X-MEN LE COMMENCEMENT
X-Men First Class - Etats-Unis - 2011
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « X-Men Le Commencement »
Réalisateur : Matthew Vaughn
Musique : Henry Jackman
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais en DTS-HD Master Audio 5.1, Français en DTS
Sous-titre : Français, Anglais et Divers
Durée : 130 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 19 octobre 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « X-Men Le Commencement »
LE PITCH
1962. Ancien détenu d'un camp de concentration, Erick Lensher traque d'anciens gradés nazis responsables de la mort de son peuple. L'un d'eux en particulier, le mystérieux Sebastian Shaw, monte en secret un plan machiavélique pour monter les deux grandes puissances les unes contre les autres, dont la résolution se déroulera près des côtes de Cuba. Au fait du stratagème et témoin des pouvoirs extraordinaires de Shaw, une agent de la CIA contacte Charles Xavier, spécialiste en mutation....
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Les mutants sont éternels

Vaguement annoncée à la fin du calamiteux X-Men Origins Wolverine, la préquelle officielle de la trilogie X-Men semble débarquer à la va-vite en salles, après une production complète d'à peine plus d'un an. On n'en attendait pas grand-chose ; la surprise est d'autant plus grande.

 

X-Men 3 ? Un blockbuster irrespectueux, d'une bêtise crasse et d'une paresse invraisemblable au vu des longs-métrages qui le précèdent. X-Men Origins Wolverine ? Un spin-off en tout point consternant. Sans doute inquiet des déviances de la franchise qu'il avait lancée avec un certain brio au début des années 2000, en dépit d'une absence totale de soutien de la part de la 20th Century Fox (75 millions de dollars de budget pour le premier opus, qui en nécessitait au moins le double), Bryan Singer revient au front. Sous la bannière Bad Hat Harry, pour laquelle il commande au passage un nouveau logo renvoyant directement aux grandes heures de Usual Suspects (en clair, on fait ici du Cinéma !), Singer caresse un temps l'idée de réaliser la préquelle qu'envisage la Fox, laquelle pourrait lancer en grande pompe une nouvelle trilogie. Trop occupé à préparer ses remakes de L'Âge de cristal (abandonné) et de Jack le tueur de géants (en post-production), le cinéaste se contentera finalement de superviser l'écriture et de produire l'objet, non sans être allé chercher un metteur en scène ironiquement blacklisté par la major : Matthew Vaughn, celui-là même qui avait osé quitter X-Men 3 un mois avant les prises de vue pour cause de délais trop étriqués, entre autres différends artistiques. Protégé par Singer des nombreuses pressions extérieures (de la Fox, de Marvel et des fans), Vaughn se voit donner carte blanche ; de quoi compenser une période de production une nouvelle fois éclair. Cette liberté d'action explique sans doute la réussite majeure de First Class, là où les deux précédents chapitres sentaient à plein nez les mémos d'entreprise et les réunions de production. Etant déjà parvenu par deux fois, dans Stardust et Kick-Ass, à trouver un sain équilibre entre la réflexion autour d'un genre et un abandon total à ses conventions narratives (chez lui, les clins d'œil doivent nécessairement nourrir les enjeux dramatiques), Vaughn et sa compagne d'écriture Jane Goldman signent pour First Class un script étonnant. Profitant d'un flashback radical pour capter l'essence du cinéma d'espionnage des années 60, les duettistes ouvrent l'univers des X-Men aux délires rétro-futuristes de James Bond, à commencer par ses extrapolations géopolitiques les plus audacieuses. Placer l'équipe de Charles Xavier au cœur de la crise des missiles cubains (c'est le climax !) est déjà en soi une idée brillante, sélectionner les mutants en fonction de l'imagerie kitsch qu'ils véhiculent (les ailes de papillon d'Angel, la peau de diamants d'Emma Frost) est tout aussi prégnant.

 

Première Classe

 

L'angle visionnaire du projet reste ce choix de subordonner l'action à la trajectoire dramatique du personnage d'Erik Lensher, héros évident de cet épisode - et avec le recul probablement de la saga dans son ensemble. Un personnage terriblement complexe, contraint d'avancer par la colère (ses pouvoirs en dépendent), qui passera tout le premier acte à mener une vengeance sanguinaire, l'occasion pour Vaughn de verser dans le plus direct des films noirs (l'incroyable scène de la dent arrachée, l'intense face-à-face dans le chalet argentin, et on en passe). Etonnamment violent (la séquence des corps tombant du ciel est estomaquante), sexy jusqu'aux limites du PG-13 (Vaughn érotise à l'envi le corps de Mystique ; c'est d'ailleurs l'arc principal du personnage !) et se permettant un caméo outrageusement vulgaire, mais une nouvelle fois logique d'un point de vue dramatique et utile à la saga entière, ce X-Men rétrospectif réussit exactement là où George Lucas avait échoué lamentablement. Aux révélations mécaniques des préquelles de La Guerre des Etoiles, le réalisateur insuffle une vie à son Commencement, surprend dans le portrait qu'il brosse de protagonistes a priori connus (voir la relation entre Mystique et Xavier ou les états d'âme de Beast), multiplie les séquences iconiques tout en s'efforçant de faire sonner vrai le moindre petit rôle... Difficile au fond de choisir ce que l'on préfère dans ce blockbuster miraculé (le tournage n'a visiblement pas été de tout repos, les directeurs de la photographie se faisant renvoyer à tour de rôle !). Multipliant les plaisirs de cinéphiles (le sous-marin de Kevin Bacon caché sous la coque d'un paquebot, l'interrogatoire tendu d'Emma Frost, la métamorphose en vue subjective de Beast), rappelant le talent de certains acteurs (Bacon et McAvoy, exceptionnels) et révélant le génie d'autres (Michael Fassbender est une star en puissance), le cinéaste en revient toujours au drame initial, ce traumatisme de l'holocauste appuyé par une introduction équivoque, partiellement empruntée à l'opus original de Bryan Singer, au terme de laquelle le titre s'inscrira sur l'envers d'une pièce de monnaie nazie. Une idée de mise en scène judicieusement agressive, à l'instar de ce champ / contre-champ transformant soudainement un tranquille cabinet de médecine en abominable salle de torture. C'est sans doute là la plus belle qualité de First Class : rien, dans sa mise en place ou son déroulement, n'est jamais à prendre pour argent comptant.

