LE MYSTèRE ANDROMèDE
The Andromeda Strain - Etats-Unis - 1971
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Genre : Science-fiction
Réalisateur : Robert Wise
Musique : Gil Mellé
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français en mono
Sous-titre : Français
Durée : 125 minutes
Distributeur : Opening
Date de sortie : 17 août 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Mystère Andromède »
portoflio
LE PITCH
Une équipe de scientifiques étudie un virus extraterrestre ayant décimé un village isolé. Seuls, deux habitants ont mystérieusement survécu : un bébé et un vieillard. Il ne reste que quelques jours pour trouver le moyen de supprimer ce virus avant qu’il ne se répande sur l’ensemble de la planète…
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Le maillon fort

Homme à tout filmer, souvent oublié sous les titres grandioses de sa filmographie, Robert Wise porte admirablement son nom et embrasse chaque genre avec une même sagesse. Film de Science-fiction visionnaire et exigeant, Le Mystère Andromède affiche une modernité aussi inquiétante que brillante.

 

Générique d'ouverture. Martelées par Gil Mellé (le générique de L'Homme qui valait 3 milliards, c'était lui), des notes purement électroniques viennent frapper l'écran, en rythme décalé avec une multitude de textes parcellaires, incompréhensibles, aux couleurs criardes qui se mêlent dans une masse d'informations indéchiffrables. Au-delà de placer immédiatement le spectateur face à une épreuve anxiogène, ces premières images imposent le ton de l'œuvre, présentant l'informatisation, la mécanisation comme autant de sources d'inquiétude, voire de perdition. Premier roman de Michael Crichton (Jurassic Park), Le Mystère Andromède reflète à la perfection les défiances récentes de l'Amérique face à ses propres institutions (politiques absentes, militaires dépassées), mais aussi face à un progrès envahissant, transformant le rapport au monde et aux autres. La déshumanisation comme figure cinématographique, l'immense Robert Wise (West Side Story, La Maison du diable) la met en image avec une sobriété sidérante : split screen tarabiscoté pour détourner le regard du corps d'une victime, uniformisation progressive de la photographie vers une stérilisation totale, mécanisation sonore, mais aussi jeu volontairement rigide des acteurs... Peu à peu, le long-métrage laisse apparaître le futur stérilisé de THX 1138.

 

days of the future past

 

S'inscrivant dans la révision du genre SF initiée par la sortie de films plus adultes comme 2001 l'Odyssée de l'espace et La Planète des singes (tous deux de 1968), cette anticipation pessimiste entend que les dangers du monde de demain ne s'illustrent plus sous la forme d'un gros monstre spongieux métaphorisant la menace rouge ou autres idées xénophobes. Le réalisateur du mythique et humaniste Le Jour ou la terre s'arrêta voit le genre comme un vecteur de réflexion ; pas de prouesse spectaculaire ici, ni de grande envolée épique, le film reste constamment à échelle humaine, terre-à-terre et direct. Le combat  contre ce mal étrange venu de l'espace (ou pas), du moins cette nouvelle forme de vie, s'opère en usant de l'intellect comme arme et d'une technologie de pointe comme viseur. Le Mystère Andromède avance pas à pas, suivant tel un thriller minutieux et pointilleux les expérimentations, les circonvolutions d'un groupe de scientifiques aussi inquiêts que fascinés par cette apparition cristalline, formulant en filigrane la question bien parano de cette fin des sixties marquée par le premier alunissage et la promesse d'une future guerre bactériologique. Ce n'est pas bien gai tout cela, mais la réalisation acérée, le casting solide et grave et la tension constante qui habite l'écran font de l'œuvre un classique indémodable.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Les américains profitaient depuis un bon moment déjà d'une version DVD zone 1 affichant une tenue des plus raisonnables. Le master Opening est, ô bonheur, largement plus impressionnant. Bâti sur un tout nouveau master HD, le DVD affiche des couleurs pleines et soutenues, des contrastes précis et un piqué global assez étonnant. Une excellente manière de redécouvrir ce classique, même si l'on est obligé de regretter que certains plans échappent totalement à ce petit miracle : contours tremblants, grain proéminent... Les aléas des effets de transparence et des fondus enchaînés de l'époque.

 

Son :
Les deux pistes sonores, française et anglaise, restent (heureusement) dans leur mouture mono d'origine. Des mixages datés mais qui laissent entendre un joli petit nettoyage de printemps (effet d'écho disparu, dialogues intégralement audibles), qui devrait faire plaisir aux cinéphiles.

 

Interactivité :
Pas grand-chose à se mettre sous la dent à première vue, avec comme seul supplément un commentaire en voix off d'un critique récupéré pour l'occasion. Sauf que ce critique, c'est Jean-Baptiste Thoret (Charlie Hebdo) et qu'il maîtrise magnifiquement son sujet. Le film est ainsi replacé dans les mouvances fin 60 / début 70, dans la carrière de Robert Wise, et est brillamment analysé par le bonhomme, avec un talent d'écriture impeccable. Passionnant et lumineux. 

Liste des bonus : Le Mystère Andromède ou l'illusion technologique par Jean-Baptiste Thoret (19'), Bande annonce

 
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