LIVIDE
France - 2011
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Livide  »
Genre : Horreur
Musique : Raphael Gesqua
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Anglais
Durée : 91 minutes
Distributeur : M6 Vidéo
Date de sortie : 3 mai 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
En Bretagne, la nuit d'Halloween. Lucie Clavel et deux copains décident sur un coup de tête de cambrioler la maison de Deborah Jessel, une professeur de danse classique, aujourd’hui centenaire énigmatique plongée dans le coma. Durant cette nuit tragique et fantastique, Lucie perse le mystère de cette maison et le secret de Deborah Jessel.
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lit plein

De la nouvelle vague de cinéma d'horreur francophone, A l'intérieur restait l'unes des principales réussites, à la fois d'un point de vue créatif (depuis quand n'avions-nous pas vu un tel déferlement d'effets gore ?) et d'un point de vue commercial (près de 100 000 entrées, soit beaucoup plus que les deux derniers Jean-Jacques Annaud réunis).

 

Hollywood aura bien sûr tenté de séduire Alexandre Bustillo et Julien Maury, les duettistes se retrouvant en première ligne sur une masse écrasante de revivals de classiques des eighties : Les Griffes de la nuit (refusé pour cause de script minable), Hellraiser (avorté pour raisons de budget), Halloween 2 (repris in extremis par Rob Zombie, soudain disponible)... Un temps affairés à préparer Neige, un mystérieux survival, chez Thomas Astérix aux jeux olympiques Langmann (abandonné pour cause de Langmann), Bustillo et Maury se rabattent finalement sur Livide, projet qu'ils avaient déjà évoqué à leurs producteurs d'A l'intérieur, La Fabrique de Films. Devant prendre pour décor les terres meurtries de l'Irlande (le réalisateur d'Isolation Billy O'Brien les épaule dans cette voie), et mettre en vedette un certain Elijah Wood, Livide retrouve finalement le plancher des vaches françaises. Exit la coproduction internationale, adieu le copieux budget. Le film s'exile vers les cotes bretonnes mais ne perd pas pour autant de vue l'intention originelle des deux auteurs.

 

massacre dans le train fantôme

Pour des raisons sans doute purement pécuniaires, il y a des chances que Livide frustre au final bon nombre de fantasticophiles, des réécritures à l'économie se devinant dans son enchevêtrement d'intrigues. Peu ou prou de liant, ainsi, dans les éléments fantastiques qui régissent le film : on y croise des animaux empaillés animés d'une vie propre, des vampires cadavériques qui volent et s'effritent comme du plâtre aux rayons du soleil, des victimes zombifiées, des fantômes attirant leurs proies dans une dimension parallèle... A boire et à manger. Généreux comme ils avaient pu l'être avec A l'intérieur, Bustillo et Maury s'évitent tout effort de tri. Leur imagination couplée à leurs désirs d'hommages cinéphiliques les poussent à juxtaposer les idées contraires, à enchaîner les atmosphères antinomiques. C'est là le principal défaut mais aussi la principale qualité de Livide, dont la narration en forme de train fantôme ravive le souvenir du cinéma paradoxal que Tobe Hooper pouvait proposer au cours des eighties. Alternant le rire, l'angoisse et le Grand-Guignol (les effets, très sanglants mais parfois caoutchouteux, auraient gagné à être un peu mieux mis en valeur par la photographie), Livide est une œuvre étrange, unique, un parcours de montagnes russes sans queue ni tête tenu miraculeusement tenu par la personnalité d'une héroïne attachante, reflet d'une jeunesse en mal d'espoir dans une France profonde en période de crise. Se payant à l'occasion de jolies envolées poétiques (la découverte du monde de la nuit du point de vue d'une suceuse de sang convertie), aptes à contrebalancer les idées visuelles les plus ridicules (la dernière image, gâchée par manque de temps de tournage), Livide laisse dubitatif autant qu'il enthousiasme. La beauté du cinémascope, la justesse de la direction d'acteurs (ce qui n'était vraiment pas le cas dans A l'intérieur), la précision d'écriture des deux premiers actes et la puissance du score de Raphaël Gesqua, sous haute influence de Christopher Young, donnent en tous les cas foi en l'avenir du duo.

Alexandre Poncet






 

 

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Image :
La superbe photographie de Laurent Barès (déjà en action sur A l'Intérieur) n'a pas a rougir de son transfert en Blu-ray : le clair-obscur fonctionne à merveille, les couleurs affichent une tenue irréprochable et les noirs sont d'une profondeur sidérale. De la très belle HD qui permet d'ailleurs aux séquences les plus sombres de révéler nombre de détails sans faillir et de jouer avec ferveur le jeu des contrastes.

 

Son :
Tout logiquement, seule la piste française est présente (eh, c'est un film français !) mais heureusement dans un DTS-HD Master Audio 5.1 méchamment efficace qui souligne encore une fois l'importance de l'ambiance pour les deux réalisateurs. Inquiétante, enveloppante, généreuse, cette dernière fait sursauter à de nombreuses reprises tout en insistant joliment sur la tonalité mélancolique du long-métrage, porté à bout de bras par la très belle musique de Raphaël Gesqua. Le caisson de basses se ferait presque oublier dans tout ça, mais c'est pour mieux surprendre à maintes occasions. Un très bon mixage pour un film d'horreur. A noter que le Blu-ray propose des sous-titres anglais, histoire de faire tourner la copie auprès des copains du monde entier.

 

Interactivité :
Passé inaperçu dans des salles françaises décidément bien frileuses vis-à-vis de la production de genre hexagonale, Livide nous parvient heureusement en Blu-ray pour, on l'espère, une seconde vie méritée. L'éditeur a ainsi fait l'effort d'enregistrer quelques suppléments pour l'occasion avec les attendues interviews des deux réalisateurs (Bustillo en mode autiste, Maury toujours aussi souriant), mais aussi des acteurs dont une Catherine Jacob manifestement emballée à l'idée de participer à ce genre d'aventure. C'est d'ailleurs le sentiment général qui ressort de ces courts entretiens : l'envie de bousculer la fourmilière et de livrer un authentique film fantastique. Pour le comment et le pourquoi justement, il faut se diriger vers le commentaire audio enregistré par le duo de cinéastes. Tous les deux finalement très bavards, passionnés et nourris de l'envie de partager un véritable moment avec l'auditoire, ils rivalisent d'anecdotes plus ou moins utiles, mais toujours très amusantes (le grillage en fer forgé qui les occupe bien cinq minutes). Elles permettent tout autant d'appuyer certaines de leurs décisions artistiques, mais aussi de revenir sur une production pas toujours évidente (acteurs abandonnant la veille du tournage pour raison médicale) et un jonglage permanent avec les compromis. De quoi rendre les imperfections plus attachantes. La piste sonore évoque aussi, d'ailleurs, un générique d'ouverture sauvé par les images de l'équipe du making of.... Mais où est-il ? De la même façon, où sont les nombreuses scènes coupées évoquées ? A priori Livide a tout de même payé le prix de son échec commercial.


Nathanaël Bouton-Drouard


Liste des bonus : Commentaire audio des réalisateurs, Interviews (20'), Croquis, Bandes-annonces.

 

 

 

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