Alexandre Poncet

 

 

 

 

 

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Image :

Les batailles créatives en coulisses (plusieurs directeurs de la photographie furent renvoyés coup sur coup) ne se perçoivent pas le moins du monde en Blu-ray. Dopé aux couleurs les plus explosives (les bleus du sous-marin de Shaw, le rouge de la peau d'Azazel, les orangés du manoir de Xavier, les gris métalisés du camp de concentration), le film gagne encore en charisme en Haute Définition, les effets visuels affichant par ailleurs une finition et une cohésion (miraculeuse, compte tenu des conditions de production) encore plu visible qu'en salles. Les effets de la bataille finale, signés Weta, ou encore la transformation de Nicholas Hoult en Beast sont autant de moments forts, magnifiés par un master à toute épreuve. Les objectifs anamorphiques utilisés lors de certaines séquences (donnant un aspect sphérique à l'image) sont par ailleurs extrêmement bien mis en valeur par la présente édition.

 

Son :

Inégal mais pourvu d'une vraie personnalité, le score de Henry Jackman (cf. critique dans la rubrique bandes originales de Frenetic Arts) est un peu la star du mixage DTS-HD Master Audio 5.1, les effets ne donnant pas dans le timoré pour autant. La destruction du pâquebot par l'ancre, l'arrivée du Jet au dessus au-dessus des rives de Cuba, les missiles lancés par Magneto sur les bateaux américains et russes... Autant de moments forts bénéficiant d'une spatialisation à toute épreuve et d'une restitution cristalline des différentes sources sonores. Le DTS de la version française s'en sort un peu moins bien, la faute à un doublage manquant cruellement d'ambition.

 

Interactivité :

Grosse surprise que de ne pas pouvoir profiter ici d'un commentaire audio du réalisateur, un exercice auquel il s'était pourtant prêté avec délectation sur Kick Ass. Sans doute rincé par la production improbable de X-Men Le Commencement (13 mois de la première réunion à la sortie en salles !), Matthew Vaughn laisse la place à son compositeur dont le score, fait rare ces temps-ci, bénéficie d'une piste isolée en 5.1. Vaughn se contente de répondre à quelques questions lors du making of, ses propos se voyant mis en parallèle avec ceux de ses producteurs Laura Donner Schuller et Bryan Singer, lesquels évoquent les premières tentatives de scénariser une préquelle décente à la trilogie originale. Pas évident, les premières ébauches donnant de leur aveu dans le sous-Twilight rigolard ! Pas de langue de bois, heureusement, dans ce documentaire d'une heure dix : tandis que les maquilleurs Alec Gillis et Tom Woodruff se remémorent la froideur du cinéaste et ses exigences délirantes quant au personnage de Beast, tandis que des images de la post-production montrent ce même Vaughn martyriser Henry Jackman et jeter la moitié de son score à la poubelle, tandis que Vaughn lui-même se rappelle avoir déserté la production de X-Men 3, suite à quoi il fut placé en liste rouge chez la 20th Century Fox, l'acteur James McAvoy dit du bien de tous ses collègues et, finissant par s'en rendre compte, se qualifie lui-même de pute promotionnelle. A côté de ce gros morceau (qui aurait bien mérité une demi-heure supplémentaire, ne serait-ce que pour aborder avec un peu plus de précision les effets visuels supervisés par John Dykstra), on a droit à une quinzaine de minutes de scènes coupées achevées et étalonnées, pour la plupart carrément emballantes. Enfin, une sorte d'encyclopédie interactive se charge d'établir un profile complet pour chaque mutant de la saga cinématographique, renvoyant à la première apparition en BD de chacun et permettant de visionner des extraits représentatifs de chaque épisode filmique. Pas forcément très utile, mais les fans devraient apprécier.

 

Liste des Bonus : Piste musicale isolée, making of (69'), scènes coupées (15'), portraits interactifs des héros Marvel, bandes-annonces.

 
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