AMERICAN GRAFFITI
Etats-Unis - 1973
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « American Graffiti  »
Réalisateur : George Lucas
Musique : Divers
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 112 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 21 janvier 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « American Graffiti  »
portoflio
LE PITCH
Modesto, Californie, Août 1962. Pour Curt et Steve, la nuit qui commence est la dernière avant de partir à la fac. Une dernière nuit de fête, et il sera temps de faire leurs adieux à leurs copains de lycée. Les heures qui viennent seront inoubliables.
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La nuit de tous les défis

Lorsqu'il entame la réalisation de son second film, George Lucas n'est pas encore l'homme le plus connu de la galaxie. Son premier essai, THX 1138 vient d'être présenté à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, et le jeune homme, sur l'impulsion de Francis Ford Coppola, décide de s'atteler  à la confection d'un succès populaire.

 

Ce futur succès, c'est American Graffiti, à la fois témoignage d'une époque révolue (les années 60), relecture d'un genre codifié (le film pour adolescent) et tentative assez osée d'expérimentations narratives. La volonté première de George Lucas est de livrer un film quasi documentaire dans son approche anthropologique du sujet, ainsi que dans la façon dont les personnages - et leurs acteurs - évoluent durant cette fameuse nuit. C'est en puisant dans ses propres souvenirs, ainsi que dans ceux des co-scénaristes Willard Huyck et Gloria Katz, que George Lucas construit son récit et ses protagonistes, qui selon lui le représentent tous un petit peu. La question mérite alors d'être posée : American Graffiti serait-il le film le plus personnel de son auteur ? On serait tenté de répondre par l'affirmative, tant le film déborde de sincérité, d'anectodes que l'on devine véridiques, et d'un amour pour ses protagonistes que l'on ne pourrait feindre. Interprétés par une brochette de jeunes et charismatiques acteurs, ces derniers semblent sortis d'un reportage d'époque, sensation que le dispositif formel employé par Lucas tend à amplifier. Et c'est malheureusement aussi ce qui fera la limite de ce sympathique film nostalgique.

 

la mélodie du bonheur

 

S'il reste un excellent scénariste et créateur d'univers, George Lucas n'a jamais été un cinéaste brillant. Et ce n'est pas American Graffiti qui prouvera le contraire. Malgré une caméra mobile et un montage au cordeau, la mise en scène du film ne brille jamais par son audace, ou même son efficacité, les champs/contre-champs et plans larges s'enchaînant sans rythme aucun. Une volonté de réalisme ? Peut-être, mais l'utilisation des musiques aurait mérité un accompagnement visuel plus adéquat. Car là où American Graffiti innove, anticipant les futurs soundtracks si chères à l'industrie hollywoodienne, c'est bien à ce niveau. Apportant un éclairage amusé aux pérégrinations nocturnes de nos jeunes héros, baignant le film dans une atmosphère enjouée, la bande sonore fait figure de manifeste. Jouant sur la valeur du volume, alternant musique intra et extra diégétique, American Graffiti se joue des repères temporels, et va même jusqu'à un gimmick renvoyant à la fin du Magicien d'Oz, lors de l'apparition de Wolfman Jack. Une approche avant-gardiste qui parvient in fine à rendre caduques les quelques défauts du film. Si l'on est loin des réussites du genre, le second long-métrage de George Lucas peut donc se savourer pour ce qu'il est : le témoignage inoffensif et un peu désuet d'une époque pas encore marquée du sceau de la guerre du Vietnam. La fin de l'innocence, même pour son réalisateur, en passe de devenir le maître du divertissement...

Frédéric Wullschleger

Un Autre Avis

« Derniers instants volés d'une jeunesse américaine encore portée par un mythe doré. Une nuit presque magique habitée de standards rocks et de belles cylindrées où pointe dès les premières lueurs du jour une sacrée gueule de bois et la Guerre du Vietnam. Nostalgique, mais lucide »

N.B-D.





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Image :
Un peu étonnant que pour un film aussi adulé aux USA, American Graffiti doivent se contenter depuis plus de dix ans d'une même source confectionnée par Universal aux premières heures de la HD. Là où Star Wars et THX 1138 ont connu des restaurations extrêmement poussées (mais malheureusement gâchées par le principe de L'Edition Spéciale), le second film de George Lucas a essentiellement été rafraîchi par des outils numériques, réducteur de bruit en première ligne. De quoi amoindrir considérablement la définition à de nombreuses reprises (plans de transitions, images en basse lumières, plans d'ensemble...), même si cette patine lissée n'est pas toujours envahissante et quelques cadres nocturnes frôlent le neigeux. Heureusement, de nombreuses séquences s'avèrent plutôt jolies avec un léger grain et une profondeur délicate. Dans tous les cas la restitution de la riche palette de couleurs et des jeux de lumières nocturnes a tout pour séduire le spectateur.

 

 

Son :
C'est dans l'utilisation des chansons que l'on remarque le très bon travail sur le film, puisque l'équilibre audacieux instauré entre la musique et les dialogues est parfaitement respecté. Il faut dire qu'en 73, American Graffiti était à la pointe avec son Stéréo Dolby délivré sur 4 pistes. Le DTS HD Master Audio 2.0 est tout à fait à la hauteur.

 

 

Interactivité :
Si le film était déjà sorti en France en Bluray sous l'égide d'Universal, cette nouvelle proposition de Rimini n'en change pas les grandes lignes mais les peaufine nettement. A commencer par un nouveau packaging beaucoup plus aguichant. Un digipack qui cette fois-ci propose le Bluray mais aussi le film et ses bonus sur deux DVD. On apprécie au passage le Picture disc aux airs de 45t tout à fait dans le ton.
Les bonus en eux même sont ceux que les amateurs pratiquent depuis la première édition collector DVD de 2004 soit une pelleté d'archives sur les essais des jeunes comédiens et surtout un excellent documentaire rétrospectif réalisé par Laurent Bouzereau (la belle époque quoi). Si la forme et surtout la définition ont forcément vieilli, la masse d'informations, d'anecdotes, de points techniques et de réflexions esthétiques est toujours aussi passionnante. A noter que là où le Bluray Universal n'avait pas jugé opportun d'offrir aux petits français le commentaire audio du réalisateur enregistré en 2011, Rimini le réintègre dans le programme. Certes Lucas y est manifestement moins à l'aise et pas toujours des plus loquaces, mais maintenant on peut juger sur pièce.

Liste des bonus : Commentaire audio du réalisateur George Lucas, « Making of American Graffiti », documentaire de Laurent Bouzereau (78'), Essais des comédiens (23').

 
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