SHERLOCK SAISON 2
Sherlock Series 2 - Angleterre - 2012
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Sherlock Saison 2 »
Genre : Policier
Réalisateur : Paul McGuigan, Toby Haynes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 270 minutes
Distributeur : France télévision distribution
Date de sortie : 24 avril 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Sherlock Saison 2 »
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site officiel
LE PITCH
Sherlock Holmes au XXIe siècle ! Détective surdoué, et même hyperactif, il manie la science de la déduction, le flegme et l’humour avec sa dextérité légendaire… mais avec les outils d’aujourd’hui : téléphone portable, Internet, microscopes électroniques et techniques d’analyses les plus modernes de la médecine légale sont ses nouveaux alliés, ainsi que le Dr Watson…
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élémentaire

Nouvelle surprise, nouveau petit chef-d'œuvre à mettre au crédit du scénariste / producteur Steven Moffat (Dr Who), Sherlock a été un choc pour de nombreux spectateurs, plus habitués à découvrir des enquêtes somnolentes que des aventures débridées et intellectuelles de cet acabit, surtout au format 3x90 minutes. Le pire ? La seconde saison fait encore mieux !

 

Bien malin qui aurait imaginé que des producteur anglais auraient l'outrecuidance de se réapproprier l'univers du plus grand des détectives, en l'arrachant ouvertement des mains des studios américains de la Warner. Les deux films de Guy Ritchie ont démontré avec une décontraction empruntée et des tics de réalisation trop appuyés que ce sacré Sherlock Holmes pouvait encore fasciner dans ce nouveau millénaire (merci Robert Downey Jr.). Grâce à la modernisation nécessaire de ses apparats, Steven Moffat et Mark Gatiss poussent l'idée plus loin encore, décrivant les aventures d'un Sherlock aussi odieux qu'attachant dans une Londres contemporaine. Changement d'époque, changement de coutumes, mais la première saison a fait forte impression en éprouvant le talent d'écriture des deux compères (sortis de la dernière mouture de Dr Who et d'un certain Les Aventures de Tintin pour le premier), jouant constamment entre les références de geeks littéraires sidérantes de précision, réorganisant certaines nouvelles entre elles, intégrant à la perfection les nouvelles technologies (les e-mails et sms qui s'inscrivent à l'image, le point de vue de Sherlock qui dirige la caméra) sans jamais perdre de vue l'essence prestigieuse du personne.

 

la vie privée de sherlock holmes

 

Le méconnu Benedict Cumberbatch (futur Kahn dans Star Trek 2 de J.J. Abrams) dans le rôle titre touche au génie, mêlant une constante rigueur avec une fébrilité maladive, des airs hautains et des manières malhabiles, donnant d'autant mieux corps au personnage qu'il contraste parfaitement avec la bonhomie de Martin Freeman (futur Bilbo le Hobbit), contrepoint autant humoristique qu'émotionnel qui redonne toute sa noblesse au Dr Watson. C'était d'ailleurs là l'enjeu de la première saison : installer avec énergie des scénarios complexes, mais légers, et surtout ce nouveau duo. Quid de la seconde saison donc, attendue par des milliers de fans laissés pantelants après un final plus que tendu ? Comme s'il fallait déconstruire tout ce qui avait été construit, Steven Moffat et Mark Gatiss (qui d'ailleurs incarne le frère de Sherlock) s'attaquent à la personnalité immuable de la création de Conan Doyle, l'obligeant à se confronter à ses propres failles, à ses émotions tant refoulées. Le duo n'hésite pas à réécrive ni plus ni moins que les trois textes les plus célèbres (Un scandale en Bohème, Le Chien des Baskerville et Le Dernier Problème), pour aboutir à de nouveaux téléfilms jubilatoires, construits en poupées russes et en puzzle de 3000 pièces, mais qui sont surtout d'autant plus fascinant qu'ils s'approchent chacun d'une menace différente : la femme, la terreur et la mort.

 

son dernier coup d'archet

 

Et c'est sans doute pour cela que la seconde saison est encore plus réussie que la première, car libérée de ce qui était sans doute la peur de donner une nouvelle vision de ce monument littéraire et populaire. Les deux créateurs égratignent la figure de pierre et jouent avec machiavélisme de la sympathie inspirée par ces personnages. En particulier dans le superbe premier opus, A Scandal in Belgravia, superbe mise à nue (métaphorique et réelle) d'un héros désemparé devant la beauté, la sensualité et l'intelligence d'Irene Adler (sublime Lara Pulver), maîtresse dominatrice et créature insaisissable. Entre tango linguistique, duel cérébral et appel des corps, l'alchimie fonctionne d'autant mieux que la mise en scène est d'une inventivité inédite, jouant avec un ralenti extrême, des décadrages courageux et quelques dispositifs carrément renversants, faisant de ce mini-film l'un des grands moments de la télévision moderne. Même si les deux essais suivants paraîtront alors toujours un degré en deçà, ils ne sont pas en reste non plus, le second jouant aux X-Files avec une franchise rayonnante, le dernier s'imposant comme le face-à-face attendu et définitif avec le psychotique Moriarty. Le choix d'ailleurs de donner le rôle à un presque juvénile Andrew Scott révèle ici toute sa pertinence effrontée, tant l'effet de miroir déformant permet de creuser respectivement la psychologie des deux personnages d'un seul coup d'œil. En tout cas, une seule constance au cours de ces trois nouveaux épisodes : le talent, le talent, toujours le talent... Et en France, c'est quand qu'on en produit, des bijoux comme ça ?   

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Pas besoin d'aller chercher bien loin, France télévision reprend ici directement les masters numériques des Blu-ray anglais... vus à la télé sur les chaînes HD. Pas de grosse surprise donc, la profondeur de champ, la gestion racée des couleurs et lumières, le léger grain très agréable sont joliment mis en valeur par une compression irréprochable.

 

Son :
Les mystères de la distribution française. Alors que toutes les éditions étrangères proposent fièrement un DTS-HD Master audio 5.1 des plus pointilleux, chez nous, version originale et doublée (mollement) se retrouvent comprimés dans des Dolby Digital 5.1 pas franchement du même gabarit. La dynamique de la version anglaise reste heureusement présente, généreuse même, mais on est bien loin de la minutie et de l'amplitude des derniers standards. Dommage.

 

Interactivité :
Les fans avaient été outrés de voir que la première saison parvenait chez nous sans aucun supplément. Un impair plus ou moins réparé ici puisque les bonus de l'édition anglaise sont bel et bien présents. Et en particulier les deux commentaires audio réservés aux deux premiers épisodes, qui permettent à un sacré beau monde de venir échanger ses anecdotes, sa vision des personnages et une multitude de précisions techniques. Assez drôles, décontractés et intéressants, ces intervenants n'ont malheureusement pas été sous-titrés en français, les réservant aux bilingues éprouvés (accent très prononcé pour certains). Reste alors le petit making of dont les vingt minutes paraissent bien trop courtes. Sans doute parce que les interviews croisées sont sympas, que les questions de la mise en scène et de l'adaptation sont abordées et que le tout est emballé par des images de tournage. Du coup, c'est trop court.

 

Liste des bonus : Commentaires audio de Steven Moffat, Mark Gatiss, Sue Virtue, Benedict Cumberbath et Lara Pulver sur deux épisodes, Sherlock à découvert (19'), Bande-annonce.

 
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