JURASSIC PARK 3D & TRILOGIE
Jurassic Park / The Lost World : Jurassic Park / Jurassic Park III - Etats-Unis - 1993 / 1997 / 2001
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Aventure
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 7.1 anglais, DTS 5.1 français, allemand, italien…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Distributeur : Universal
Date de sortie : 10 septembre 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Généticien de génie, le professeur John Hammond a recréé de nombreuses espèces de dinosaures à partir d’une goutte de sang prélevée sur un moustique fossilisé. Il projette d’ouvrir un gigantesque et terrifiant parc d’attractions…
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Darwinisme Inversé

La carrière de Steven Spielberg a cela de passionnant qu'elle a toujours vogué d'un genre à son extrême opposé, sans jamais remettre en question la pertinence et la cohérence des choix du réalisateur. D'un film de terreur pure, viscérale et universelle (Les Dents de la Mer) à un message de paix et d'harmonie intergalactique (Rencontres du Troisième Type), d'un serial crépusculaire (Le Temple Maudit) à un délicieux mélodrame dédié aux peuple noir américain (La Couleur Pourpre), d'un sommet de grande aventure (La Dernière Croisade) à une bleuette intimiste (Always), le cinéma de Spielberg compte sans doute parmi les plus gourmands et les plus éclectiques qui soient, et rejoint en cela l'ambition thématique d'un Stanley Kubrick.

 

La double période allant de 1991 à 1994 et de 1997 à 1998 s'avère dès lors très représentative du personnage. Six films en sept ans, auxquels il faut retirer bien sûr deux années sabbatiques consacrées à son épanouissement familial. Cette pause s'imposait d'elle-même après La Liste de Schindler, sommet cinématographique que Spielberg lui-même n'avait jamais espéré caresser, et qui l'aura vidé de toute aspiration ultérieure. Production modeste tournée dans un noir et blanc glacial, dont l'émotion et le pouvoir d'évocation marqueront durablement l'inconscient collectif, La Liste de Schindler représentera la face cachée de Jurassic Park dès les premières réunions de pré-production de ce dernier ; la carotte pour laquelle Spielberg acceptera de ressusciter des dinosaures plus vrais que nature pour un public en mal de sensations fortes. Difficile de retrouver dans cet actioner truffé d'effets visuels révolutionnaires et de bêbêtes affamées l'enthousiasme et l'imagination qui animaient jadis Jaws et Les Aventuriers de l'Arche Perdue, des projets que Spielberg avait assumés en leur temps sans la moindre contre-partie. Connu pour refléter sur chacun de ses métrages l'entrain véritable de son réalisateur attitré, John Williams se perdra de la même manière dans un score pompier et paresseux, articulé autour d'un thème trop rassembleur pour être honnête. Retour attendu (imposé ?) de Spielberg à la grande aventure, à la science-fiction et au film de monstres, Jurassic Park remplira toutefois son contrat spectaculaire avec une maîtrise certaine, notamment lors de l'attaque d'un T-Rex sur une voiture en pleine tempête (on en vibre encore) ou de l'infiltration de vélociraptors dans une grande cuisine. Mémorable.

 

trop virtuose pour être honnête

 

Tourné cinq années plus tard avec les progrès technologiques que cela implique, Le Monde Perdu remontera la barre de quelques échelons en alignant sans relâche les scènes d'anthologie : héros prisonniers d'une caravane suspendue au dessus d'un ravin tandis que les T-Rex s'acharnent sur le badaud qui tente de les sauver, Raptors décimant une armée de mercenaires en quadrillant tels des torpilles un champ de hautes herbes, dinos miniatures croquant avec ardeur, et par centaines, un pauvre hère égaré de son troupeau, paquebot accostant un port à vive allure, tyrannosaure lâché au beau milieu d'un centre-ville... La mise en scène de la séquelle se montrera de même infiniment plus audacieuse, accumulant les idées saugrenues (le cri d'une mère terrifiée enchaîné sur un bâillement de Jeff Goldblum dans une bouche de métro), paris techniques avant-gardistes (le safari et son utilisation impressionnante du steadycam, à l'époque très déconseillé pour les plans à effets spéciaux) et démonstrations de virtuosité (notamment le plan séquence d'une minute lors de la scène de la caravane suspendue, suivant le parcours d'un protagoniste de l'extérieur jusqu'à l'intérieur de l'habitacle pour finir en une plongée vertigineuse sur les héros en détresse ; un tour de force qui demanda à lui seul une journée de tournage). Plus beau, plus grand et plus léché que Jurassic Park, Le Monde Perdu en sera-t-il pour autant meilleur ?

