LA QUATRIèME DIMENSION SAISON 1 & 2
The Twilight Zone Season 1 & 2 - Etats-Unis - 1959/ 1960
Image plateforme « Blu-Ray »
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Réalisateur : Rod Serling
Image : 1.33 4/3
Son : DTS HD Master Audio 2.0 Anglais, français, italien, allemand…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 2160 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 31 janvier 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Une série novatrice et originale par bien des aspects. Ces incroyables histoires étranges et énigmatiques ont pour but, comme le disait le créateur de la série, Rod Serling, « de frapper le téléspectateur, de le choquer par la chute toujours inattendue, surprenante et singulière » qui achève chaque épisode…
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et la télévision inventa la télévision

Référence absolue pour les réalisateurs du nouvel Hollywood (Spielberg, Lucas, Scorcese et les autres), creuset sans fin où les scénaristes modernes ne cessent de piocher des idées de scénario ou des concepts littéraires, La Quatrième Dimension est un monument de la télévision. Et comme tout monument, lors de ses débuts, il faisait figure de véritable révolution.

 

Aujourd'hui baigné sous une pléthore de productions télévisuelles s'intéressant à tous les genres, tous les publics, tous les tons, difficile d'imaginer qu'au millieu des années 50, la petite lucarne américaine était une boîte à images relativement abêtissante, glissant quelques sitcoms et soaps bien proprets entre des publicités vantant du savon ou un nouvel aspirateur. Un vecteur de consommation qui ne véhiculait la plupart du temps qu'une seule vision, celle de la réussite américaine, des figures figées de la famille au sourire émail diamant. Rares étaient alors les possibilités qui s'offraient aux auteurs aimant le mystère et le fantastique : ceux-là pouvaient cibler les joyeux bambins avec le show attachant de Superman (George Reeves y est inoubliable) ou concocter quelques polars pour l'anthologie Alfred Hitchcock Présente. Directement dans cette dernière mouvance, Rod Serling (qui écrira 10 ans plus tard le script de La Planète des singes), agacé par la censure et les contraintes imposées par les annonceurs sur les chaînes, imagine une nouvelle série anthologique qui refuserait tous les carcans.

 

ailleurs

 

Cette série fantastique parlerait directement au cerveau du spectateur, le poussant à réfléchir, à se questionner, à scruter, à deviner plutôt qu'à s'extasier sur quelques jupettes de SF ou se reposer devant un bon gag avec cette inénarrable Lucy (de I Love Lucy, carton plein qui dura jusqu'en 57). La première saison, comportant pas moins de 36 épisodes de 25 minutes, est à ce titre un pur manifeste, une note d'intention et surtout une passerelle évidente entre le petit écran et l'émulsion qui agitait alors la littérature fantastique, en particulier avec les participations remarquables de Richard Matheson (Je suis une légende, Duel). Les situations sont souvent les plus simples (autant par économie que par souci d'accessibilité), mais reposant inévitablement sur un twist puissant, malin, qui n'attend jamais là où on le croit. Un homme se retrouve seul dans une ville entièrement vide (Where is Everybody?), un autre, prisonnier d'un astéroïde, se voit offrir une femme robot pour passer le temps (The Lonely)... Régulièrement le thème de la solitude revient, mais toujours pour mieux confronter les personnages à leur identité et aux valeurs du monde qui les entoure : l'Amérique, ou plus généralement l'Occident. C'est que sous ses dehors de divertissement que l'on pensait alors sans conséquence, Serling, qui présente (Orson Welles étant beaucoup trop cher), écrit et produit, installe rapidement un terreau de création d'une fulgurante inventivité, des mini-films à la réalisation digne des classiques du cinéma et surtout des évocations aussi calmes en apparence que rageuses en arrière plan.

