ARRIETTY - LE PETIT MONDE DES CHAPARDEURS
Kari-gurashi no Arietti - Japon - 2010
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Conte
Réalisateur : Hiromasa Yonebayashi
Musique : Cécile Corbel
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 japonais et français
Sous-titre : Français
Durée : 94 minutes
Distributeur : Walt Disney Home Video
Date de sortie : 28 septembre 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Dans la banlieue de Tokyo, sous le plancher d’une vieille maison perdue au cœur d’un immense jardin, la minuscule Arrietty vit en secret avec sa famille. Ce sont des Chapardeurs. Arrietty connaît les règles. Pourtant, lorsqu’un jeune garçon, Sho, arrive à la maison pour se reposer avant une grave opération, elle sent que tout sera différent. Entre la jeune fille et celui qu’elle voit comme un géant, commence une aventure et une amitié que personne ne pourra oublier…
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Petit

Désormais considérés comme les seuls films d'animation méritant de sortir sur les grands écrans français, les productions du Studio Ghibli sont confrontées depuis plus d'une dizaine d'années à une recherche freinée de renouveau, en particulier au poste de réalisateur donc de moteur. Takahata et Miyazaki prétendant à une retraite chèrement méritée, c'est la ronde des débutants.  

 

Après Hiroyuki Morita et son charmant Le Royaume des chats et le soporifique Les Contes de Terremer de Goro Miyazaki, c'est au tour de Hiromasa Yonebayashi (animateur chez Ghibli depuis Princesse Mononoké) de devoir essayer de s'imposer comme la relève du studio. Mais l'héritage de Hayao Miyazaki et d'Isao Takahata (mais où est-il passé, d'ailleurs ?) est manifestement dur à porter. Pourtant des talents, le mythique studio japonais n'en manque pas, comme l'atteste la réussite visuelle manifeste du long-métrage : animation minutieuse et réaliste, décors fouillés et fourmillant de détails, construction sonore époustouflante... Tout est là, sous la main pour qu'un cinéaste de talent donne un nouvel élan à la maison. Mais comme ses deux camarade de chambrée, le réalisateur d'Arrietty semble bien incapable d'imposer un rythme, un ton, une identité à son adaptation du classique de Mary Norton (The Borrowers déjà à l'origine d'un film et de plusieurs séries TV aux USA). On découvre donc une mise en scène souvent plate, se confondant dans la contemplation inutile de sens, histoire d'aller chercher chez le spectateur un émerveillement facile.

 

pattes de mouches

 

Souvent pataud, en tout cas tout sauf excitant et évocateur, Arriety n'est qu'un petit conte parmi d'autre, rappelant au détour d'un plan, d'un regard, une séquence ou deux de Totoro ou du Voyage de Chihiro, sans vraiment renouer avec le minimalisme émotionnel du maître. Heureusement parfaitement produit, le film reste largement plus agréable à l'œil que n'importe quelle production soi-disant révolutionnaire sortie des ordinateurs américains, mais entre deux petite scénettes toutes mimis, l'impression flagrante que le récit passe à côté de son sujet est agaçante... Surtout quand, conscient du manque, Hiromasa Yonebayashi concentre toute la réflexion initiale dans un seul et unique échange dialogué : espèce en voie de disparition, les petites gens doivent-ils accepter la domestication ou tenter coûte que coûte de se faire oublier de l'humain destructeur ? Une note d'intention (on se demande à qui on la doit...) vite expédiée, le cinéaste retournant s'intéresser à des personnages qui ne resteront finalement que figés dans leurs poses initiales : fier et protecteur papa, hystérique maman, fragile garçon rêvant de féerie, mesquine femme de ménage et surtout courageuse et adorable Arrietty. Impossible de ne pas imaginer ce qu'auraient pu faire les deux vénérables anciens avec un tel matériel. Mais comme ils le disent eux-mêmes, ils ne sont pas éternels et il serait peut-être temps de passer la main... Oui, mais à qui ?

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Disney continue de soigner les copies de ses imports japonais : superbes et désormais colorisés sur ordinateur, au grand dam de Hayao Miyazaki lui-même, les dessins du studio Ghibli trouvent un écrin de choix avec ce Blu-ray. L'image est d'une stabilité à toute épreuve, les traits parfaitement déliminés, les contrastes sont puissants... Un régal de tous les instants, pour un film qui ne méritait pas tant d'efforts.

 

Son :
La bande originale made in France contribue franchement à la poésie bobo qui émane du long-métrage. Attirant l'attention dans la matrice 5.1 dès qu'elle intervient, cette musique envahissante se voit complétée par les habituels bruitages liés à la nature. La restitution en DTS-HD Master Audio est impeccable, mais pas franchement excitante.

 

Interactivité :

De toutes les récentes sorties Blu-ray du studio Ghibli en France, Arrietty est ironiquement celle qui propose les meilleurs suppléments. Et pour cause, ces derniers cristalisent justement le malaise qui règne dans les coulisses de la maison de Totoro. Si le réalisateur débutant se confond en propos banals à souhait, tout à fait symptomatiques de son oeuvre, son producteur et scénariste Hayao Miyazaki déverse dans une interview de plus de 20 minutes toutes ses frustrations quant à la nouvelle génération d'animateurs au Japon. Ridiculisant copieusement son poulain (''on a eu tendance à le cacher durant la promotion.'' ''Il devrait dessiner davantage plutôt que de jouer à retoucher des trucs sur son ordinateur''), l'auteur de Princesse Mononoké fulmine et broie du noir derrière un sourire feint..Son studio bat visiblement de l'aile, et il ne le sait que trop, lui qui n'hésite pas à râler devant le manque de curiosité et l'occidentalisation excessive de ses jeunes animateurs. Edifiant. Les habituels storyboards animés complètent l'interactivité, rendant tout de même hommage à la précision technique chère à Ghibli.

Liste des bonus : Storyboard complet avec option d'affichage du film en PiP (94'), Entretien avec Hiromasa Yonebayashi (41'), Entretien avec Hayao Miyazaki (24'), La chanson d'Arrietty par Cécile Corbel (4'), Bandes annonces 

 
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