VIDEODROME
Canada - 1983
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Videodrome »
Genre : Horreur
Réalisateur : David Cronenberg
Musique : Howard Shore
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français Mono
Sous-titre : Français
Durée : 87 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 21 février 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Videodrome »
portoflio
LE PITCH
Le patron d'une petite chaîne érotique sur le câble capte par hasard un mystérieux programme-pirate dénommé Vidéodrome, qui met en scène tortures et sévices sexuels. Son visionnage provoque peu à peu des hallucinations et autres altérations physiques. La frontière entre réalité et univers télévisuel devient bien mince, et la folie guette...
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The human VCR

Près de 30 ans après sa sortie en salle, Videodrome revient sous le feu des projecteurs grâce à la sortie en toute discrétion de sa réédition en « haute définition ». Alors que de nombreux film d'anticipation ont du mal à garder leur fraîcheur au fil des ans, qu'en est-il du chef-d'œuvre de David Cronenberg ?

 

Après une première série de longs-métrages d'un genre nouveau et en voulant surfer sur le succès de Scanners, Videodrome marque l'entrée de David Cronenberg dans l'univers des grosses productions. Dépensant un budget confortable à l'époque (près de 6 millions de Dollars !), Universal mise sur un pari risqué en laissant les mains libres au réalisateur hautement subversif qu'était Cronenberg. Le jeune trentenaire s'essaie alors pour la première fois à la rude tâche de l'écriture du scénario, une écriture difficile sur un sujet périlleux dans les années 80 ! On ne touche pas à la sacro-sainte télévision, d'où la formation de l'église cathodique. Un petit écueil qui restera finalement le défaut de jeunesse de Vidéodrome, qui hérite en conséquence d'une narration légèrement chaotique mais qui dégage des idées d'une incroyable puissance. Et force est de constater que malgré son âge honorable, le film garde toute la fraîcheur et la pertinence de son approche des médias. Les dérives imaginées par Cronenberg, déjà rafraîchies dans Existenz, viennent trouver un écho tout particulier, ce qu'il est possible de voir dans les insondables données du peu reluisant Internet underground, le tout accessible d'un simple clic depuis un moteur de recherche.

 

the new flesh

Une dérive et une surenchère constante, à mettre en parallèle avec la dégénérescence lente et progressive de l'utilisation de la télévision, brillamment imagée par l'apparition de la tumeur cérébrale des spectateurs de la chaîne câblée Videodrome. Une idée géniale et finalement en adéquation avec l'ensemble du long-métrage, que ce soit pour l'utilisation du score grandiose de Howard Shore ou l'atrocité des effets spéciaux du maître Rick Baker (Le loup-garou de Londres) et de son assistant Steve Johnson (Spider-Man 2), qui mettront à l'épreuve l'estomac des plus courageux par leur violence graphique et leur déviance assumée. Véritable coup de génie, Videodrome reste probablement l'un des meilleurs films de son auteur, cristallisant en une seule œuvre référence l'ensemble de ses obsessions. Obsessions qu'il redéveloppera tout au long de ses réalisations suivantes : corruption de la chair (La Mouche), sexualité déviante (Crash) et troubles de la personnalité (Faux Semblants, A History of Violence). Cette ressortie vient remuer les tripes et les méninges de ses spectateurs, tout en décuplant notre attente vis-à-vis de Cosmopolis, dernier film en date de Cronenberg, qui semble renouer avec ses thématiques favorites, pour le plus grand bonheur des fans déstabilisés par le radical changement de ton entamé avec Les promesses de l'ombre.

Jeremy Chateauraynaud






 

 

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Image :
Indigne... C'est le seul et unique mot qui vient à l'esprit lors du difficile visionnage du disque « haute-définition » de Videodrome. La qualité de l'image est malheureusement inversement proportionnelle à celle du long-métrage. Dès les premières minutes de film, on remarque rapidement l'extrême rugosité du master, arborant un grain omniprésent (les scènes sombres sont dignes d'un VHSrip) et un étalonnage foireux des couleurs. Alors que la photo de Mark Irwin semble être tout en subtilité, on se retrouve avec l'inverse à l'écran, à savoir des teintes archi-saturées, en particulier dans les rouges, ce qui n'est pas sans rappeler les premières minutes de Rain man pour ceux qui ont posé les yeux sur le « blu-ray ». Tout cela vient donc ajouter de l'eau au moulin à ceux qui ne voyait ici qu'une réédition purement opportuniste, sans aucune tentative de restauration, à quelques mois de la sortie du dernier opus du Maître Cronenberg. On aurait bien du mal à les contredire...

 

Son :
Du côté des oreilles, ça ne vole pas plus haut malheureusement, deux misérables pistes audio en mono d'origine sont proposées. Alors certes, on respecte le format d'origine, mais on aurait également aimé profiter du format pour obtenir une petite mise à jour vers des formats un peu plus spatialisés... On se contentera donc d'un résultat assez plat et, par définition, frontal. Dommage, on aurait pourtant apprécié un peu plus d'immersion dans le score envoutant du génial Howard Shore...

 

Interactivité :
On ne va surprendre personne en annonçant l'absence de bonus. Ce qui vient ajouter un peu plus d'amertume à tous les fans du cinéaste qui était en droit d'attendre au moins une reprise de ce qui était déjà sorti avec le DVD collector zone 1. Il est d'ailleurs à noter que les images défilantes du traditionnel menu principal Univeral dévoilent TOUS les moments clés du film, y compris le final. Vous aurez donc tout intérêt de lancer automatiquement le film si vous ne l'avez jamais vu... On ne pourra pas dire qu'on ne vous aura pas prévenus !


Liste des bonus : Aucun.

 

 

 

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