CLOVERFIELD
Etats-Unis - 2008
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Cloverfield »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : Matt Reeves
Musique : Divers
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français en DD5.1 Plus, Anglais en Dolby True HD
Sous-titre : Français, anglais et divers
Durée : 100 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 8 août 2008
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Cloverfield »
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site officiel
LE PITCH
New York - Une fête bat son plein lorsqu'une violente secousse ébranle soudain l'immeuble. Les invités se précipitent dans la rue où une foule inquiète s'est rassemblée en quelques instants. Une ombre immense se profile dans le ciel, un grondement sourd se fait entendre... et la tête de la Statue de la Liberté s'effondre brutalement sur la chaussée..
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Des pépins dans la grande pomme

Alors que le phénomène s'était dissipé peu après le triomphe du Projet Blair Witch, 2008 aura vu la sortie d'une pléthore de documenteurs, parmi lesquels [Rec] de Jaume Balaguero, Diary of the Dead de George A. Romero et ce Cloverfield parrainé par l'étoile montante d'Hollywood, J.J. Abrams.

 

Vendu à grands renforts de teasers choc (le plus célèbre voyant la chute en plein Manhattan de la tête de la statue de la Liberté, une image utilisée a posteriori comme affiche), de faux sites web concoctés par l'équipe du marketing et dissimulé sous des titres énigmatiques (le premier étant carrément la date de sortie américaine : 1-18-08), Cloverfield avait su faire monter la sauce. Au point que son genre proprement dit, le film de monstre à la Godzilla, restera jusqu'au bout un secret pour la quasi-intégralité du public, de même que la physionomie de sa créature. C'est presque là le plus beau tour de force du film de Matt Reeves, à une époque où la surcommunication parvient à éventer les tenants et aboutissants du moindre blockbuster. Mais le résultat en valait-il la chandelle ?

 

Total Annihilation

 

Faux-événement ayant permis à la clique de J.J. Abrams de rassurer la Paramount quant à sa validité commerciale après le semi-échec de Mission : Impossible III (et pour cause, la bande s'attaquant en parallèle à la renaissance de la franchise Star Trek), Cloverfield ne brille ni par son originalité, ni par ses enjeux dramatiques proches d'un soap opera. La gestion de la caméra-vérité tourne également bientôt à vide, le réalisateur ayant eu la fâcheuse idée de confier son objectif à un comique de service parkinsonien, incapable de tenir un cadre droit malgré le stabilisateur ultra-évolué de sa caméra HD (laquelle caméra capte les dialogues alentours comme si tout le monde disposait d'un micro-cravate ; passons). L'intérêt est ailleurs, dans le gigantisme avec lequel Reeves décrit la lente destruction de New York. Bénéficiant d'effets visuels ahurissants (signés Phil Starship Troopers Tippett ; ceci explique cela), Cloverfield aligne les peintures apocalyptiques inédites, et use parfois d'environnements triés sur le volet (un magasin Hi-Fi où des dizaines d'écrans diffusent en simultané plusieurs chaînes d'infos) pour multiplier les angles au sein même de ses plans-séquences. Divertissement graphiquement foisonnant en dépit de sa structure linéaire, Cloverfield se paie enfin le luxe d'idées narratives en adéquation parfaite avec son sujet, comme ces images heureuses, enregistrées un mois avant le désastre, que le cinéaste intercale à l'action à chaque fois que le cadreur éteint la caméra. Une manière de rappeler, alors que la K7 se voit bientôt emplie de bruit et de fureur, que rien ne pourra nous ramener en arrière.

Alexandre Poncet








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Image :

Difficile d'attaquer le Blu-Ray de Cloverfied sur le terrain de le vidéo car en dépit de ses partis-pris graphiques, l'image se montre incroyablement riche en couleurs et en détails, et profite très largement d'une compression en haute définition. Les apparitions du monstre sont dans ce contexte plus frappantes que jamais, mais on finirait presque par se demander si une telle pureté (à peine ternie par quelques plans bien granuleux) ne se positionnerait-elle pas aux antipodes thématiques du film proprement dit. En proposant une image un peu plus condensée et beaucoup moins détaillée, le DVD standard ne proposerait-il pas une expérience autrement plus efficace ?

 

Son :

Rien à redire au niveau du son : avec son mixage True HD anglais, Cloverfield propose tout ce qu'il faut pour assumer son statut de divertissement à grand spectacle (la première attaque de l'armée contre le monstre : WOW !). A à bien y réfléchir, et ce malgré les quelques saturations artificielles placées ici et là sur la bande, une telle débauche sonore (et en six canaux !) ne serait-elle pas également incohérente vis-à-vis des partis-pris documentaires du film ? Au passage, si une caméra domestique est capable de capter une telle qualité sonore, qu'on nous donne tout de suite la marque !

 

Interactivité :

Très jolie interactivité que celle de Cloverfield, une fois passée la déception de ne trouver aucun supplément exploitant le potentiel du Blu-Ray (pas de Picture-In-Picture par exemple). Si le propos se montre propre et prend peu de risque quant aux répercussions thématiques du film (on évoque beaucoup le 11 septembre 2001, mais on ne rentre pas trop dans les détails pour autant), les amateurs de technique seront ravis de pouvoir explorer les coulisses de ce projet étrange, monté dans un secret absolu et tirant profit des dernières avancées des effets spéciaux numériques. Les segments consacrés au design de la bête et aux trucages de Phil Tippett Studio sont à ce titre passionnants, la complexité de certaines images laissant carrément pantois (qui avait deviné que la scène du pont était quasi-exclusivement numérique ?).

 

Liste des bonus : Commentaire audio, Making of, Featurette sur les effets spéciaux, Scènes coupées

 
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