 

a psychic odyssey


Avec une certaine délicatesse, un air de ne pas y toucher, cette « autre » dimension, permet aux scénaristes et réalisateurs de s'attaquer directement aux questions du racisme, du Maccarthisme, de l'obscurantisme, de la peine de mort, de la guerre froide ou de la société de consommation. Une œuvre à contre-courant qui trouve dans la seconde saison sa pleine mesure en affinant son rythme, sa tonalité (incroyable entre tension, humour et fable) tout en injectant des éléments de plus en plus fantasques. De cette saison rejaillissent des épisodes aussi mythiques que « The Eye of the Beholder », court-métrage entièrement en vue subjective qui joue avec génie sur l'attente d'une jeune femme (et donc du spectateur) à découvrir son nouveau visage après une chirurgie esthétique. Malin, intelligent, ironique, le final fait date et reste gravé à jamais dans les esprits, tout comme d'autres moments aussi troublants et étranges qui permettent de croiser un tout jeune William Shatner, John Carradine, Martin Landau, Ron Howard, Patrick Macnee ou Dick York dans des interprétations impeccables. De ces heures de visionnage toujours aussi modernes et inspirées, on garde immanquablement en tête la sensation que sans la volonté de Rod Serling d'imposer une œuvre de science-fiction à l'attention d'un public adulte et réfléchi, la télévision n'aurait aujourd'hui pas le même visage. Pas de Star Trek, de Prisonnier, de X-Files, de Lost, de Twin Peaks, de Caravane de l'étrange... pas grand-chose en fait.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Comme les premières séries de la télévision américaine, La Quatrième Dimension a eu l'honneur d'être filmé avec les mêmes moyens techniques qu'un long-métrage de cinéma : en pellicule. Avec un peu d'huile de coude et beaucoup de soin, il fut possible pour Image Entertainment (éditeur US des présentes éditions) de retrouver les négatifs originaux et d'en tirer de tout nouveaux transferts entièrement restaurés, nettoyés, re-contrastés... Magnifiés. Car le résultat est tout simplement parfait, profitant d'un noir & blanc plein et contrasté, d'un piqué redoutable (voire les détails inédits jusqu'alors dans les décors et sur les visages), tout en respectant délicatement le rendu argentique et le grain original. On n'est clairement pas loin des récentes rééditions de classiques en HD comme Citizen Kane ou Psychose. Du grand art et un véritable hommage à un classique du fantastique. 

 

Son :
Pas de remaniement en 5.1 voire 7.1, les épisodes de La Quatrième Dimension sont toujours présentés dans leur format d'origine... ou plutôt dans un 2.0 faisant surtout office de Mono un poil plus étendu, mais agréablement retransmis par un mixage DTS-HD Master Audio cristallin. Pas de drame, pas de trahison, la version anglaise offre un confort incroyable. Le doublage français (à la qualité de jeu inégale mais souvent solide) souffre elle d'un léger souffle.

 

Interactivité :
Les fans ne seront sans doute aucunement surpris à la découverte de ces deux premiers coffrets. Chacun recycle en effet les nombreux et passionnants suppléments déjà exploités lors des précédentes éditions DVD. Tout simplement, ils sont ici légèrement réagencés, une interview sonore devenant un commentaire audio. Les pistes audio donnant la parole aux acteurs, directeurs photo et autres derniers témoins des tournages de certains de ces épisodes sont enfin présentées dans une édition française. On ne peut malheureusement toujours pas en dire autant des bandes originales (Bernard Herrmann !!!) en pistes séparées. Une absence que l'on essaye de s'expliquer par des raisons obscures de droits pour ne pas trop briser le mobilier dans le bureau. Las, il faudra faire sans, et heureusement le reste compense en partie, en particulier avec la présence du fameux pilote « Time Element », petit bijou qui annonce Un Jour sans fin par son mélange d'humour et de fantastique, tout autant que son jeu avec le voyage temporel. Enfin, disponibles pour accompagner certains des épisodes, les extraits de la conférence de Rod Serling au Sherwood Oaks College sont un véritable régal. Le créateur déballe ses souvenirs (le document sonore fut enregistré dans les années 70), rivalisant d'anecdotes drolatiques, d'illustrations des conditions de tournage de l'époque, mais surtout critique son propre travail avec une férocité impressionnante. Un créatif insatisfait malgré l'aura indéboulonnable de sa création, cela impose, une nouvelle fois, un grand respect.

Liste des bonus : Lecture des épisodes avec ou sans présentation de l'épisode suivant, Sponsors des épisodes (optionnels), Spots publicitaires (optionnels), Commentaires audio, Interviews, Conférences de Rod Serling au Sherwood Oaks College,  Épisode pilote « Time Element » (54'), Commentaire audio de Marc Scott Zicree sur « Time Element », Spot promotionnel, Emmy Awards : récompenses de la série (3')

 
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