BEN-HUR
Etats-Unis - 1959
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Ben-Hur »
Genre : Peplum
Réalisateur : William Wyler
Musique : Miklós Rózsa
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, Dolby Digital 5.1 français, Italie, allemand…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 222 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 26 octobre 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Ben-Hur »
portoflio
LE PITCH
Judas Ben-Hur, prince de Judée, retrouve son ami d'enfance Messala, venu prendre la tête de la garnison de Jérusalem. Mais leur amitié ne peut résister à leurs caractères différents. Trahis, Judas est envoyé aux galères, tandis que sa mère et sa sœur enfermés dans les geôles de l’armée romaine.
Partagez sur :
"aujourd'hui tu es leur dieu"

Il y a des films étalons auprès desquels tous les successeurs sont irrémédiables et cruellement comparés - et souvent à leur désavantage. Dans le genre populaire du peplum, Ben-Hur fait clairement office non pas d'œuvre matricielle (le genre existait bien avant lui), mais de colosse indétrônable.

 

Au cours des années 1950, fortement marquées (voir traumatisées) par le Maccartisme, l'industrie cinématographique et en particulier ses dirigeants issus de la communauté juive essaient de retrouver une situation d'intouchables en s'efforçant de produire des films plus blancs que blancs, plus patriotiques que jamais et tant qu'à faire chrétiens en diable. De là naît la vague imposante des péplums religieux, dont on retiendra Quo Vadis, La Tunique ou Les 10 Commandements. Des productions luxueuses, concurrençant par leur démesure une télévision tout juste entrée dans les foyers américains. Le genre s'apprêtait à accueillir son empereur sous l'appellation de Ben-Hur, sous-titré accessoirement « A Tale of the Christ ». La Metro-Goldwyn-Meyer, cherchant un nouveau succès pour assoir son écrasante domination sur le marché mondial, ressort donc l'une de ses plus belles réussites des archives, Ben-Hur, fastueux film muet tourné en 1925 d'après le roman évangéliste du Général Lew Wallace. Sans doute n'est-ce d'ailleurs pas dû au hasard si le réalisateur de cette nouvelle adaptation, en réalité un pur remake, n'est autre que William Wyler, cinéaste certes connu pour des réalisations « auteurisantes » ou en tout cas jugées respectables, comme Les Hauts de Hurlevent ou La Loi du seigneur... Mais se révélant être aussi l'un des assistants réalisateurs de Fred Niblo (Le Signe de Zorro) sur l'opus initial.

 

les chariots de feu

 

De cette expérience, Wyler garde manifestement une excellente mémoire puisque outre des dialogues parfois parfaitement identiques (dans le doute dira-t-on qu'ils proviennent de la mouture théâtrale), le cinéaste emprunte à son aîné de nombreuses idées de design et de découpage. A ce titre le plus évident est bien entendu la fameuse séquence de course de chars, louée aujourd'hui encore pour sa nervosité et son sens du spectaculaire, qui n'est rien d'autre qu'un copier-coller du film muet, avec tout simplement un cirque encore plus grand et des statues plus imposantes encore. Toute l'idée de ce nouveau Ben-Hur est d'ailleurs là, dans une surrenchère presque arrogante. Des milliers de figurants, une fortune dépensée dans la confection des costumes et de décors d'une richesse délirante, des navires en taille réel fracassés en plein cadre, des effets spéciaux (presque) toujours à échelle réelle... Le spectacle est aujourd'hui encore presque indécent de grandeur, de magnificence. Wyler, en solide artisan, exploite d'ailleurs à merveille les techniques de l'époque, en particulier le Technicolor, en jouant habilement avec des couleurs vives et graphiques, écrasant son cinémascope ample de constructions historiques, de dunes interminables ou de visions romaines d'une profondeur qui rendra jalouse l'équipe du Gladiator de Ridley Scott.

 

la plus grande histoire jamais contée

 

Mais au-delà de ces outrances pharaoniques, donnant à l'antiquité romaine toute sa superbe et sa décadence, Ben-Hur se révèle finalement ce que l'on pourrait appeler un blockbuster intimiste, un long-métrage ou les deux-trois scènes spectaculaires (atteignant en générale le bon quart d'heure chacune) semblent en minorité face aux nombreuses scènes bien plus concentrées sur la destinée de Juda Ben-Hur, prince de Judée, et clairement rôle de la maturité pour Charlton Heston. Un personnage complexe, partagé entre amour de son prochain, quête vengeresse contre son frère ennemi et rédemption. Construit sans manichéisme aucun, capable de voir en un romain plus éclairé un vrai frère, il offre un message de paix et de compréhension parfois déchirant, entre tragédie et comédie douce (en particulier les échanges avec le Cheik Idlerim joué par un jovial Hugh Griffith), dont le message religieux ne fait en définitive office que de révélateur. Ecrit en parallèle avec la vie du Christ (idée parodiée bien plus tard par le génial La Vie de Brian), jalonné de rencontres épisodiques avec ce futur sauveur (dont on ne verra jamais le visage), Ben-Hur est certes une œuvre fortement chrétienne, parfois quelque peu plombée par des images d'une confondante naïveté, mais la narration semble trouver une vraie universalité sous la direction de William Wyler. Sans doute est-ce aussi pour cela que cette fresque inoubliable de l'âge d'or hollywoodien vieillit aussi bien.  