 

L'aveu par l'image

 

Au sortir de l'échec commercial de Always et surtout de Hook, LE rêve cinématographique de sa carrière (et LE cauchemar de ses fans), Spielberg s'était vraisemblablement imposé la réalisation de Jurassic Park, comme il se fera violence en 1996 vis-à-vis du Monde Perdu. Marquée par le sceau de l'obligation commerciale, la série Jurassic Park n'a jamais vraiment compté parmi les projets chéris de son auteur en dépit d'une rentabilité évidente. Encore prisonnier des attentes supposées de son public, Spielberg s'efforçait en 1993 de satisfaire le plus grand nombre, distillait des frissons confortables (un peu de gore, certes, mais rien qui n'incite une classification R aux Etats-Unis) et dévoilait en abyme la nature même du projet. John Hammond devenait d'emblée son alter ego (riche, aimant, talentueux mais imparfait), commandant à son armée de techniciens l'élaboration d'un gigantesque parc d'attraction (en un mot, le film), recréant des dinosaures factices (clones génétiques pour Hammond, virtuels pour Spielberg) mais criants de vérité (merci Stan Winston et ILM), invitant des enfants à sa table ("notre public type") avant de souligner, quelques séquences plus tard, toute l'importance du merchandizing (les produits dérivés apparaissent directement à l'écran)... En se "vendant" tout du long comme un prestataire dénué d'autre ambition que celle de divertir, Steven Spielberg avait le mérite d'emballer un blockbuster honnête. Jamais dupe ni hypocrite, Jurassic Park ne s'embarrassait d'aucun cynisme, signait et remplissait un contrat en bonne et due forme avec un public complice dès les toutes premières images.

 

aux rives du cynisme

 

La démarche du Monde Perdu n'aurait pu être plus éloignée de l'original. Débarrassé du contexte du Parc, et par la même des aveux répétés du premier opus, Spielberg avait matière à raviver frontalement un genre oublié depuis des décennies, l'exploration fantastique, qui avait porté chance en leur temps à King  Kong de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack (1933) et au... Monde Perdu d'Harry O. Hoyt (1925) ! Privilégiant inconsciemment la préparation du monumental Il faut sauver le soldat Ryan, comme il l'avouera lui-même dans le making of de ce dernier (édition 60ème anniversaire) et supervisant parallèlement l'écriture de Amistad, Spielberg limitera les risques et les efforts. Peu de jungle luxuriante mais des prairies encadrées de beaux arbres, peu d'interactions entre les espèces mais une segmentation linéaire en plusieurs séquences... Quant au final façon Le Monstre des temps perdus, greffé au script de manière plus qu'artificielle, il se résumera à une bête course poursuite nocturne entre la voiture des héros et un T-Rex, qui dévorera au passage le scénariste David Koepp (plagieur reconnu, d'ailleurs, d'une grande part du script écrit par Peter Jackson pour sa première mouture de King Kong) devant un vidéo club truffé de titres fictifs, croquera un chien et fracassera un feu rouge puis un bus. Dispensable. Eclairé sous un angle écolo incompatible avec les intentions avouées de Spielberg en 1997 ("avec cette suite, nous nous sentons bien plus proches des chasseurs de dinosaures ; c'est de l'argent que nous venons chercher"), affublé d'un second rôle d'enfant hors sujet car seulement pensé pour donner un point de repère au jeune public (sans doute le tout premier gosse totalement artificiel à apparaître dans la carrière du cinéaste), Le Monde Perdu se tire une balle dans le pied après chaque promesse excitante, immobilise ses mercenaires afin d'éviter les gunfights contre les dinosaures (une espèce à protéger, donc), émascule son grand chasseur (Pete Pothelswaite, pourtant formidable dans le rôle) avant même son grand affrontement contre la Bête et surtout détruit chaque élans de puissance en l'achevant par une tagline aussi artificielle que stupide.

