquait de chavirer sur la forme, son passé télévisuel ayant suffi pour que beaucoup de cinéphiles méfiants le cataloguent avant l'heure parmi les inaptes d'Hollywood. Directeur d'acteurs hors-pair (le cast, pourtant très inégal dans les films précédents, est ici renversant de justesse, et le nouveau venu Mark Ruffalo bouffe littéralement la pellicule dans le rôle de Bruce Banner), Whedon semble prendre un malin plaisir à contredire ses malheureux détracteurs. S'ouvrant sur une poursuite à l'ambiance bondienne renvoyant au cinéma de Brad Bird, enchaînant les instants de jubilation infantile (le décollage de l'héliporteur) ou de pure magie chorégraphique (l'affrontement entre Thor et Iron Man, aussi virtuose et ciselé que la scène du métro de Spider-Man 2), Avengers avance en crescendo, pied au plancher, jusqu'à se permettre en milieu de métrage un gros morceau de space opera en montage parallèle rappelant les grandes heures de la trilogie Star Wars originale. Une séquence d'anthologie étourdissante cachant pourtant un final dantesque d'une bonne demi-heure, dont l'écriture compulsive (contrairement au blockbuster moyen, chaque péripétie est écrite ; et il y en a beaucoup !) n'a d'égal que l'opulence des money shots (prévoyez à peu près 200 écarquillements d'yeux). Phénoménal et totalement inédit dans le genre (Michael Bay risque de pleurer de jalousie devant l'ampleur de la chose), le spectacle sert toujours les personnages, lesquels ont le bon goût de perpétuellement évoluer (dans les deux sens du terme) en groupe, leurs trajectoires interdépendantes aboutissant à un plan-séquence héroïque comme jamais le cinéma de super-héros ne nous en avait offerts jusqu'ici. Emouvant dans sa construction progressive de l'improbable communauté éponyme, autant que dans son audace et sa générosité formelles (le travelling circulaire autour des Avengers, martelé par le score dément d'Alan Silvestri, tirera des larmes aux fans de la première heure), le film de Whedon surprend, pour user d'un doux euphémisme. Plus qu'un essai transformé, un miracle.

Alexandre Poncet










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Image :
Sur le plan technique Avengers exhibe une édition Blu-ray digne de ce nom capable d'offrir la possibilité aux spectateurs de salon de découvrir ou de redécouvrir dans les meilleures conditions ce magistral et intelligent divertissement signé Joss Whedon. Le transfert en HD est en effet absolument bluffant en proposant une qualité d'image optimale qui sublime le travail d'orfèvre accompli sur la photographie du film. Le principal défi d'Avengers étant de réunir les univers radicalement différents des films réalisés auparavant, le premier touché par ce travail de puzzle est la photographie. Grace à une image au piqué admirable on perçoit ainsi de façon extrêmement subtile les teintes sépia très oldies des séquences avec Captain America, ou encore l'environnement métallique et technologique qui surcharge les séquences de présentations d'Iron Man, mais aussi et surtout les contrastes fort et les objets verdâtres qui viennent avec parcimonie envahir le cadre des séquences de Banner, symbole d'une part d'obscurité abritant un monstre tout vert. Leur lente fusion esthétique n'en est alors que plus explosif  comme en témoigne cette virtuose séquence finale à New-York, véritable feu d'artifice visuel dont les incroyables effets-spéciaux passent haut la main l'épreuve du transfert HD.

 


Son :
Avec la musique à la fois dynamique et élégiaque d'Alan Silvestri, comment douter une seule seconde de la qualité sonore du Blu-ray d'Avengers. Toute aussi magistrale que celle de l'image, la qualité sonore du transfert HD passe par une spatialisation optimale de l'ambiance extrêmement dynamique et une puissance incroyable dans les frontales. On profite ainsi avec jouissance de chaque élément sonore qui peuple la piste comme le fracas du marteau de Thor, les gémissements de l'asphalte sous les pas monumentaux du Hulk ou plus subtilement l'impact des poings de Steve Rogers sur le punching-ball qui démontre la puissance du soldat sans en faire des caisses. Mention spéciale évidemment donc à la séquence finale qui couple la réalisation prodigieuse de Whedon avec l'efficacité des frontales lors des explosions, des combats au corps à corps, et la spatialisation des effets de la destruction qui s'opère aux quatre coins de la ville, des tirs de fusils, au profit d'une immersion presque jamais égalée.  Pour autant, les dialogues ne sont pas en laisse grâce à deux pistes sonores d'une grande profondeur (notre préférence va bien sûr à la piste V.O plus subtile et dynamique) qui permettent d'apprécier autant les blagues pince sans rire de Stark, que les dialogues mélancoliques de Mark Ruffalo génial en docteur Jekill torturé.

 


Interactivité :
Comme pour Cheval de Guerre de Spielberg, il faut prendre garde à l'édition que l'on choisit, puisque d'une édition à une autre certains modules disparaissent. L'édition standard du Blu-ray propose tout d'abord un module de six minutes sur les coulisses du tournage, qui à la vue de la durée ne se révèle finalement être qu'une bande promo d'où rien de réellement intéressant ne s'en dégage. On est en revanche davantage séduit par le bêtisier qui malgré sa durée très réduite (4minutes) est à mourir de rire (spécialité de Joss Whedon il faut dire) et notamment le gag final de Mark Ruffalo. Les scènes coupées sont également très enrichissantes, puisqu'elles proposent des explications supplémentaires à l'instar des admirables introductions et de conclusions alternatives qui mettent en scène l'actrice Cobie Smulder et privilégie un ton beaucoup plus tragique que dans le montage actuel. Enfin, on trouve un court-métrage appelé « Édition unique Marvel N°47 » qui sans être déplaisant n'apporte pas vraiment grand-chose à l'univers construit par la licence Marvel depuis une dizaine d'année. C'est peu, il est vrai, toutefois deux autres éditions pallient quelque peu à ce manque. L'édition Blu-ray 3D tout d'abord, mais aussi l'édition Blu-ray spécial Fnac qui proposent toutes deux une galette supplémentaire où se trouve un très intéressant et imposant module appelé « L'univers cinématographique de Marvel » qui est à ce jour le documentaire le plus complet sur tout ce qui a été fait par la Marvel depuis que le projet Avengers a été lancé. Année par année et à travers de nombreux témoignages de techniciens, producteurs et même dessinateurs, on suit alors chacune des productions des films Iron Man jusqu'à Captain America, pour finir sur les défis du film censé les rassembler, The Avengers. Agaçant tout de même de devoir soit s'engager sur une galette relief dispensable ou d'accepter le principe de l'exclusivité pour en profiter. Plus agaçant est encore de constater que les américains, eux, pourront profiter d'un commentaire audio du réalisateur, surement aussi passionnant que tous ceux enregistrés pour ses réalisations précédentes (de Buffy à Serenity), mais aussi un making of inédit et autres vidéos incrustées en PiP. Alors oui, le Blu-ray sort chez nous avec un mois d'avance... mais à quel prix ?

Quentin Boutel

Liste des bonus : Bêtisier en HD (4'), Huit scènes coupées en HD (15'), Court métrage Édition unique Marvel N°47 en HD (11'), Coulisses du tournage en HD (6'), L'univers cinématographique de Marvel (90'). 

 
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