Nathanaël Bouton-Drouard








Partagez sur :
 

Image :
A l'origine filmé avec la toute nouvelle M-G-M Camera 65 dont le prix s'élevait à 100 000 $ l'appareil, Ben-Hur profitait lors de sa projection en salle d'une pellicule justement bien plus grosse que ses concurrentes, capable d'enregistrer et de restituer une masse d'informations largement supérieure à toute autre... pour un rendu proche d'ailleurs des caméras Imax d'aujourd'hui. Et cette puissance technique n'est finalement à nouveau visible qu'aujourd'hui en HD grâce à la restauration impeccable de la Warner qui, en dehors que quelques photogrammes manquants et de rares secondes tremblotantes dans les arrières plans, impose un master immaculé. D'une propreté incroyable, d'une profondeur démentielle, d'une vigueur impensable, Ben-Hur est désormais si beau qu'on a l'impression de n'en avoir vu qu'une infime partie pendant des décennies. Dotée d'un grain très léger et naturel, l'image se pare de teintes chatoyantes et chaudes, affichant nombre de détails dans les décors, les paysages mais aussi sur les visages des acteurs, tandis que les nombreux jeux d'ombrages retrouvent toute leur efficacité grâce à des noirs impeccables. Une restauration d'orfèvre qui nous fait dire : « si tu n'a pas vu Ben-Hur en blu-ray.... Tu n'a jamais vu Ben-Hur ».

 

Son :
Difficile de se hisser au niveau du travail sur l'image. Mais une fois encore la restauration sonore a été abordée avec un sérieux constant et une cinéphilie évidente. Les amateurs du doublage français, largement recommandable, seront sans doute déçus de voir qu'il est toujours proposé dans le même Dolby Digital 5.1 que sur le collector DVD. Celui-ci est cependant plutôt réussi avec tout juste un léger souffle dans le fond. Il paraît cependant bien moins propre que le DTS-HD Master Audio 5.1 anglais qui offre une restitution limpide des dialogues, des effets de foules, des bruitages et surtout des superbes et modernes compositions orchestrales de Miklos Rozsa. Le tout se fait cependant en préservant la sensation frontale d'origine, les techniciens ayant sans doute voulu éviter un tripatouillage hasardeux. 

 

Interactivité :
Déjà particulièrement soigné au cours des années par la Warner, Ben-Hur profite une nouvelle fois d'une édition à la hauteur de sa gloire. Désormais regroupés dans un joli box métal (bien plus petit d'ailleurs que le boîtier luxe américain), le film et ses bonus semblent bien apprêtés pour le cinquantième anniversaire de l'oeuvre (enfin c'était y a deux ans, mais bon). Le long-métrage est donc toujours réparti sur deux disques, scindés tout logiquement au moment de l'entracte originelle, et est accompagné du même commentaire audio appliqué de Charlton Heston (toujours non sous-titré, quel gâchis), et aussi désormais d'une imparable piste sonore séparée entièrement consacrée à l'écoute de la bande originale de Miklos Rozsa. Un cadeau de taille, qui rend le CD sample de cinq titres assez accessoire, mais qui ne fait entrevoir que la richesse des festivités suivantes. Entre le making of déjà dispo (retraçant l'écriture du roman, les versions théâtrales, et les trois films à grands renforts d'interviews), un hommage rendu aux apports visuels au film épique (avec la participation de cinéastse récents comme Ridley Scott ou George Lucas) et enfin un documentaire offrant un travelling sur la carrière de Charlton Heston au travers du prisme Ben-Hur, on en est déjà à plus de trois heures de visionnage.
Chacun y va de ses documents d'archives, de ses images rarissimes et de ses révélations sur un tournage impressionnant, mais finalement loin des péripéties d'un Cléopâtre. Voulant clairement marquer cette édition comme une offre « ultime », l'éditeur à aussi glissé les autres suppléments DVD comme les galeries de photos, les extraits des Oscars, les amusantes vidéos du casting (avec un surprenant Leslie Nielsen en Massala) et le petit making of diffusé à l'époque dans les cinémas.  Mais il reste une surprise de taille, jusqu'ici visible uniquement sous la forme d'extraits alléchants : Ben-Hur version 1925 est visible dans son intégralité et dans une copie d'une excellente tenue, retrouvant même ses plans en couleurs. Car oui, en plus d'être une merveille de spectaculaire (on le redit, la séquence de char est aussi décoiffant que celle de 59), le long-métrage de Fred Niblo est bourré de trouvailles visuelles et d'astuces techniques, dont l'utilisation constante de filtres et même de vrais prémisses du technicolor sur les passages les plus fastes ne sont pas les moindres. Un petit bijou de plus de deux heures qui achève de faire de ce coffret un achat indispensable... pour lequel il n'est même pas question de se ruiner puisque cette édition 6 disques (le film est aussi dispo en deux DVDs) ne coûte que 30 euros ! Hail to the king !

Liste des bonus : Copie DVD, Ben-Hur film muet (143'), Commentaire audio de Charlton Heston et T. Gene Hatcher, « Charlton Heston & Ben-Hur: A Personal Journey » (78'), Ben-Hur revisité (60'), « Le Film qui a changé l'histoire du cinéma » (58'), Reportages sur Williams Wyler, Bouts d'essai de Leslie Nielsen, Cesare Danova et Haya Harareet, Reportage d'époque, Les récompenses : cérémonie des Oscars 1960, CD 5 titres de la bande-originale, Livret photo et notes de production, Bande annonce 

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020