 

bioéthique

 

Divertissement sacrifié, trahi par son propre créateur et bouffi d'orgueil, Le Monde perdu de Steven Spielberg ne sera pourtant pas le dernier chapitre de la licence. Pas question qu'Universal abandonne la bêbête lucrative (et un quatrième serait toujours en préparation). Le studio réussit donc à convaincre Spielby de relancer la machine, mais en dehors d'une réunion autour du scénario (dont la première mouture sera abandonnée après quelques jours de tournage) et quelques discussions avec le nouveau réalisateur, le géniteur préférera s'attarder, à juste titre, sur son sublime A.I. ou superviser sa nouvelle série, Frères d'armes. Loin de la licence (le personnage John Hammond disparaît aussi), Spielberg se montre paradoxalement très présent d'un point de vue créatif, tant tout semble porter ici sa marque thématique : famille décomposée en pleine redécouverte, gamin livré à lui-même qui s'approprie les nouvelles règles du jeu et surtout un Dr. Alan Grant (extraordinaire Sam Neill) qui n'a jamais autant ressemblé à un Indiana Jones sur le retour. Paléontologue, archéologue, même combat ? C'est clairement le parallèle qu'effectue le toujours sous-estimé Joe Johnston (Chérie j'ai rétrécie les gosses, Wolfman, Captain America), ami de longue date de Spielberg à qui il rend ici un touchant hommage. Du sentiment, de l'honnêteté au milieu du mercantilisme affiché de la série, qui manifestement rebooste l'aventure désormais uniquement tournée vers une succession ininterrompue de péripéties hautement rythmées, calquées presque sur l'attraction officielle qui venait d'apparaître dans les Parcs Universal. Entre un nouveau monstre carnivore (le Spinosaure) qui achève le T-Rex d'un coup de dents, des vélociraptors qui se découvrent le pouvoir de communiquer et une rencontre houleuse avec des ptérodactyles dans une volière abandonnée, Jurassic Park III joue agréablement la carte de la surenchère, avec une simplicité confondante évoquant moins les deux essais précédents que les séries B des années 30, voire les sérials. Artisan attachant plus que réalisateur de génie, Johnston ne réussit jamais à imposer de séquences aussi mémorables que celles établies par Spielberg, mais livre un divertissement solide, efficace, drôle et d'une honnêteté qui ferait presque oublier qu'entre animatroniques gigantesques et multiplication des plans en images de synthèse, les dinosaures n'ont jamais été aussi beaux et capables d'imposer un tel réalisme.

Alexandre Poncet & N.B-D.
























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Image :

Coutumier des petites manipulations en tout genre, Universal a semble-t-il sorti toute l'artillerie pour donner un coup de jeune aux masters des trois Jurassic Park. Sans doute parce qu'il est beaucoup plus récent, le troisième paraît le plus pimpant avec son excellent piqué, ses teintes parfaitement calibrées et sa profondeur de champ impériale. Pour les deux autres, les spectateurs pointilleux ne manqueront pas d'observer quelques gros plans légèrement marqués par l'aplat d'un DVR (réducteur de bruit ayant tendance à « plastifier » les éléments vivants), tandis que l'Edge Enhancement fait ressortir certains détails avec un manque de naturel évident. Mais attention, ces deux outils sont heureusement utilisés ici avec un certain savoir-faire et ne sont visibles qu'à de très rares instants, et encore sur un écran de vidéoprojecteur. Du coup, en dehors de plans nocturnes qui manquent un peu d'intensité, le reste est à la hauteur de l'attente et permet d'offrir un spectacle solide où même les dinos en images de synthèse s'intègrent à la perfection aux décors. Une vraie restauration n'aurait pas été de refus, mais le résultat est là.

 

Jurassic Park 3D :

En plus des Blu-ray 2D déjà sortis fin 2011, ce nouveau coffret propose le Blu-ray 3D du premier Jurassic Park, sorti en salles début 2013. Converti sur une période de plus de six mois par Stereo D, responsables des dimensionnalisations de Titanic et Pacific Rim, Jurassic Park gagne considérablement en relief. Jamais utilisée comme un gimmick, la 3D (supervisée par Steven Spielberg en personne, plan par plan) apporte un véritable sentiment de proximité à l'expérience, et révèle surtout le génie de la mise en scène de Spielberg. Ses célèbres travellings avant d'un plan d'ensemble à un détail précis (le visage du chasseur dans l'ouverture, la bille d'ambre contenant le moustique quelques minutes plus tard) gagnent en puissance, tout comme l'intégralité des morceaux de bravoure du film. L'attaque du T-Rex sur les voitures, déjà brutale en version 2D, bénéficie désormais de contrastes impressionnants entre l'échelle des différents protagonistes, le relief servant à opposer la taille de la créature et de ses victimes, ou à accentuer le sentiment de danger (voir le plan des pattes du dinosaure qui se posent au premier plan, ou encore la chute de la voiture le long de la paroi). Exploitant à merveille les éléments atmosphériques (fumée, trombes d'eau, poussière), Jurassic Park 3D est donc bien moins un gadget qu'un vrai outil de redécouverte pour un long-métrage qui, en l'état, semble avoir toujours été pensé pour la stéréoscopie. Si toutes les conversions pouvaient être de ce niveau...

 


Son :
Trilogie familiale par excellence, les Jurassic Park seront donc surtout visionnés en français par beaucoup de spectateurs, donc dans un DTS 5.1 hérité du DVD. Si le mixage se montre toujours aussi puissant et vivant, on reste parfois stupéfait de voir les faiblesses d'interprétation du doublage. Pour les plus grands, on ne peut que conseiller la redécouverte des films en version originale, avec au passage un DTS-HD Master Audio 7.1 particulièrement corsé. Sublimée par un caisson de basses qui accompagne chaque créature d'un martèlement on ne peut plus réaliste, la construction sonore trouve un équilibre constant entre les différentes sources. Les ambiances sont particulièrement réussies et tendues, alors que les compositions de John Williams viennent redonner un peu d'ampleur à tout ça. Musclé et puissant.

 


Interactivité :

Outre l'ajout de Jurassic Park 3D, le nouveau coffret recycle l'intégralité du contenu de celui d'octobre 2011.
Déjà particulièrement bien dotés dans leurs multiples éditions DVD, dont le précédent coffret collector « de la mort qui tue », les Jurassic Park s'imposeraient presque comme les films les mieux édités de la filmographie de Spielberg. Tous les bonus sont de retour ici, avec un making of de près d'une heure pour chaque film, des featurettes à la pelle sur les CGI et ILM, un détour vers les musiques de John Williams, un autre sur Michael Crichton, des essais techniques, des story-boards, des galeries et de nombreuses petites interviews. A l'arrivée le champ est extrêmement large, même si encore et toujours, les intervenants sont bien plus loquaces sur les « nouvelles » images de synthèse que sur le travail ahurissant effectué sur les créatures en animatroniques. Un angle toujours privilégié par le nouveau making of produit en HD pour l'occasion. Return to Jurassic Park consiste en une série de six documentaires effectuant un résumé efficace de tous les sujets abordés jusque-là, avec la participation active de tous les acteurs, des réalisateurs, des producteurs et techniciens des effets spéciaux. Trois sont consacrés au premier opus et reviennent sur la révolution technique, les recherches effectuées sur les dinosaures et la production du film. Les deux seconds sont consacrés au Monde perdu avec bien entendu une mise en évidence des avancées technique entre les deux films, mais plus intéressant aussi, l'état de fatigue de Spielberg après le tournage de La Liste de Schindler. Enfin le dernier épisode du doc a la difficile mission de parler à lui seule de l'attraction des parcs Universal et Jurassic Park III, toujours le parent pauvre de la série, avec heureusement un Joe Johnston passionné et un Sam Neil enthousiaste.

 

Liste des bonus Jurassic Park : Copie Digitale,  L'aube d'une ère nouvelle (25'), Faire la pré-histoire (20'), La prochaine étape dans l'évolution (15'),  Making of (50'), Featurette (5'), Steven Spielberg met en scène Jurassic Park» (10'), L'ouragan à Kauai (2') Premières réunions de pré-production (6'), Repérages des extérieurs (2'), Les animatiques de Phil Tippett (3'), Animatique : l'attaque du T-Rex (7'), ILM et Jurassic Park (7'), Les bruiteurs (1'), Storyboards, Galeries photos,  «Faire le jeu» (5'), Accès BD-Live, Fonction pocket BLU, Bandes-annonces
Liste des bonus Le monde perdu : Copie Digitale, Scènes coupées (7'), À la recherche du monde perdu (28'), Quelque chose a survécu (16'), Making of (53'), Featurette (13'), Discussion avec Michael Crichton (15'), «Le numéro de danse fait par ordi» (2'), ILM et Le monde perdu  (21'), Storyboards,  Galeries photos, Accès BD-Live, Fonction pocket BLU, Bande-annonce
Liste des bonus Jurassic Park III : Commentaire audio de Stan Winston, John Rosengrant, Dan Taylor, Michael Lantieri, La 3ème aventure (25'), Making of (23'), Les dinosaures de Jurassic Park III (8'), Les effets spéciaux (10'), La revue de presse d'Industrial Light & Magic (10'), Les sons de Jurassic Park III (14'), La création artistique de Jurassic Park III (8'), À la recherche de nouveaux dinosaures (4'), Les coulisses du tournage (8'), Visite à ILM (14'), Les dinosaures (7'), Comparaison storyboard/film (6'), Diaporama (3'), Accès BD-Live, Fonction pocket BLU, Bande-annonce

 
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